dimanche 20 juillet 2014

Irlande, jour 6 - Cork

Personne n'ayant été très sage ces derniers temps (on tourne au cidre à tous les repas depuis le début du séjour, le blog a du retard, on dépasse les limitations de vitesses...), ce matin, c'est détour par la case prison ! Ouverte en 1823 et définitivement fermée un siècle après, la prison de Cork serait presque jolie sans tous ces barreaux aux fenêtres... Bon, dedans, la vie était beaucoup moins jolie, et c'est ce que nous explique la muséographie à base de mannequins reproduisant les conditions d'emprisonnement de l'époque.



La vie dans une prison irlandaise du 19è siècle est à peu près aussi riante qu'on peut l'imaginer : les cellules faisaient 2 mètres sur 3, les prisonniers devaient déposer leurs vêtements devant la porte tous les soirs pour les dissuader de s'échapper, les châtiments corporels faisaient passer le temps, on triait l'étoupe jusqu'à avoir les doigts en sang (quand on ne cassait pas des cailloux) et le régime alimentaire se composait de pain et de lait ou de soupe à tous les repas. Pour juger par nous-mêmes des conditions, nous sommes invités à entrer dans une cellule et à fermer la porte. On y est un peu à l'étroit, mais ce n'est pas beaucoup plus petit qu'une chambre d'étudiant aujourd'hui ! Les explications sont très intéressantes (dans le genre pas joyeux), et on ressort bien content d'être du bon côté de la loi au 21è siècle.



Pour nous faire pardonner toutes nos bêtises de la semaine passée, rien de tel qu'une petite dose de religion. Ça tombe bien, il est 11 heures en ce dimanche matin et les cloches de la cathédrale Saint Finbarre nous appellent pour la messe. Tandis que les paroissiens arrivent en courant, nous faisons le tour de ce magnifique édifice de style gothique (construit au 19è siècle...) pour le découvrir sous toutes les coutures. Il faut dire qu'il y a de quoi faire : la façade comporte un nombre impressionnant de sculptures superbes, les rosaces se comptent par dizaines et nous avons même la surprise de découvrir un ange doré à l'arrière de la cathédrale. A l'intérieur, la messe étant en cours, nous devons rester au fond et n'avons pas le droit de prendre de photos, mais la décoration est tout aussi riche. Ce n'était peut-être pas le moment idéal pour une visite, mais nous ne regrettons pas d'avoir marqué l'arrêt avant de sortir de la ville.



Hier soir, nous avons pris le temps de réserver sur Internet une visite de la distillerie Jameson de Cork (enfin, de Midleton, à quelques kilomètres de là) pour 13h15. Nous profitons donc du temps que nous avons devant nous pour acheter à manger, nous rendre sur place et pique-niquer au bord d'une petite rivière.

Finalement, manquer la visite de la distillerie Jameson de Dublin n'était pas un mal, car Midleton est l'endroit où la marque produit la moindre goutte de son whiskey. D'accord, la magie a lieu dans une usine ultra-moderne ouverte en 1975, et plus dans les vieux bâtiments en brique que l'on découvre pendant la visite, mais tout de même ! La visite commence par un film de propagande qui nous explique que l'art de la distillation du whiskey est bien irlandais, que les Écossais ont tout pompé et qu'ils font les choses n'importe comment (déjà, ils écrivent "whisky", et en plus ils fument leur orge à la tourbe), et que John Jameson, le fondateur de la marque, est le plus grand entrepreneur que la Terre ait jamais porté. Je résume, mais très honnêtement, c'est l'idée...



Plus sérieusement, nous suivons ensuite la guide pendant près d'une heure dans les anciens bâtiments de la distillerie, des entrepôts de stockage de l'orge à la salle contenant le plus grand alambic du monde (144 000 litres, quand même). Nous devenons rapidement incollables sur les principes de triple distillation (les Écossais ne distillent que deux fois, ces béotiens) et de vieillissement du whiskey dans des cuves ayant servi à d'autres alcools. Il faut dire que nous avions de beaux restes de la distillerie Bushmills, en Irlande du Nord... Mais une visite de distillerie ne serait pas complète sans une petite dégustation à la fin ! Les garçons optent pour du Jameson pur, et les filles, pour le cocktail de la maison : Jameson/bière de gingembre/citron vert. Ça descend tellement facilement qu'on en oublierait presque qu'il y a de l'alcool dans le verre !



