dimanche 25 novembre 2012

Vienne, jour 4

Dernier jour d'exploration dans Vienne. En ce dimanche matin, nous prenons le métro puis le tram jusqu'au Cimetière central. Ça n'a pas l'air joyeux, dit comme ça, mais le Zentralfriedhof est en fait l'équivalent viennois du Père Lachaise, en dix fois plus grand et avec un peu moins de célébrités mondialement connues. Un grand nombre de ministres et de présidents de la République autrichienne reposent également ici, mais comme nous ne les connaissons pas, nous nous contenterons ce matin des tombes monumentales et des compositeurs célèbres qui peuplent l'endroit.

Jusque dans la mort, certaines personnes ont trop de sous ou trop de choses à compenser. Du coup, la quantité de monuments démesurés à la gloire des défunts est impressionnante. Statues d'anges éplorés, drapés, urnes, photos du défunt en compagnie de sa BMW (véridique)... C'est un véritable concours à qui aura la plus grosse tombe à sa gloire.



Le Cimetière est également occupé par une belle brochette de compositeurs, et pas des moindres : les plus grands noms de la musique classique sont réunis dans un même carré. On retrouve ainsi un cénotaphe dédié à Mozart (enterré dans une fosse commune dans un autre cimetière, mais il fallait bien lui rendre hommage), et les tombes de Beethoven, Strauss père et fils, Brahms ou Schubert. À noter que nous sommes passés complètement à côté de la tombe d'Antonio Salieri, rival de toujours de Mozart. Il y a des choses qui ne changent pas...


De gauche à droite : Beethoven, Mozart et Schubert


Après un petit détour par le carré bouddhiste du cimetière, nous nous perdons dans le vieux cimetière juif - et à vrai dire, on aurait aimé s'y perdre beaucoup plus longtemps. Cette partie du Zentralfriedhof a été rendue à la nature depuis longtemps. On n'y trouve pratiquement pas de tombes postérieures à 1930, les arbres et le lierre ont tout envahi et il y règne un calme incroyable. Aucun de nous deux n'est capable de déchiffrer les inscriptions en hébreu, mais ce n'est pas nécessaire pour trouver le lieu magnifique et très touchant.



Le temps pour nous de rentrer dans le centre-ville, de déjeuner et de récupérer notre valise, il est déjà l'heure d'aller à l'aéroport. Bilan du séjour : une ville magnifique, à l'histoire très riche et bourrée de monuments sublimes. Heureusement, nous n'avons pas été trop assommés de valse viennoise pendant le week-end (vous avez donc échappé à la vidéo YouTube qui vous infligeait la même chose...). Notre seul regret est de ne pas avoir eu de neige, ce qui aurait rendu les marchés de Noël encore plus beaux !

samedi 24 novembre 2012

Vienne, jour 3

Ce matin, direction un autre joyau de la Vienne impériale : le palais de Schönnbrunn, à une vingtaine de minutes du centre-ville en métro. Si la Hofburg était la résidence d'hiver des Habsbourg, Schönnbrunn est, vous vous en doutez, le palais d'été, ce qui implique une surface démentielle de jardins. Notre visite commence par les appartements impériaux. Parce que nous ne faisons pas les choses à moitié, nous avons opté pour le Grand Tour, soit pas moins de 40 pièces.

Le palais de Schönnbrunn est un endroit étonnamment "sobre" (tout est relatif, bien sûr : sobre par rapport à Versailles, pas à notre appartement...) pour une dynastie ayant régné pas moins de 600 ans. Ici, pas de tape-à-l'oeil, mais plutôt un luxe fonctionnel et "accessible". Quelques pièces sont dédiées à François-Joseph et à Sissi, mais c'est surtout l'ombre de l'empereur François Ier de Lorraine, de sa femme Marie-Thérèse et de leurs 16 enfants (la numéro 15 étant une certaine Marie-Antoinette) qui plane sur le palais. C'est donc presque une simple maison familiale que l'on visite, même la maison en question a des dorures aux murs et des salles de bal de 100 mètres de long.




Dans ce genre de château, l'extérieur vaut tout autant que l'extérieur. Nous passons donc un très long moment dans les jardins, en commençant par le jardin privé, un petit carré de verdure entouré d'arcades végétales sur le côté du palais. Après avoir laissé Benjamin faire ami-ami avec un écureuil, nous allons observer la fontaine de Neptune d'un peu plus près. L'originalité, c'est que les visiteurs sont autorisés à passer derrière la fontaine afin de découvrir le château depuis un point de vue assez original.




Un peu plus haut (ça grimpe sec !) nous attend la gloriette, qui mérite bien mal son diminutif, car il s'agit d'un monument très impressionnant. Construit sous Marie-Thérèse, il abrite des sculptures monumentale et offre une vue superbe sur le château. On en est encore à se demander pourquoi on appelle ça une "gloriette" et pas une "gloria"...




De retour devant le palais, nous profitons du marché de Noël pour faire une pause déjeuner. Au menu du jour, et parce qu'il était indispensable de poursuivre notre thématique "cochonailles", nous optons pour du pain de viande de sanglier (personne n'a jamais dit que le cochon devait être domestique !!), avec des boules de pâte à crêpe aux questches en dessert. Jusqu'ici, nous aurons réussi à faire dans les déjeuners typiques !

Changement d'ambiance : au programme de l'après-midi, c'est architecture et psychanalyse. Notre premier arrêt nous conduit à la maison dite "aux majoliques", dont la façade est peinte d'immenses fleurs roses. Officiellement, le bâtiment ne se visite pas, car il s'agit d'un immeuble résidentiel, mais un habitant qui rentre chez lui nous laisse gentiment la porte ouverte pour que nous puissions voir l'intérieur. La cage d'ascenseur ancienne vaut à elle seule le coup d'oeil. Nous aimerions bien en voir un peu plus, mais nous sommes tout de même chez des gens, donc pas question d'abuser...




Pour continuer dans le thème, nous nous rendons ensuite à la Maison Hundertwasser, du nom de son architecte. Là aussi, il s'agit d'un immeuble résidentiel privé, donc les photos se font à l'extérieur. Gaudi, à Barcelone, ça vous dit quelque chose ? La maison Hundertwasser, c'est pareil, mais à Vienne. Piliers rigolos, façade bariolée, lignes pas toujours droites... Le bâtiment vaut le coup d'oeil, de même que le bazar situé en face et conçu par le même architecte. Même les toilettes sont décorées dans ce style très particulier !!




