mardi 15 juillet 2014

Irlande, jour 1 - Dublin

Deux mois et demi après notre retour du Japon, nous voici repartis sur les routes... mais un peu plus près de la France, cette fois-ci. Après l'Irlande du Nord l'an dernier, il fallait bien attaquer le sud ! L'excuse étant toujours la même, rendre visite à Pierre (qui a quitté Belfast pour aller s'installer à Galway), c'est encore une fois à quatre (Marie-Noëlle incluse, donc) que nous partons à l'aventure. Et quoi de mieux qu'un réveil aux aurores pour bien commencer les vacances ? Nous nous sommes levés ce matin à rien moins que 5h30 pour ne pas manquer l'avion de 10h15. A noter que le trajet Boulogne-aéroport est aussi long que le vol Paris-Dublin. Vivement le réseau de transports en commun du Grand Paris...

Après de loooongues files d'attente à l'aéroport (la moitié des gens qui prennent l'avion ce matin n'ont pas l'air d'avoir l'habitude) et un vol très court, nous atterrissons à Dublin, où nous retrouvons un Pierre en pleine phase "William Holman Hunt rentrant de Terre Sainte". Quoique, c'est peut-être simplement "Viking perdu", allez savoir. Quelques formalités supplémentaires plus loin, nous prenons possession de la petite Renault qui nous accompagnera pendant deux semaines. Enfin, petite... Il y a suffisamment de place dans le coffre pour caser deux grosses valises et plusieurs besaces et sacs à dos. C'était la seule angoisse du séjour, la voilà balayée !

Premier contact avec la capitale irlandaise : le pub. Ne voyez donc pas le mal partout, c'est seulement pour déjeuner. Pour faire couleur locale, nous optons pour une formule soupe/pain maison avec du beurre salé/sandwich, le tout arrosé d'une pinte de cidre pour fêter les vacances. Miam. Une fois rassasiés, nous allons prendre possession de nos chambres à l'hôtel, une petite guesthouse dans une rue qui semble ne compter que ça. Les toilettes sont sur le palier et les fenêtres sont en papier à cigarette, mais l'endroit a son charme. Le temps de poser (littéralement) les valises et de se rafraîchir un peu, il est déjà 15 heures. L'après-midi sera forcément court, alors autant marquer le coup.

Et "marquer le coup", à Dublin, c'est aller voir Trinity College, université nichée au cœur de la ville, par où sont passés ni plus ni moins qu'Oscar Wilde, Bram Stroker ou Jonathan Swift. Tout de suite, ça pose le niveau.



En dehors de son espèce de campanile central, l'université elle-même n'a pas grand-chose à envier à une Sorbonne ou à des campus américains plus récents. Là où elle joue dans une catégorie trèèès éloignée des autres, c'est au niveau de sa bibliothèque. La vieille. Celle sur laquelle Disney a dû copier pour La Belle et la Bête, avec les échelles qui montent jusqu'au sommet des rayonnages et des bustes de grands auteurs alignés le long des murs. Les amatrices de vieux papiers sont sur un petit nuage... Nous avons également la chance de visiter la Long Room, ainsi qu'on appelle cette partie de la bibliothèque, alors que sont exposés des dessins retraçant les faits marquants de la vie de Brian Boru, qui n'est pas juste un truc connu qu'on joue à la harpe, mais également le premier empereur d'Irlande. Au milieu des livres sans âge, des manuscrits encore sous verre encore plus anciens et de la harpe en bois du XVè siècle devenu l'emblème de l'Irlande (et de la brasserie Guinness par la même occasion), l'ambiance bande dessinée pourrait choquer. Et pourtant, les dessins s'intègrent parfaitement à l'ambiance.



Mais Trinity College, c'est aussi et surtout une superbe collection de manuscrits enluminés des Évangiles vieux de plus d'un millénaire, dont le célébrissime Livre de Kells. La chose elle-même est exposée sous du verre plus épais que le pare-brise de la papamobile, dans une pièce à la lumière très tamisée, et on ne peut donc en contempler "en vrai" qu'un nombre très réduit de pages. Mais une exposition très intéressante permet de découvrir des agrandissements des dessins les plus importants et des enluminures de plus petite taille qui émaillent le texte. Certaines capitales enluminées font se dire que les moines travaillaient probablement sous l'influence de certains champignons... (Photos interdites, vous vous en doutez.)



Après un tour par la boutique pour faire l'acquisition des exploits de Brian Boru version BD, direction Saint Stephen's Green, un parc dans lequel viennent se détendre les étudiants de Trinity. Il n'y a rien de particulier à y voir, mais on apprécie la balade au milieu des mouettes et des bébés cygnes, d'autant que la météo nous fait la grâce d'un après-midi sec, avec quelques rayons de soleil en prime. Dans l'idéal, il faudrait que ça tienne deux semaines, s'il vous plaît et merci !



Déjà bien fatigués par cette première journée (5h30, vous vous rappelez ?), nous rentrons à l'hôtel par le chemin des écoliers, celui qui passe par la grande artère commerçante d'O'Connell Street et son General Post Office, ou GPO pour les intimes, lieu emblématique de l'insurrection de 1916. Sur les piliers de la façade, on aperçoit encore les impacts des balles anglaises... Pour conclure en beauté, nous allons dîner dans un autre pub, The Oval, pour déguster le premier Irish stew d'une longue série (c'est en tous cas ce qu'on espère), ainsi qu'un dessert sobrement renommé par nos soins Sainte Glace et Sainte Tourte aux Pommes. Oui, c'était bon à ce point.

Les quelques photos du jour.

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