Pour conclure la journée en beauté, nous nous rendons au château de Blarney, vieille madeleine de mes séjours linguistiques à Cork. Mais étrangement, on ne visite pas la même chose avec un groupe d'adolescents et avec un Benjamin aux manœuvres ! Ma troisième escapade à Blarney sera donc beaucoup plus axée sur le parc que sur le donjon du 15è siècle. Car il n'y a que l'embarras du choix : dans le jardin clos, la pinède et l'ancien cercle druidique disputent la vedette aux différents sites tels que la cuisine de la sorcière ou le cercle des fées. Très original également, le jardin des poisons : un panneau à l'entrée prévient de ne pas sentir/toucher/manger les plantes sous peine de résultats pas marrants du tout. Ce ne sont pas tous les jardins qui vous présentent de l'aconite, de la mandragore et de la belladone dans le même parterre ! Quant aux jardins des fougères, nous avons l'impression d'être propulsés en plein Jurassic Park...

Le jardin des fougères. Pas de dinosaure en vue...

Le château lui-même est célèbre pour sa pierre, qui donnerait le don de l'éloquence à quiconque l'embrasse. Les touristes font donc la queue pour s'allonger sur le dos, mettre la tête dans le vide et faire un bisou à un caillou qui a vu passer un sacré nombre de bouches. Et ce n'est pas comme si quelqu'un passait de l'alcool à 90° sur ledit caillou entre deux personnes... Bonjour l'hygiène ! Ce sera sans nous, même s'il paraît que ça marche : Winston Churchill et Oliver Hardy sont passés par là en leur temps (comment ces deux-là ont réussi à passer dans un escalier qu'il faut se mettre en crabe pour monter, mystère...). Mais la vue depuis le sommet du donjon reste très belle et il serait dommage de s'en priver, pierre ou pas pierre.



Pour terminer la visite, nous partons pour une petite randonnée jusqu'au lac, où les garçons espèrent apercevoir des loutres. Que la brochure ait un peu exagéré ou que ce soit l'heure de la sieste pour les petites bestioles à fourrure, ils sont malheureusement déçus. Mais la balade en elle-même reste très agréable, d'autant qu'elle nous permet d'apercevoir le manoir, toujours habité, et de tirer des plans immobiliers sur la comète. Avec tout ça, il est déjà 18h30. Nous sommes parmi les derniers visiteurs du site, boutiques et toilettes sont fermées et le parking est presque vide. Un peu irréel mais pas déplaisant !

Et il nous reste encore 1h30 de route pour rejoindre Killarney, notre étape du jour. Ce soir, nous logeons dans un bed & breakfast aux chambres de poupées tenu par une dame charmante. Nous aurons vraiment connu tous les styles d'hébergement en un seul voyage !

Journée bien remplie = beaucoup de photos !

samedi 19 juillet 2014

Irlande, jour 5 - Cashel/Waterford

Nous quittons Kilkenny ce matin pour un premier arrêt à environ 45 minutes de route de là. Le Rocher de Cashel (la brochure dit "la Roche", mais elle est bien la seule) désigne une série de bâtiments religieux en ruines plantés au sommet d'une colline dans le village de Cashel, donc. C'est là que Patrick aurait expliqué le principe de la Trinité aux Irlandais à coups de trèfle et que les rois de Munster siégèrent pendant quelques siècles avant de se faire chasser par les Anglo-Normands. Accessoirement, c'est aussi là que se passe une bonne moitié des enquêtes de sœur Fidelma. Rien à voir avec le fait que j'avais très envie d'y aller, non non...



Il crachote un peu lorsque nous découvrons le site, mais cela n'en rend les ruines et la campagne avoisinantes que plus belles. La chapelle Cormac est malheureusement en rénovation (c'est pour la bonne cause, il faut faire ressortir les peintures murales), mais la tour ronde, la cathédrale, le cimetière et la croix de Saint-Patrick (une copie, l'original est exposé dans la crypte) sont de toute beauté. Un peu comme hier à Jerpoint, on y trouve un bon nombre de sculptures et des croix celtes superbement gravées. Des moutons se sont même installés juste derrière les murs d'enceinte, ce qui rajoute au côté carte postale. La salle de la chorale, quant à elle, propose quelques pièces reconstituées, et la crypte expose des sculptures qu'il vaut mieux ne pas laisser à l'air libre. C'est un sacré morceau d'histoire médiévale qu'on a sous les yeux, et pour la lectrice assidue de Fidelma, il est assez émouvant d'être ici en vrai !