Un peu plus loin, près du Canal du Danube, Hundertwasser a bâti un ponton destiné à une compagnie de bateaux locale. La construction est tout aussi festive et apporte une jolie note de couleur à un canal un peu triste en automne.




Pour finir la journée en beauté, nous décidons d'aller consulter un psychanalyste. Et pas n'importe lequel : LE psychanalyste, le père de la discipline, Sigmund Freud en personne. Bon, l'homme étant mort depuis un petit moment, il faudra se contenter de la visite du cabinet dans lequel il a exercé de 1891 à 1938, date de son exil en Angleterre pour échapper aux Nazis. Nous espérions un peu voir le célébrissime divan, mais Freud a quitté le pays avec armes et bagages et d'autres locataires se sont ensuite succédé dans l'appartement. Le divan d'origine se trouve au musée Freud de Londres, pas à Vienne. Mais ce n'est pas bien grave, car la visite reste très intéressante. On y découvre une reconstitution de la salle d'attente, quelques effets personnels de Freud et beaucoup de photos.




Mais il est déjà 17 heures et nous sommes pratiquement mis à la porte du musée. Même pas le temps de faire un détour par la boutique... ce qui n'est de toute façon pas un mal, car "L'interprétation des rêves", on a déjà donné, merci ! Il ne nous reste plus qu'à boucler notre shopping avant de rentrer à l'hôtel. Encore une journée très bien remplie !


Et très riche en photos...

vendredi 23 novembre 2012

Vienne, jour 2

Difficile d'égaler le rythme des visites d'hier ! Le programme du jour sera donc beaucoup plus soft, et beaucoup plus centré "parcs et jardins".

Parce que nos gambettes ne sont pas tout à fait remises des kilomètres parcourus hier, nous sautons dans le métro pour nous rendre au Belvédère, un double palais baroque planté entouré d'un très joli parc. Les bâtiments eux-mêmes renferment des expositions d'art (beaucoup de Klimt, surtout), mais notre objectif du jour est de prendre un bol d'air, pas de s'enfermer dans un musée. Nous nous contentons donc de déambuler dans le parc et d'apprécier l'architecture du palais, avant de nous mettre en quête du jardin botanique tout proche. Un peu tristoune en hiver, mais l'endroit est très calme et permet de bien se vider la tête.


Le Belvédère supérieur


Le Belvédère inférieur


Après ce premier jardin, nous nous rendons au célébrissime Prater, la fête foraine locale. Le parc est surtout connu pour sa grande roue, inaugurée en 1897, en grande partie détruite pendant la guerre (encore...) et reconstruite très vite pour remonter le moral des Viennois. En pleine journée, l'endroit est pratiquement désert, ce qui nous évite les longues file d'attente pour monter dans la grande roue. Lorsque la petite cabine fermée atteint le sommet de la roue, on a droit à une vue dégagée sur la ville, émaillée de toits d'églises et de tours futuristes. Prendre des photos est un peu délicat, parce que la cabine tangue au rythme de nos déplacements, ce qui n'est pas pour rassurer le pauvre Benjamin, victime de vertige !!



Pour le déjeuner, nous optons pour des hot-dogs géants et du punch chaud aux fruits au pied de la roue. Il faut bien se donner un peu de coeur au ventre pour assurer la marche à pied dans le froid ! Après un grand tour du Prater, et des kilomètres plein les pattes, nous décidons de rentrer nous poser un peu à l'hôtel. Ce qui devait être une courte pause dans notre après-midi se transforme en fait en longue sieste. Il faut croire que nous avions pas mal de sommeil en retard ! Mais nous sommes tout de même en vacances, alors c'est autorisé. Lorsque nous nous réveillons, il faut déjà nuit ; autour dire que c'est l'heure idéale pour aller découvrir les monuments que nous n'avons pas eu le temps de voir hier, car dans cette ville, l'éclairage de nuit est un art !

Nous commençons donc par le Parlement autrichien, un véritable temple grec avec colonnes doriques, Cariatides et statue d'Athéna géante. C'est très surprenant, très impressionnant et vraiment, vraiment très beau.



Nous poursuivons notre route dans l'Innerer Stadt pour découvrir l'Université de Vienne (qui fait passer la Sorbonne pour petite et moche) et la fort gothique Votivkirche. Pour finir avec notre thématique "parcs et jardins", nous prenons le métro jusqu'à Augarten, un parc qui comprend rien moins qu'un palais et un château (il faudra m'expliquer la différence...), mais celui-ci est malheureusement fermé. Il faut dire que nous nous y sommes pris bien tard... Il faudra revenir s'il nous reste un peu de temps d'ici dimanche !

jeudi 22 novembre 2012

Vienne, jour 1

Arrivés à Vienne hier soir, après un vol très court sur une compagnie qui a déjà commencé le travail de sape en nous diffusant du Strauss dans l'avion. Nous sommes logés dans un très bel hôtel 4* (non, on n'a pas gagné au loto, on a juste réservé trèèèès en avance) en plein coeur de la ville, à environ 10 secondes à pieds de la place et de la cathédrale Saint-Etienne (Stephansdom dans l'idiome local). Après le métro, notre premier contact avec Vienne se fait donc sous la forme d'une belle cathédrale toute illuminée. Belle entrée en matière !

Puisque nous n'avons littéralement que la rue à traverser, nous commençons la visite de la ville par Stephansdom. Première surprise : son toit en tuiles vernissées à la mode de Bourgogne. Le monument ne dépareillerait pas en plein Dijon ! Il faut aussi compter avec des dizaines de fiacres destinés aux touristes, qui donnent un charme fou à l'endroit.



A l'intérieur, on dénombre pas moins de trois orgues (modèles mini, moyen et maxi) et des oeuvres assez tape-à-l'oeil qui semble être une constante en matière d'art religieux dans le pays. La travée centrale étant réservée à ceux qui ont payé pour une visite guidée, nous nous contentons de rester sur les côtés, mais c'est bien suffisant pour apprécier l'endroit.

A un jet de pierre de la cathédrale se trouve l'appartement jadis habité par un petit compositeur de rien du tout, dont la postérité n'a strictement rien retenu : un certain W.A. Mozart. Jamais entendu parler, mais puisque le guide touristique dit qu'il faut y aller... Bon, trêve de bêtises : Mozart et son épouse Constanze passèrent trois ans dans cet appartement de Domgasse, où le Maître composa, entre autres, "Les Noces de Figaro". Trois ans, pour les Mozart, c'est une éternité, car en dix ans passés à Vienne, le couple a déménagé pas moins de 13 fois... Il ne reste rien des meubles et des effets personnels du génie, mais une exposition retrace sa carrière viennoise et la vie à l'époque. On aurait aimé des salles plus remplies et un audioguide moins bavard, car la visite se change vite en cours magistral... Mais peu importe, c'est là que "Les Noces" ont été composées, après tout !!!



Nous poursuivons notre découverte de l'Innere Stadt (et accessoirement, la thématique musicale) avec le Staatsoper, autrement dit l'opéra national. Coup de chance : plusieurs visites guidées sont prévues dans la journée (il ne faut pas y compter tout les jours...). Mais parce qu'il nous faut attendre une bonne heure avant le début de la visite, nous décidons de tuer le temps en sautant dans une calèche, pour un petit tour d'une vingtaine de minutes. Oui, c'est cliché, mais c'est tellement joli ! Partir à la découverte d'une ville au son des sabots des chevaux, c'est tellement plus excitant que dans un bus ! Bon, d'accord, le vent est plus que frais, mais il en faut plus pour geler notre enthousiasme !



Après la balade, l'un des nombreux parcs qui entourent la Hofburg nous tend les bras, et nous allons y flâner un peu, toujours en attendant que l'opéra ouvre ses portes aux touristes. Tiens, on y retrouve même un certain Wolfgang...



Enfin, nous sommes admis dans l'opéra. C'est d'ailleurs un miracle si celui-ci est encore debout aujourd'hui : datant à l'origine du milieu du 19è siècle, détruit à 80 % par des bombardements pendant la toute dernière semaine de la Seconde Guerre mondiale, le bâtiment a été entièrement reconstruit dans les dix ans qui ont suivi la fin de la guerre. D'où un joyeux mélange de styles, des statues classiques du hall d'entrée aux oeuvres d'art cubistes des ailes les plus récentes... Cela dit, l'ensemble est harmonieux et ne "clashe" pas. La guide nous fait découvrir le salon de thé impérial, la salle elle-même, les galeries... Une visite très intéressante, même si on aurait aimé aller voir ce qui se passe sous la scène ou en coulisses !



Après un déjeuner sur le pouce à base de flammeküche et de vin chaud, nous retournons à la Hofburg, côté bâtiments, cette fois. La Hofburg, c'est le plus grand palais de Vienne, la résidence d'hiver de la famille impériale. Aujourd'hui, c'est un complexe gigantesque, mi-Louvre mi-Versailles, qui propose pas moins de 14 visites ! Comme nous n'avons pas la semaine devant nous, il faut faire un choix... Nous commençons forcément par le Musée Sissi et les appartements impériaux. On a retenu le mythe (merci Romy Schneider), mais au fond, la vie de cette pauvre Sissi n'a pas été exactement drôle : tombée amoureuse d'un homme qui avait le mauvais goût d'être empereur, Sissi la sauvage, qui ne supportait pas les contraintes de la cour, a fini par devenir anorexique et dépressive, obsédée par le sport et les voyages. Ajoutez-y une pincée de drames familiaux et une mort par assassinat, secouez un peu et vous obtenez une légende. Mais l'envers du décor est vraiment triste, et si l'objectif du musée était de nous faire prendre la pauvre impératrice en pitié, c'est très réussi...

Plus gais, les appartements impériaux sont de toute beauté, mais les photos y sont malheureusement interdites. On découvre ainsi le bureau de François-Joseph, la salle à manger où chaque convive à droit à pas moins de cinq verres à eau/vin et à une demi-douzaine de couverts par plat, la salle de bain de Sissi (une journée entière pour laver ses cheveux, qui lui tombaient jusqu'aux pieds !!)... Une visite très réussie qui nous plonge véritablement au coeur de la légende viennoise.



A la demande expresse de Benjamin, nous nous rendons ensuite au Trésor, qui, comme son nom l'indique, expose les bijoux de la couronne autrichienne. S'il n'y avait que ça ! Parce que l'Autriche fut longtemps un très, très grand empire, on y présente aussi les attributs royaux de toutes les régions qui composèrent un jour ledit empire, de la Bohême à la Vénétie, en passant par la Dalmatie et la Hongrie : couronnes, sceptres, épées de cérémonie, vêtements... Et comme si tout cela ne suffisait pas, plusieurs salles sont réservées aux objets religieux, dont de très nombreux reliquaires. Attention les yeux, ça brille !

Dernier musée de la journée, celui des armes et des armures. Hallucinations garanties ! On se demande pour commencer comment une telle quantité d'armures complètes et sans la moindre égratignure a été rassemblée : il y en a partout ! Des pour chevalier potelé, des pour enfant, des pour monter à cheval, des avec casque rigolo, des avec jupette... Et des épées, et des arbalètes, et des pistolets datant à trois chiens... La collection est vraiment très impressionnante, mais on peut lui reprocher de fournir toutes les explications concernant les armes et les pièces d'armure en allemand. Quand on est deux à avoir fait un blocage sur cette langue, ça n'aide pas du tout à comprendre à quoi servent les morceaux de métal aux formes bizarres...

Complètement épuisés, nous retournons à l'hôtel nous reposer une petite heure, puis c'est l'heure de dîner. Et parce qu'il faut faire les choses selon les us et coutumes du pays dans lequel on se trouve, nous nous rendons dans une taverne viennoise typique (installée là depuis le 17è siècle, s'il vous plaît). Le fonctionnement est un peu curieux : on récupère son manger au comptoir, et ensuite seulement, on va se poser pour manger. Porc rôti, knödel et chou mariné : peut-on faire plus local ?! Et pour le dessert, direction de le marché de Noël de l'hôtel de ville pour grignoter des fruits frais enrobés de chocolat. Une belle journée vraiment bien remplie !



lundi 12 novembre 2012

Anvers, séjour éclair

Passage éclair (24 heures) dans la ville des diamantaires, en mission pour le Seigneur* Radio Metal. L'objectif du séjour est de couvrir le concert organisé par Within Temptation à l'occasion des 15 ans du groupe, mais puisque j'ai quelques heures à tuer avant de rejoindre le Sportpaleis, autant faire un brin de tourisme.