Beaucoup de route aujourd'hui : nous devons ensuite nous rendre à Waterford, célèbre pour sa cristallerie. Sur la route, le temps passe tous les 100 mètres du grand soleil à l'averse, ce qui est à la fois complètement dingue et très amusant. Mais du moment que la pluie ne nous ennuie que dans la voiture, après tout... Après un pique-nique à proximité des ruines du château de Grannagh, nous rejoignons donc la fameuse cristallerie. Un samedi en plein été, l'endroit est très couru par les touristes et la prochaine visite qu'on nous propose doit commencer 45 minutes plus tard. Qu'à cela ne tienne, nous allons commencer par la tour Reginald, qui doit son nom à Ragnall, le Viking qui fonda la ville au 10è siècle. Pour la minute culture, Waterford est d'ailleurs la seule ville d'Irlande à avoir conservé un nom d'origine scandinave.



La tour ne comporte que trois étages à visiter, mais nous avons à peine le temps de regarder la vidéo de présentation avant de devoir retourner à la cristallerie pour ne pas manquer le début de la visite. Les guides nous proposent de revenir avant la fermeture, étant donné que l'Heritage Card achetée ce matin à Cashel nous permet d'y accéder à volonté.

Un peu d'histoire concernant la cristallerie de Waterford : elle fut fondée en 1783 car l'Irlande ne possédait pas de taxe sur les produits de luxe, puis fermée en 1851 quand ladite taxe fut mise en place. La cristallerie n'a rouvert qu'en 1947 et le site de Waterford est surtout célèbre aujourd'hui pour créer les coupes de grands événements sportifs et des commandes spéciales. Bon, elle produit aussi des verres et des saladiers, hein, mais même là, notre portefeuille n'est pas assez garni !

Vous ne voulez pas savoir combien coûte ce truc...

La visite guidée permet de découvrir toute la chaîne de production, de la fabrication des moules en bois à l'étape de la gravure. On a beau avoir déjà vu des artisans verriers au travail, notamment à Murano, il est toujours aussi impressionnant de les voir créer des vases rien qu'en soufflant sur du sable en fusion. De la vraie magie ! Ou peut-être simplement les huit ans de formation nécessaires pour accéder au rang de maître cristallier... Après le soufflage, place au contrôle qualité, puis on passe dans l'atelier des coupeurs. 95 % des pièces sont coupées à la main, et les 5 % restants, trop lourdes pour être manipulées par un seul homme, passent dans des machines avant d'être fignolées par un maître. Le plus impressionnant reste le travail du sculpteur, qui vous dessine des colibris et des scènes religieuses avec des roues abrasives aussi facilement qu'avec un crayon et du papier...

Le maître sculpteur

Pendant la visite, nous avons le droit de soupeser plusieurs pièces pour juger par nous-mêmes de la qualité du travail. Nous n'avions pas besoin de ça, voir les commandes spéciales exposées sur les tables est suffisamment parlant ! D'autant que tenir une de ces pièces est une sacrée responsabilité, car elle peut très facilement vous glisser des doigts et se fracasser par terre... Il paraît que c'est arrivé quelques heures avant notre visite, et que ce n'est pas très grave car chaque pièce est produite en trois ou quatre exemplaires, justement pour parer à ce genre d'éventualité. Par exemple, quand l'Université de l'Alabama fait tomber sa coupe de foot américain deux jours après l'avoir gagnée, on peut toujours la lui renvoyer !



Après un petit tour dans la boutique (notre portefeuille n'est pas assez garni pour faire autre chose que regarder), nous traversons la route pour nous rendre au palais épiscopal, une grande maison du 18è siècle qui servait, comme son nom l'indique, de résidence pour l'évêque. Il arrive que des guides en costume assurent la visite, mais aujourd'hui, nous n'avons le droit qu'à un audio-guide soi-disant "automatique", dont les explications se déclenchent toutes seules lorsqu'on passe d'une pièce à l'autre. La technologie n'étant pas toujours d'une fiabilité extrême, il faut parfois faire deux fois le tour d'une pièce pour que l'audio se lance, mais c'est une méthode originale.



Au premier étage, dit "noble", nous avons droit à la traditionnelle reconstitution d'époque, avec table mise pour 20 personnes, harpe dans un coin du salon de musique et portraits de messieurs emperruqués. Au second, une exposition retrace l'histoire de Waterford à partir du 19è siècle, avec de nombreux objets et photos. On apprend ainsi que la ville connut une période particulièrement sombre appelée "grève du bacon", pendant laquelle fermiers et abattoirs n'arrivaient pas à s'entendre sur le prix du cochon. Notre petit groupe de Bretonnos-Alsaciens n'aurait pas survécu à ce triste événement...