Sur les conseils de la gérante de l'hôtel, j'emprunte donc la ligne de tramway n° 4 pour me rendre dans le centre historique. Premier arrêt, la Cathédrale Notre-Dame, malheureusement un brin chargée en échafaudages.



À Anvers (comme d'ailleurs dans toute la Belgique), il n'y a pas que les diamants. Il y a aussi le chocolat, ce qui est, si vous me demandez mon avis, infiniment plus précieux et important. La température vaguement hivernale est une excuse rêvée pour m'offrir un bon chocolat chaud. Pas le machin industriel qu'on trouve en supermarché, non ; plutôt le gros morceau de chocolat belge mis à fondre dans du lait brûlant. En un mot comme en cent : miam !

Mais je n'oublie pas que je suis censée faire du tourisme. Le chocolat est donc consommé sur un banc face à l'ancien hôtel de ville, sur le Grote Markt (la Grande Place, quoi). Ça sent son 16è siècle flamand à des lieues à la ronde, et c'est très, très agréable à regarder.



Autour, c'est une débauche de façades médiévales parfaitement conservées qui rendraient encore mieux avec un marché de Noël autour.



Malheureusement, sous ces latitudes et en cette saison, la nuit tombe vite, ce qui rend les photos plus difficiles. Ce qui n'empêche pas les églises, la gare centrale et les rues médiévales d'être ravissantes. De toute façon, il est déjà l'heure pour moi de regagner le Sportpaleis pour deux heures de metal symphonique. La visite aura vraiment été courte...




Un peu plus de photos par ici.


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jeudi 16 août 2012

Islande, jour 8 - Reykjavik et départ

Dernier jour en terre de Vikings et de macareux. Et qui dit dernier jour dit bien entendu achats, surtout quand on n'a croisé que peu de villes avec de vraies boutiques en une semaine ! Nous décidons donc de consacrer la matinée à une séance shopping au centre commercial de Kringlan, pour ramener les indispensables T-shirts/tasses/calendriers/peluches/chaussons fourrés en laine de mouton islandais. Nous avons d'ailleurs bien cru que nous n'y arriverions jamais, car les gérants du magasin de souvenirs avaient égaré leurs clés et ont ouvert leurs portes avec plus d'une heure de retard...

Après le déjeuner, nous quittons la capitale pour le clou du voyage, la cerise sur le gâteau au skyr : le Lagon Bleu. Un lieu touristique par excellence, mais un séjour en Islande ne serait pas complet sans un après-midi passé dans les eaux laiteuses à 38 °C du lagon ! Le spa a été construit à proximité d'une usine géothermique qui recrache une eau bleu fluo riche en silice et en minéraux. L'endroit n'a donc rien de naturel, mais on ne boudera pas notre plaisir pour autant !




Première surprise en arrivant dans les vestiaires : il n'y a aucun cabine où se changer... Ces Nordiques ont un rapport au corps bien différent du nôtre, et il faut donc se déshabiller au milieu des vestiaires (pas mixtes, tout de même, n'exagérons rien...). Et pour passer à la douche, c'est dans le plus simple appareil ! C'est un peu sidérant au départ, mais puisque tout le monde le fait, le mieux est encore de se fondre dans la masse. C'est en se douchant en maillot que l'on se fait remarquer... Adieux complexes !!!

Le Lagon Bleu est un complexe qui propose bains à 38°, sauna, hammam et cascade massante. On aurait aimé s'offrir les services d'un masseur perso, mais nous ne sommes manifestement par les seuls à avoir eu cette idée et le planning est déjà rempli. Qu'à cela ne tienne, nous profiterons du masque de boue à la silice offert par la maison tout autour du « bassin » ! On se tartine généreusement de ce masque miracle, et on profite de l'eau chaude en dégustant une glace ou en s'allongeant sur les petites plages de sable noir. Il ne fait pas plus de 15 °C dans l'air et le contraste est vraiment vivifiant !




Nous passons trois heures à barboter avant de reprendre le chemin de la douche-tout-nu et de faire quelques achats de masque de boue et d'exfoliant à la boutique du spa. Après cet après-midi de détente, on se sent prêt à repartir pour une semaine d'exploration !

Mais le séjour se termine déjà, et nous décidons de boucler la boucle en allant visiter un site avoisinant, le champ géothermique de Seltun. Ici, pas de boue en ébullition dans les cratères, « seulement » de l'eau. En revanche, les évents de vapeur sont beaucoup plus nombreux qu'à Hverir, et l'odeur, elle, est à peine plus supportable. C'est à se demander comment le troupeau de chevaux du champ d'à côté ne s'est pas déjà enfui en courant ! La vapeur et le soufre produits par l'endroit étaient autrefois exploités commercialement... jusqu'à ce que l'un des évents se bouche et finisse par exploser en 1999, créant un cratère de 30 mètres de large. On n'aurait pas voulu se trouver à côté...



Benjamin ne pouvant voir une colline sans avoir envie d'y grimper, nous laissons Marie-Noëlle et Marie-Alice sur le plancher des vaches et partons investiguer les impressionnantes colonnes de vapeur au sommet de la mini-montagne qui se dresse derrière le champ. Heureusement que le Lagon Bleu nous a requinqués, car la montée est particulièrement abrupte ! Et tout ça pour ne voir que des fissures d'où s'échappe la vapeur... Mais la vue sur le grand lac Kleifarvatn et le petit lac Grævatn depuis le sommet vaut le déplacement. Nous redescendons bien vite, car toute cette vapeur et ces sifflements ne sont pas rassurants !



Après les routes goudronnées de Reykjavik et autour du Lagon Bleu, les pistes gravillonnées nous manquaient trop. Heureusement, pour rattraper cela, il y a la route qui fait le tour du lac Kleifarvatn ! Nous parcourons une dizaine de kilomètres très cahoteux autour de ce lac qui rappelle un peu le Loch Ness par sa couleur gris acier et la taille et les collines qui l'entourent, brinquebalés par notre petite citadine qui maîtrise mal les cailloux et les nids-de-poule. Un retour à la nature sauvage à 50 km de la capitale !



En milieu de soirée, c'est l'heure de retourner à Keflavik pour attraper l'avion de 1h15 (oui, du matin) à destination d'Orly. C'est l'heure également de faire le bilan de cette semaine exceptionnelle dans un pays riche en contrastes, où l'on peut passer dans la même journée du glacier au volcan et du désert de lave aux chutes d'eau. Nous n'avons croisé aucun troll ni aucun elfe, mais les macareux et les moutons compensaient de belle façon. Nous avons réalisé à quel point nous étions insignifiants face à la puissance de la nature et découvert des endroits que l'on peut facilement qualifier de merveilles du monde. Une formidable destination que ce pays à l'état sauvage, où l'on peut parcourir 200 km en voiture sans rencontrer âme qui vive.

Merci à Marie-Alice d'avoir choisi l'Islande pour le « voyage des mamans » !

Dernière galerie photos

mercredi 15 août 2012

Islande, jour 7 - Akureyri-Reykjavik


Journée moins riche en étapes que les précédentes, car il nous faut regagner Reykjavik d'ici ce soir, et ce n'est pas la porte à côté !

Nous commençons par la ferme de Glaumbær, un corps de bâtiments en tourbe au toit recouvert d’herbe, construction typique du pays jusqu’au début du 20è siècle, quand même. Notre première impression est que les maisonnettes sont bien petites et que les gens qui vivaient là ne devaient pas être nombreux. Erreur ! Car à l’intérieur, c’est un véritable labyrinthe de pièces agencées le long d’un couloir qui n’en finit pas. On découvre ainsi une quinzaine de salles aux rôles bien définis, dont la cuisine, la chambre d’amis, la salle de classe et… la pièce principale, où la vingtaine de personnes qui vivait là mangeait, travaillait et dormait (à deux par lit, parce qu’il faut bien se réchauffer pendant les longues nuits d’hiver islandaises). Rustique mais très intéressant.



Derrière la ferme se dresse une adorable petite église typique de la région, où l’on apprend que dans cette paroisse vécut la toute première femme à avoir traversé l’Atlantique pour s’installer en Amérique. Elle y donna naissance au premier enfant de souche européenne sur le sol américain. Pour information, cela se passait au… 11è siècle. Si les Vikings avaient transmis leurs carnets de voyages au reste du vieux continent, Christophe Colomb et Amerigo Vespucci se seraient épargné bien des soucis !




Après une expédition épique pour trouver de quoi nous restaurer, nous nous arrêtons à Deildartunguhver, la plus grande source chaude du monde, qui débite 180 litres d’eau par seconde à la modeste température de 96 °C. Le site est noyé dans la vapeur et il est difficile d’apercevoir quoi que ce soit, mais lorsque le vent souffle dans la bonne direction, on peut en effet voir l’eau jaillir du sol en bouillonnant. Encore une lubie géologique de l’île !

Un peu plus loin, à Reykholt (ville que nous pensions être de quelque importance mais qui tient en fait sur deux rues…), nous allons rendre hommage à Snorri Sturluson, l’auteur de l’Edda, le poème scaldique le plus célèbre du pays. C’est parfois un peu aride, mais on n’a pas fait mieux en matière de mythologie et de héros scandinaves. Snorri ayant été l’une des figures littéraires et l’un des hommes de pouvoir les plus influents d’Islande (même si tout cela se passait au 13è siècle), l’individu a droit à sa statue et à un musée qui lui est entièrement consacré. On découvre également un bain d’eau chaude dans lequel le poète/chef de clan allait régulièrement faire trempette. Conservé depuis 800 ans, donc. La preuve que les Islandais sont très attachés à leur histoire.



Pour finir en beauté, et parce qu’on ne se lasse pas des créations de Dame Nature, nous nous arrêtons à Hraunfossar, nos énièmes chutes d’eau du séjour. Mais ces chutes ont ceci de particulier qu’elles sortent d’un champ de lave pour se jeter directement dans la rivière (« torrent impétueux » serait plus exact). Le spectacle est une fois de plus magnifique et, en prime, très original : généralement, l’eau et la lave ne font pas exactement bon ménage !



Nous arrivons à Reykjavik en fin d’après-midi, et le retour à la civilisation est un peu brutal. Où est passée à la route à une voie ? Pourquoi il y a plein d’autres voitures ? Elle est où, la nature ?! L’avantage des vraies villes (c’est-à-dire les villes avec plus d’une rue et d’une station-service), c’est que nous n’avons que l’embarras du choix pour dîner. Ce soir, nous optons donc pour un restaurant qui propose de la cuisine presque du terroir : pâtes aux langoustines et au homard arrivés directement du port, quelques rues plus loin. Un vrai régal !

Et toujours les photos !

mardi 14 août 2012

Islande, jour 6 - Lac Myvatn-Akureyri


Le lac Myvatn et sa région n'ont pas encore livré tous leurs secrets. Nous attaquons donc la journée par un arrêt à Goðafoss, les chutes des dieux, ainsi nommées après que l'Islande a décidé d'adopter le Christianisme et qu'un chef de clan a poussé le zèle jusqu'à jeter ses effigies de dieux païens dans la cascade. Thor ne l'ayant pas foudroyé sur place, on peut penser que lui et le reste du panthéon nordique voyaient venir le coup depuis un moment... Il ne s'agit pas de la cascade la plus imposante que nous ayons croisée, mais le site est tout de même très joli – et puis, peut-on réellement se lasser d'un spectacle pareil ?



Nous poursuivons ensuite notre chemin jusqu'à Husavik, capitale européenne de l'observation des baleines, une charmante petite ville colorée aux maisons typiquement islandaises, puis le long de la route 85, seul chemin praticable pour se rendre à Asbyrgi quand on ne roule pas en 4x4. La route est d'ailleurs de loin préférable aux pistes caillouteuses qui s'enfoncent dans les terres, car elle longe la superbe baie d'Husavik, entourée de montagnes aux sommets enneigés. Depuis que nous sommes arrivés, même le temps passé sur la route est un spectacle.

Asbyrgi, c'est un vaste canyon en forme de fer à cheval, aux parois hautes de plus de 90 mètres. La légende veut qu'il s'agisse d'une empreinte de sabot laissée par Sleipnir, le cheval à huit pattes que montait Odin. Il existe aussi une explication scientifique, mais c'est beaucoup moins intéressant que les cheveux divins. La grimpette au sommet des parois nous semble légèrement excessive après le crapahutage d'hier. Aussi, nous nous contentons d'un petit circuit au fond du canyon, qui permet de découvrir un adorable petit lac peuplé de canards (qui passent leur temps les fesses en l'air et la tête dans l'eau) et de prendre un peu de hauteur pour se faire une idée de la taille démentielle du site.