Pour conclure la journée, nous repassons en coup de vent à la tour Reginald (moins de 2 minutes avant la fermeture des portes) pour terminer la visite commencée un peu plus tôt. Le musée étant finalement assez petit (les Vikings ont laissé des traces de leur passage, mais sorti des armes et du matériel de couture, on a vite fait le tour), nous repartons rapidement pour environ 1h30 de route jusqu'à Cork, notre étape pour la nuit.

Presque raisonnables sur les photos...

vendredi 18 juillet 2014

Irlande, jour 4 - Kilkenny

Ce temps de science-fiction ne pouvait pas durer, et c'est donc sous un léger crachin et un ciel tout gris que nous entamons notre découverte de Kilkenny. Nous avons pu nous rendre compte hier soir que la ville est particulièrement jolie, avec ses petites rues, ses boutiques colorées, son petit côté moyenâgeux et ses fleurs partout. Après recherche Wikipédia, elle compte en fait moins de 9 000 habitants, ce qui peut expliquer qu'elle ressemble davantage à un grand village qu'à une ville.

Nous commençons par un gros morceau de l'histoire de Kilkenny, le château, propriété d'une famille d'aristocrates anglais du 14è siècle à 1967. Pas mal... L'ensemble a été agrandi, modifié, restauré et rénové tellement de fois qu'on ne sait plus trop à quel style il appartient. Mais à l'intérieur (photo interdites, dommage), l'épaisseur des murs rappelle qu'il s'agissait à l'origine d'une forteresse médiévale. La bibliothèque, en revanche, sent bon son 19è siècle. Un guide très serviable nous explique l'utilité des pare-cheminée (il ne fallait pas que le maquillage en cire de ces dames coule) ou de l'espèce de coffre-fort aux airs de boîte à bijoux et qui servait en fait à enfermer... le thé. On découvre également dans le château un escalier mauresque totalement incongru (et totalement beau, aussi), ainsi qu'une grande salle des portraits de 45 m de long. Là encore, on poserait bien ses bagages !



A l'extérieur, malgré le crachin et notre ticket de parcmètre déjà dépassé, la visite des jardins, avec leur roseraie et leur fontaine, est vraiment très agréable. Les amis des animaux en profitent pour chasser les oiseaux avec l'appareil photo (c'est plus écolo comme ça). Ce sera d'ailleurs un peu le thème du jour !

Notre programme prévoyait la visite de la distillerie Smithwick, la plus vieille d'Irlande, aujourd'hui rachetée par Guinness (ils sont partout, ceux-là), mais celle-ci est actuellement fermée pour travaux et ne rouvrira que fin juillet. Qu'à cela ne tienne, nous n'avons qu'à traverser la route pour nous rendre à Rothe House, un des seuls bâtiments civils du 16è siècle qui subsiste dans le pays. Elle appartenait autrefois à un marchand qui ne manquait pas de sous, et qui a fait construire un jardin d'herbes et un verger au-dessus de sa maison. L'adorable vendeur de billets à l'entrée nous prévient que le texte français de l'auto-guide est un peu bancal (il y aurait eu beaucoup de commentaires de visiteurs), mais nous nous lançons malgré tout avec confiance dans la visite.



En fait, le français n'est pas bancal mais carrément incompréhensible (c'est du Google Trad ou je ne connais plus mon boulot). Au bout d'un moment, on cesse tout simplement de lire la brochure pour se concentrer sur les panneaux présents dans les différentes salles. On apprend ainsi que les bois monstrueux au-dessus de la cheminée appartiennent à une espèce de cerf géant disparu il y a 10 000 ans. Ou que la dame représentée sur l'un des portraits a servi de modèle aux anciens billets de 1 et 5 livres. Quant aux jardins, avec la tour de la cathédrale St Canice en arrière-plan et les cinq canards en résidence permanente, ils embaument les plantes aromatiques et médicinales et donnent envie de se mettre à l'herboristerie.




De retour à la caisse, le guichetier a le malheur de nous demander ce que nous avons pensé de la brochure française. Résultat des courses, il obtient mes coordonnées professionnelles et une promesse de retraduction gratuite pour que les prochains touristes français puissent profiter de la visite sans se fouler un neurone.