Nous repartons ensuite en direction de Husavik, malgré les protestations de Marie-Noëlle, qui aurait voulu rester sur place et poser ses valises pour une décennie ou deux sur le site de camping. Une fois en ville, nous décidons, sur un coup de tête, de partir observer les baleines sur un ancien bateau de pêche traditionnel islandais. Nous faisons les courses en quatrième vitesse pour déjeuner et, un quart d'heure plus tard, nous voici sur le bateau. Nos deux guides touristiques ainsi que la brochure de l'opérateur nous assurent que nous avons 99 % de chances de croiser des cétacés ; autant dire que nous attendons beaucoup de la balade !

Comme nous le disait notre guide, deux éléments sont essentiels à l'observation des baleines : la patience et la chance. De la patience, nous en avons à revendre. En revanche, aujourd'hui, la chance ne sera pas du tout avec nous : malgré trois heures en mer, nous ne croisons pas le moindre mammifère marin. Une énorme déception ! Ce n'est pas comme si la baie était un zoo où les rencontres avec les baleines étaient garanties, mais après toutes ces belles promesses, la frustration est immense. La balade nous aura tout de même permis de déguster un chocolat chaud et de découvrir Husavik et sa très jolie église depuis la mer, mais c'est une bien faible compensation !



Direction Akureyri, deuxième ville du pays (dix fois moins d'habitants que Reykjavik...), pour notre avant-dernière escale. La ville abrite l'une des rares boutiques de Noël au monde à être ouverte toute l'année. Attention les yeux ! Boules pour sapin, vin chaud, encens, bonbons de Noël, bougies... Tout cela brille de mille feux et l'odeur de cannelle imprègne tout ! C'est terriblement kitsch, mais pour un peu, on aurait envie de décorer le sapin sur-le-champ.



Promis, nous ferons plus sérieux demain !

Peu de photos aujourd'hui...

lundi 13 août 2012

Islande, jour 5 - Hallormsstaður-Lac Myvatn

En l'honneur de l'anniversaire de Marie-Alice, le soleil a décidé de jouer les prolongations toute la journée. C'est donc par un temps radieux que nous gagnons le premier site du jour, en traversant tout d'abord des paysages de toundra, puis une région totalement désolée qui définit à merveille le mot « rien ». Nous pensons tout d'abord avoir à faire à un paysage lunaire, mais lorsque nous arrivons à Dettifoss, c'est pire : ici, le paysage a quelque chose d'apocalyptique, de presque menaçant.

C'est à se demander comment la cascade peut surgir d'un tel décor. Dettifoss, avec ses 100 mètres de large et ses milliers de litres d'eau débités à la minute, c'est LA cascade la plus puissance d'Europe. Le site est vertigineux, époustouflant. On reste plantés là, sidérés par ce débit stupéfiant et par l'arc-en-ciel issu de l'association des embruns et du soleil (pas besoin de Photoshop pour le rajouter sur les photos !). C'est toute la puissance et la majesté de Mère Nature qui s'expriment ici, et on s'arrache difficilement à ce monstre pour poursuivre la visite.



Un peu plus loin, on découvre Selfoss, plus petite mais tout aussi impressionnante à sa façon, avec ses multiples chutes. Et tout autour, ce ne sont que roches basaltiques, sable noir et petites fleurs courageuses qui tentent tant bien que mal de survivre. On croirait voir le jardin zen d'Odin, tant cet endroit défie l'imagination.



Complètement cuits par le soleil, nous reprenons la route vers le lac Myvatn, célèbre pour réunir en un seul endroit tout ce qui fait la beauté de l'Islande : sources chaudes, phénomènes géothermiques bizarres, formations rocheuses bancales et volcans pas toujours éteints. Avant d'accéder au lac proprement dit, nous faisons étape sur le site de Hverir, un ensemble de mares de boue sulfureuse qui glougloutent en dégageant une odeur infâme. Dans des cratères aux contours jaunâtres, une espèce de magma noir bouillonne en continu à des températures pouvant aller jusqu'à 200°. C'est particulièrement impressionnant et un brin inquiétant. On aimerait prendre le temps de faire le tour de chaque mare pour observer le phénomène en détail, mais l'odeur d'œuf pourri est épouvantable, à peine supportable, et nous explorons le site le nez bouché. Au final, nous ne sommes pas fâchés de repartir pour respirer un air moins sulfureux (même si l'odeur ne disparaît jamais vraiment dans ce pays, y compris sous la douche...).



Tout près du lac Myvatn se trouvent les grottes de Grjotagja, qui étaient autrefois prisées pour la baignade. Aujourd'hui, l'eau est devenue trop chaude pour faire trempette (quoique, 50°, c'est à peine plus chaud que la température de ma douche...), mais on peut toujours y glisser la tête pour se faire une idée de ce à quoi cela devait ressembler. On y accède par un petit chemin de randonnée de 2 km, qui commencent dans un petit bois pour se terminer dans le sable, face à un vent à décorner les bœufs. Parce que le trajet du retour n'est pas très engageant, nous laissons Benjamin faire le chemin inverse en courant pour récupérer la voiture et venir nous chercher. Le privilège du beau sexe !

Nous nous sommes épargné 2 km supplémentaires, et ce n'était pas du luxe, car l'étape suivante est un gros morceau : il s'agit du Hverfjall, un cratère d'explosion vieux de 2 500 ans, qui ressemble trait pour trait aux schémas de volcan parfait qu'on trouve dans les livres. Le chemin qui mène au sommet est ardu et le dénivelé plutôt costaud, mais une fois en haut, on se dit que la vue valait bien de mettre à mal nos mollets. Vu des hauteurs, le lac est superbe – et le cratère lui-même n'est pas en reste. Encore une fois, on se sent totalement écrasé par le diamètre (plus d'un kilomètre, quand même) du lieu, et on se dit qu'il ne devait pas faire bon se trouver dans les parages au moment de sa création ! Le vent qui souffle en rafales est très violent et nous pousse bientôt à redescendre, car nous n'avons pas l'impression d'être les bienvenus.



La journée se termine, mais le soleil ne semble pas bouger d'un pouce (il ne fait pas nuit avant 23 heures dans cette région du monde), et nous décidons donc de faire un dernier arrêt au site de Dimmuborgir (les « châteaux noirs » dans la langue d'ici). Le nom parlera à tous les fans de metal, même s'il ne s'agit pas ici du groupe suédois, mais bien d'un vaste terrain couvert de formations de lave aux formes bizarres. Nous n'avons malheureusement pas le temps de faire la balade d'une heure qui mène à la formation la plus connue, dite « la cathédrale » en raison de son arche, mais le petit sentier que nous suivons pendant vingt minutes suffit amplement. Mère Nature semble avoir joué à la pâte à modeler, avec un talent tout relatif...