Pour la suite du programme, nous sortons de la ville et nous rendons à l'abbaye de Jerpoint, où le soleil nous fait la grâce de sa présence pour que nous puissions pique-niquer en toute sérénité. Place ensuite à la visite et à la minute culture : Jerpoint est une abbaye cistercienne construite en 1180, soit moins d'un siècle après la fondation de l'ordre en France. Aujourd'hui, pour cause d'Henry VIII, de schisme de l'église anglicane et de dissolution des monastères, il n'en reste que des ruines, catégorie modèle du genre.




L'endroit est surtout réputé pour ses sculptures ecclésiastiques et d'animaux étranges. On croise ainsi beaucoup de personnages sans tête sculptés dans les voûtes du cloître, et une espèce de dragon bizarre avec une queue serpentine. Les ruines abritent également une véritable colonie d'hirondelles qui passeront toute notre visite à piailler et à faire leurs prétentieuses avec des figures dignes de la Patrouille de France. Ajoutez à cela le retour du soleil, et vous obtenez une très belle visite.




Prochain arrêt : la grotte de Dunmore, grotte de calcaire apparue il y a 3 500 ans suite à un éboulement. C'est loin d'être la plus grande ou la plus profonde d'Irlande, mais elle descend tout de même à 46 mètres sous la surface. 350 marches pour descendre et autant pour remonter ! La température chute littéralement entre deux marches et on passe sans crier gare d'une moiteur étouffante à un tout petit 9 °C. Une fois arrivés en bas, on découvre des formations géologiques curieuses et une terminologie jamais entendue avant : stalagmites rocher (qui forment de gros furoncles sur le sol de la grotte), stalactites paille (creuses à l'intérieur), stalactite cascade ou encore pilier (la rencontre d'une stalactite et d'une stalagmite). C'est d'ailleurs ici qu'on trouve le plus haut pilier calcaire du pays (environ 6 m), surnommé Market Cross.


Market Cross se trouve au milieu

Les explications géologiques et historiques de la guide sont très intéressantes, mais on en profiterait davantage sans la horde d'adolescents italiens qui cumulent les pires défauts de ces deux états : ils sont bruyants, n'écoutent rien et parlent en même temps que la guide, passent leur temps sur leurs téléphones portables (il y a du réseau au fin fond des grottes irlandaises, qui l'eût cru !) et montent sur les barrières pour toucher les stalactites pendues au plafond. On en aurait bien "oublié" quelques-uns au fond de la chambre la plus reculée et éteint la lumière en sortant... Mais il faut bien faire avec, et on ne va pas laisser de jeunes imbéciles nous gâcher notre plaisir.

On a fini dans Alien...

La remontée à la surface est un peu raide, et il faut gérer l'apparition subite de buée sur les lunettes et l'objectif de l'appareil ! Il faut dire qu'il y a plus de 15° d'écart entre tout en bas et tout en haut... Après nous être offert une glace au café du site, nous décidons de rentrer nous reposer un peu à l'hôtel de Kilkenny avant le dîner. Ce soir étant un vendredi, il est plus sage d'éviter les pubs et de nous rabattre sur un établissement plus axé restauration. On veut bien s'immerger dans la culture locale, mais il y a des limites !

Un peu de gris, pas mal de bleu !

jeudi 17 juillet 2014

Irlande, jour 3 - Les monts Wicklow

Notre road-trip commence sous un soleil qui n'a absolument rien d'irlandais : à 9h30, heure à laquelle nous quittons Dublin, il fait déjà près de 20° ! Pierre est le premier atterré et le seul à se plaindre. D'accord, le soleil, ça ruine le bronzage geek, mais vu le programme du jour, c'est tout de même préférable à la pluie !

Cette première journée nous conduit dans les montagnes du Wicklow, une véritable carte postale irlandaise à base de collines couvertes de bruyère et de moutons qui empiètent sur la route. Nous commençons par nous arrêter à Powerscourt, un site que les Dublinois aiment à venir visiter le dimanche. Le manoir 18è ne se visite pas, mais les superbes jardins qui l'entourent valent à eux seuls le déplacement. Il y a là environ 200 espèces d'arbres et d'arbustes (dont des séquoias qui ne dépareilleraient pas aux Etats-Unis), des fleurs dont on ne connaît même pas le nom, un mini-cimetière pour animaux de compagnie (dont deux poneys et deux vaches ; si si...), un jardin japonais, un jardin clos... C'est superbe et très dépaysant.



Autre curiosité de l'endroit, une tour décorative plantée au milieu des jardins et dont le design est basé sur... la poivrière préférée d'un des lords de la maison. On préfère y voir la tour de Raiponce, c'est tout de même plus romantique. On aimerait que la technologie nous permette de vous offrir les photos avec les odeurs des fleurs et les bruits des oiseaux en prime pour profiter pleinement de la beauté des lieux, mais il faudra faire avec un simple visuel !



A 5 km du manoir et de ses jardins coulent la cascade de Powerscourt, la plus haute d'Irlande avec ses 121 mètres (vous entendez ce bruit ? Ce sont les Islandais qui sont morts de rire). Accessoirement, quelques scènes du film Excalibur de John Boorman y furent tournées (n'allez pas vérifier, le film n'est pas très bon, même si ça n'engage que moi...). En ce mois de juillet 2014, on n'y trouve pas Arthur et Lancelot se tapant dessus, mais des familles entières dont les enfants ont carrément sorti les maillots de bain. Oui, il fait vraiment chaud, et oui, à condition de ne pas être trop frileux, il est possible de faire trempette dans la cascade. Marie-Noëlle, grande courageuse, va y tremper les pieds pendant que le reste de la troupe crapahute sur les rochers. Mine de rien, c'est du sport ! Heureusement que toute cette eau est là pour rafraîchir l'atmosphère.



Nous reprenons ensuite la route pour rejoindre Glendalough et le Wicklow Mountains National Park, qui permet de belles randonnées. En chemin, nous nous arrêtons pour pique-niquer au bord d'une petite rivière aux eaux très sombres, au milieu des collines pleines de rien. Malgré la présence d'autres touristes, c'est un endroit vraiment idéal pour une pause.

Après des kilomètres de route au milieu de nulle part, nous faisons un arrêt à la sauvage pour observer Luggala Lake, un lac noir entouré de collines. Encore un lieu de tournage d'Excalibur, tiens... C'est la que la famille Guinness cache son manoir, son grand parc parsemé de daims et sans doute la recette de sa bière. Et qu'il ne vous prenne pas l'envie d'aller sonner pour le thé (ou pour une pinte, plutôt), parce que la route qui mène au manoir est bien surveillée ! Le site est vraiment sidérant de beauté. On s'installerait bien si les voisins n'étaient pas aussi sourcilleux...



Après une graaande boucle autour des collines, nous rejoignons finalement le visitor's centre de Glendalough, "la vallée des deux lacs" dans le texte, point de départ des randonnées dans le parc national. Là encore, le site est très touristique et fréquenté par énormément de familles venues profiter du beau temps. Au 6è siècle, l'ermite Kevin (devenu saint par la suite, s'il vous plaît), s'installa sur les bords du lac supérieur et posa ainsi les bases d'une grande cité monastique. Les Vikings ayant fait leur boulot de Vikings, il ne reste aujourd'hui que des ruines, mais c'est largement suffisant pour parler au cœur du touriste romantique.



La journée ayant déjà été bien remplie, nous optons pour la randonnée la plus courte (3 km aller/retour), qui longe le lac inférieur et permet de découvrir au moins un petit bout du lac supérieur. Sur les bords du lac, on regrette vraiment d'avoir laissé les maillots de bain et les serviettes dans la voiture, car piquer une petite tête ne serait pas de refus ! Pour nous consoler, nous nous rabattons sur des glaces à mi-parcours, puis nous prenons le chemin du retour vers la voiture, de l'autre côté du lac inférieur.



Le trajet jusqu'à Kilkenny, notre étape pour ce soir, est un peu compliqué : en effet, le GPS n'a plus de batterie et l'allume-cigares ne semble pas marcher. Impossible donc de le recharger ! Il faut se rabattre sur environ 4 bouts de cartes récupérés au visitor's centre et dans le guide pour trouver notre chemin jusqu'à Kilkenny et notre hôtel. Avec Pierre au volant et Benjamin, qui mérite plus que jamais son surnom de "GPS humain", en guise de copilote, nous arrivons à destination en ayant mis à peine 30 minutes de plus que le temps prévu au départ. Bravo l'artiste !

Pour se remettre de toutes ces émotions, un dîner au pub s'impose. Sur les conseils du propriétaire de l'hôtel, nous nous rendons au Marble City Bar, un pub qui a remporté à peu près tous les prix distinguant la pub food en Irlande, et ce, plusieurs années de suite. Autant vous dire que nous avons bien mangé ! Sans compter les musiciens qui interprètent en live chansons populaires et musique traditionnelle, et notre petite voisine, une adorable Asiatique d'à peine un an, qui monte tranquillement sur les genoux de Marie-Noëlle pour danser avec elle (avant d'aller faire fondre la moitié des autres clients). Une sacrée dose de souvenirs en une seule soirée !