Une journée intense, qui n'augure rien de bon pour nos jambes demain au réveil !

Beaaaaucoup plus de photos par ici.

dimanche 12 août 2012

Islande, jour 4 - Höpn-Hallormsstaður

Levés aux aurores, donc, pour retourner au lac Jökulsarlon. Nous prenons la route à 8 heures, et manifestement, les moutons n'ont pas l'habitude d'être réveillés si tôt ! Nous en croisons des dizaines qui somnolent encore au milieu de la route et qui mettent toute la mauvaise volonté du monde à vider les lieux pour laisser la place aux touristes pressés.

Sur place, le brouillard est aussi dense qu'hier, et nous craignons un moment que la mauvaise visibilité n'empêches le zodiac de sortir sur le lac. Du tout, nous rassure la vendeuse de billets : les bateaux sont équipés de GPS, et même si les icebergs ne sont pas répertoriés dessus, c'est bien suffisant pour retrouver son chemin ! Nous nous équipons donc de combinaisons dignes d'une expédition en Antarctique et embarquons sur un zodiac pour nous tout seuls. Il faut croire que nous étions les seuls à être suffisamment courageux pour affronter la glace et le brouillard au saut du lit !

Notre guide, Karl, met les gaz, et nous sommes partis pour une heure d'expédition sur le lac glaciaire. Le zodiac zigzague entre les petits glaçons, les gros icebergs et les morceaux de glace de toutes les tailles intermédiaires, et dès les premières minutes, nous sommes transportés dans un autre monde. Comme il s'agit de la première sortie de la journée, il faut parfois déblayer le terrain et identifier les voies navigables, mais Karl réussit malgré tout à nous conduire rapidement à la pointe du glacier. Le monde du silence version glace : on a l'impression d'avoir pénétré dans un univers parallèle, où le seul bruit est celui des icebergs qui se brisent.



Karl nous raconte l'histoire du glacier et nous explique pourquoi les icebergs ont des couleurs différentes : bleu pour ceux qui viennent de se détacher du glacier, blanc pour ceux qui ont déjà commencé à fondre et noir pour les couches de cendres volcaniques intégrées à la glace. Il nous permet même de toucher un bloc de glace vieux d'une centaine d'années et de nous lever dans le zodiac pour apprécier pleinement le paysage autour de nous. Il fait un froid mordant sur cette étendue d'eau qui semble ne jamais finir, et la pluie vient se mêler de la partie, mais le spectacle est à couper le souffle. L'expérience vaut bien d'avoir écourté la nuit et rallongé notre parcours de la journée de plus de 150 km. Nous repartons totalement transis mais ravis !



La suite du programme semble un peu compromise en raison du brouillard. Nous devons en effet découvrir les fjords de l'est, mais la visibilité est extrêmement mauvaise : à certains endroits, on ne distingue même plus la route à dix mètres, alors la mer, il ne faut pas y compter ! Après le déjeuner, nous décidons malgré tout, sans trop y croire, de tenter notre chance avec le premier fjord. Nous poussons donc jusqu'à Stöðvarfjörður (non, oubliez l'idée de le prononcer) – et nous faisons bien, car le ciel semble décidé à s'éclaircir.



Nous observons de loin le jardin de Madame Petra, une vieille dame qui collectionne les cailloux et a fait de sa demeure le premier musée minéralogique privé du monde. Quand on voit l'extérieur, on n'ose imaginer à quoi doit ressembler le reste de la maison...

Encouragés par le temps, nous poursuivons notre route jusqu'à Faskruðsfjörður (…), le « camp de base » des pêcheurs de morue français jusqu'au début du 20è siècle. Ceux-ci ont à l'époque fait construire un hôpital et une chapelle, et 49 d'entre eux sont enterrés dans un tout petit cimetière au bord de la mer. Nous nous arrêtons dans le café du village, qui fait également office de musée, pour boire un thé, servi par un étudiant islandais dont le français force l'admiration. Dernière étape du parcours, Reyðarfjörður (jamais deux sans trois !), le plus escarpé des fjords, se dévoile le long d'une route d'une beauté à couper le souffle, mais qui a une fâcheuse tendance à se transformer en piste gravillonnée sur plusieurs kilomètres. Nous nous arrêtons à plusieurs reprises pour prendre des photos, d'autant que le soleil nous fait la grâce de montrer le bout de son nez.



Sur le chemin de l'hôtel, le soleil et le ciel bleu se font plus francs, ce qui laisse présager de bonnes choses pour demain. Ce soir, nous logeons dans un village-hôtel perdu au cœur de la plus grande (d'aucuns diraient la seule) forêt islandaise. Surexploitée pour la construction de maisons et de drakkars, la forêt a en effet pratiquement disparu dans le pays, et le reboisement n'a commencé qu'au début du 20è siècle. Hallormsstaður a pour ainsi dire poussé entre les arbres, et le cadre de l'hôtel est tout bonnement enchanteur : cascade à gauche, lac et montagnes en face, élevage de chevaux et bungalows à gauche. Le bâtiment lui-même est très vieillot et la déco surprend autant que les environs.

A peine nos valises posées, nous partons en expédition du côté de la cascade. La balade se transforme très vite en trek au sommet de la chute, ce qui nous permet d'en découvrir une deuxième, plus petite, cachée derrière ! Après l'effort, le réconfort : l'hôtel dispose d'un « hot tub », ou piscine chaude, dans laquelle nous allons nous relaxer une petite heure avant le dîner. Après la randonnée d'hier, l'eau chaude est la bienvenue pour les muscles ! Et que dire de ce buffet islandais qui propose trois sortes de saumon ? Une bien belle étape !

samedi 11 août 2012

Islande, jour 3 - Skogar-Höfn


Au réveil, l'état du ciel n'est pas vraiment encourageant et nous fait craindre que le temps soit aussi déprimant qu'hier. Mais pour changer un peu, lorsque nous rejoignons la cascade de Skogafoss (à 500 mètres de notre hôtel), c'est le brouillard qui se met de la partie, et non la pluie ! Pas le temps idéal, mais à choisir, mieux vaut la brume que les trombes d'eau d'hier !

Nous découvrons donc Skogafoss, 60 m de hauteur, dans une belle purée de poids. Nous décidons donc de prendre un peu de hauteur et de gravir les 183 marches qui mènent au sommet de la cascade. L'ascension est un peu rude, mais le décor en vaut la peine : la cascade s'écoule en effet entre deux glaciers et la vue est magnifique. Le brouillard nous faut même la grâce de se lever un peu, si bien qu'en redescendant, nous sommes en mesure d'apprécier davantage la cascade à proprement parler.



Nous poursuivons notre périple le long de la route n° 1, la principale route d'Islande. Par « principale route », traduire : deux fois une voie (une seule et unique voie sur les ponts), vitesse limitée à 90 km/h, présence humaine quasi-inexistante, beaucoup de moutons et de chevaux, qui se permettent d'ailleurs de traverser sans regarder d'un côté puis de l'autre que la vie est libre. Le simple fait de rouler est une aventure en soi...

Direction la réserve naturelle de Dyrholaey, une superbe langue de terre rocheuse qui peut se vanter de jolies falaises, de plages de sable noir, de trois curieux cônes de basalte, d'un très gros caillou avec un trou au milieu et d'une belle colonie de macareux. Nous commençons par découvrir les falaises venteuses et la mer qui vient s'écraser sur les rochers en contrebas. Le rocher solitaire qui se dresse au milieu de la plage et les trois « doigts » de basalte au large sont particulièrement impressionnants et caractéristiques de la géographie islandaise : on passe sans crier gare du plat total aux formations géologiques de plusieurs centaines de mètres de haut !



De l'autre côté du parking nous attendent les macareux, pas farouches pour deux sous, qui prennent la pose pour des photographes ravis et un peu stupéfaits. Voir ces petits oiseaux trognons comme tout vivre leur vie si près des humains à de quoi surprendre ! C'est une occasion unique de les regarder voler (on remarque d'ailleurs que leur corps est plus fait pour la plongée que pour le vol), interagir les uns avec les autres, se lancer dans de grands lustrages de bec... Un spectacle féérique et un peu surréaliste !



Pour profiter pleinement de la « roche percée », il faut emprunter une route difficilement carrossable qui monte, qui monte, qui monte jusqu'au sommet d'une impressionnante falaise. Là encore, les macareux sont au rendez-vous... mais le brouillard aussi ! Le caillou avec un trou dedans reste donc désespérément caché dans la brume. Qu'à cela ne tienne, le phare juché là et les adorables zoziaux valaient à eux seuls le déplacement.

Nous reprenons la route n° 1 jusqu'au village de Vik, dont on remarque tout d'abord la petite église perchée sur une colline. Mais la vraie attraction du lieu, c'est la longue plage de sable noir, sorte de mini désert gothique qui semble tout droit sorti de l'imagination de Tim Burton. On commence tout juste à comprendre que ce pays a été façonné par les volcans plus que par toute autre chose. Avant de partir, nous recueillons un peu de sable et quelques cailloux, qui feront de très jolis souvenirs.

Après nous être ravitaillés au supermarché pour le déjeuner, nous prenons la route du parc national Skaftafell. Au cours des presque deux heures de trajet, le paysage change plusieurs fois de façon spectaculaire : curieuses formations de basalte couvertes de mousse, puis collines verdoyantes dignes d'un road-trip en Ecosse, et enfin, vaste étendue désertique noire qui nous fait craindre d'avoir loupé un croisement et d'être arrivés sur la lune.

Nous arrivons enfin au Skaftafell, où nous sommes accueillis par la masse impressionnante (mais toujours masquée par les nuages) du Vatnajökull, le plus grand glacier d'Islande (de la superficie de la Corse, quand même). L'air qui descend des montagnes enneigées est bien frais, et pour nous réchauffer, nous optons pour une randonnée d'environ 3 km aller-retour qui doit nous conduire à Svartifoss, la Cascade Noire, une curiosité locale. Sur le chemin, nous croisons d'autres cascades de moindre importance et beaucoup de cours d'eau, mais c'est surtout le contraste entre la montagne boisée sur laquelle nous nous trouvons et le désert aux alentours qui est saisissant. En Islande, on ne fait pas dans la demi-mesure : c'est plat ou c'est très haut, et il n'y a rien entre les deux.

Après une belle grimpette, nous voici arrivés à Svartifoss, cathédrale de nature où des colonnes de basalte curieusement symétriques jouent le rôle des grandes orgues. Une véritable merveille.



Pendant que Benjamin va jouer au cabri pour découvrir et photographier les cours d'eau et cascades plus petites sous d'autres angles, les filles se contentent de redescendre par le chemin inverse. Et là, miracle ! Arrivées en bas, nous constatons que la brume s'est dissipée. Le Vatnajökull dévoile ses sommets couverts de neige et ses coulées de glace, et c'est tout simplement à couper le souffle. Voilà un spectacle auquel nous ne sommes vraiment pas habitués par chez nous !



Dernière étape de la journée : le Jökulsarlon, le lac de formation très récente qui marque la fin du glacier. Ce qu'on découvre au sommet des petites éminences au bord de la route nous laisse bouche bée et sans voix : des icebergs bleus et blancs immobiles ou à la dérive, qui entre parfois en collision dans de grands craquements. Une vision sidérante – on a du mal à croire qu'on est en plein mois d'août !



Sans doute poussée par l'instinct breton, Marie-Noëlle se met en tête d'aller se tremper les pieds dans le lac. Telle mère, telle fille, pas question que je la laisse y aller seule ! Vous avez déjà tenté de mettre les pieds dans l'eau en Bretagne en février ? Et bien dites-vous que cela doit ressembler à une baignade aux Seychelles à côté de notre expérience dans le Jökulsarlon ! On imagine aisément la température d'un lac dans lequel flottent d'énormes glaçons... Nous ne tenons d'ailleurs pas plus de quelques secondes, le temps de prendre une photo pour prouver que, sans blague, on l'a fait.



Très impressionnés par le décor, nous décidons de revenir demain pour embarquer à bord d'un zodiac qui permet d'approcher les icebergs de très, très près. Il faudra nous lever très tôt pour en profiter, mais c'est le genre d'expérience que l'on ne vit qu'une fois et qu'il ne faut pas manquer. En attendant, nous regagnons notre hôtel un brin fatigués par tout le crapahutage de la journée, mais avec le sentiment d'avoir identifié les nouvelles merveilles du monde.