De belles photos ensoleillées !

mercredi 16 juillet 2014

Irlande, jour 2 - Dublin

Deuxième jour d'exploration dublinoise, et les dieux de la météo ont décidé de faire mentir tous les clichés : nous quittons l'hôtel un peu avant dix heures, sous un soleil qui promet de bien belles choses pour le reste de la journée.

Notre programme nous emmène d'abord à Dublin's Castle, qui se dresse là depuis l'époque des Vikings. Enfin, disons plutôt que l'actuel château occupe un terrain qui correspondait autrefois à une place forte viking, puis à un château médiéval, avec douves et tout le tremblement. Il ne reste pas grand-chose des bâtiments médiévaux, en dehors d'une tour et de quelques fondations de murs. C'est d'ailleurs par la partie archéologique que commence la visite guidée. On y apprend, entre autres, que Dublin était à l'origine une petite colonie fondée par des Vikings qui n'avaient aucune envie de rentrer au pays en hiver pour déblayer la neige. On peut dire ce qu'on veut du temps irlandais, il est toujours plus clément qu'en Norvège/Danemark/Suède.



Avance rapide d'un bon millénaire, et nous voici dans la partie du château reconstruite au 18è siècle pour servir de résidence aux vice-rois anglais jusqu'à l'indépendance en 1922. Ce n'est pas Buckingham Palace, mais on a tout de même droit à une salle du trône et à une magnifique salle de bal, le Saint Patrick's Hall, dont le plafond à lui seul vaut le détour. Sans oublier la petite exposition temporaire consacrée au travail du designer Alec Cobbe, dont les superbes menus de grandes occasions faits à la main nous mettent méchamment l'eau à la bouche. (Figurez-vous que la Reine d'Angleterre sert quasi-systématiquement de la volaille en plat principal. Vous le saurez la prochaine fois qu'elle vous invitera !)



Curieusement, le clou de la visite est certainement la chapelle royale, redevenue catholique après l'indépendance. L'endroit est minuscule, mais les vitraux sont superbes et l'orgue est tout simplement le plus beau que nous ayons jamais vu. Un sacré concentré de belles choses dans un tout petit coin !



Puisque nous en sommes aux églises, nous nous rendons ensuite à la cathédrale Christ Church, érigée au 12è siècle, passée au protestantisme au 16è et rénovée à la mode gothique au 18è. L'extérieur, très impressionnant, à dû inspirer plus d'une scène à Bram Stoker quand il écrivait Dracula... L'intérieur, protestantisme oblige, est beaucoup plus dépouillé. Le plus intéressant se trouve dans la crypte : c'est là qu'est exposé le trésor de Christ Church, qui comporte, entre autres, un chat et un rat momifiés après s'être retrouvés coincés dans l'un des tuyaux de l'orgue, et quelques costumes originaux de la série Les Tudors, tournée en grande partie en Irlande. Les statues et la vaisselle en or ? Trop classique !



Pause déjeuner à base de pub food (mais quelle pub food : le saumon, le bœuf et le fromage de chèvre sont exceptionnels), puis nous passons à l'autre grande église de la ville, version catholique cette fois. Une fois les portes franchies, la cathédrale Saint Patrick (on la voyait venir, celle-là) offre bien plus de quoi s'occuper que sa grande sœur Christ Church : on ne compte plus les monuments funéraires à de grands noms de l'histoire irlandaise, dont Carolan, le dernier barde itinérant, et un certain Jonathan Swift, qui fut doyen de la cathédrale. On y trouve aussi une exposition touchante sur les soldats irlandais tombés comme des mouches pendant la Première Guerre mondiale, alors même que leur pays était en pleine guerre civile.



Pour la prochaine étape, nous revenons sur nos pas pour nous rendre à Dublinia, un musée multimédia ludique qui permet de découvrir quatre siècles d'histoire de Dublin. Le premier étage, consacré aux Vikings, est l'occasion pour Pierre de comparer son look à celui des Olaf, des Sven et autres Sitric Barbe-Soyeuse (sans rire, c'était le nom du premier roi viking de la ville. Ça ressemble plus à un nom de nain chez Tolkien, si vous me demandez mon avis...). Au deuxième étage, on plonge dans le Moyen-Age, tandis que le troisième nous explique comment les scientifiques mènent des recherches archéologiques de nos jours. Tout est expliqué à travers des mannequins, des maquettes, des reconstitutions et des jeux. Si on fait abstraction des hordes d'ados français et italiens qui braillent dans les allées, c'est vraiment très intéressant et enrichissant.



Nous avions prévu de terminer la journée par la visite de la distillerie Jameson, mais une fois arrivés sur place, nous apprenons que toutes les visites guidées sont complètes pour le reste de l'après-midi. Plutôt que de remplacer cette visite par une autre, nous décidons de rentrer à l'hôtel pour nous reposer un peu avant le dîner. Ce n'est pas qu'on s'en plaigne, mais il fait très chaud et nous visitons tout à pied... Au menu de ce soir, un barbecue mongol à volonté ! Le principe : on remplit un bol de tous les ingrédients qui nous font envie, et on donne le tout au cuistot pour qu'il le fasse cuire sur plaque chauffante. Dégustez et répétez l'opération autant de fois que nécessaire ! Ce n'est pas exactement typique, mais pour nous, c'est une découverte bien sympathique.

C'est parti pour les photos !

mardi 15 juillet 2014

Irlande, jour 1 - Dublin

Deux mois et demi après notre retour du Japon, nous voici repartis sur les routes... mais un peu plus près de la France, cette fois-ci. Après l'Irlande du Nord l'an dernier, il fallait bien attaquer le sud ! L'excuse étant toujours la même, rendre visite à Pierre (qui a quitté Belfast pour aller s'installer à Galway), c'est encore une fois à quatre (Marie-Noëlle incluse, donc) que nous partons à l'aventure. Et quoi de mieux qu'un réveil aux aurores pour bien commencer les vacances ? Nous nous sommes levés ce matin à rien moins que 5h30 pour ne pas manquer l'avion de 10h15. A noter que le trajet Boulogne-aéroport est aussi long que le vol Paris-Dublin. Vivement le réseau de transports en commun du Grand Paris...

Après de loooongues files d'attente à l'aéroport (la moitié des gens qui prennent l'avion ce matin n'ont pas l'air d'avoir l'habitude) et un vol très court, nous atterrissons à Dublin, où nous retrouvons un Pierre en pleine phase "William Holman Hunt rentrant de Terre Sainte". Quoique, c'est peut-être simplement "Viking perdu", allez savoir. Quelques formalités supplémentaires plus loin, nous prenons possession de la petite Renault qui nous accompagnera pendant deux semaines. Enfin, petite... Il y a suffisamment de place dans le coffre pour caser deux grosses valises et plusieurs besaces et sacs à dos. C'était la seule angoisse du séjour, la voilà balayée !

Premier contact avec la capitale irlandaise : le pub. Ne voyez donc pas le mal partout, c'est seulement pour déjeuner. Pour faire couleur locale, nous optons pour une formule soupe/pain maison avec du beurre salé/sandwich, le tout arrosé d'une pinte de cidre pour fêter les vacances. Miam. Une fois rassasiés, nous allons prendre possession de nos chambres à l'hôtel, une petite guesthouse dans une rue qui semble ne compter que ça. Les toilettes sont sur le palier et les fenêtres sont en papier à cigarette, mais l'endroit a son charme. Le temps de poser (littéralement) les valises et de se rafraîchir un peu, il est déjà 15 heures. L'après-midi sera forcément court, alors autant marquer le coup.

Et "marquer le coup", à Dublin, c'est aller voir Trinity College, université nichée au cœur de la ville, par où sont passés ni plus ni moins qu'Oscar Wilde, Bram Stroker ou Jonathan Swift. Tout de suite, ça pose le niveau.



En dehors de son espèce de campanile central, l'université elle-même n'a pas grand-chose à envier à une Sorbonne ou à des campus américains plus récents. Là où elle joue dans une catégorie trèèès éloignée des autres, c'est au niveau de sa bibliothèque. La vieille. Celle sur laquelle Disney a dû copier pour La Belle et la Bête, avec les échelles qui montent jusqu'au sommet des rayonnages et des bustes de grands auteurs alignés le long des murs. Les amatrices de vieux papiers sont sur un petit nuage... Nous avons également la chance de visiter la Long Room, ainsi qu'on appelle cette partie de la bibliothèque, alors que sont exposés des dessins retraçant les faits marquants de la vie de Brian Boru, qui n'est pas juste un truc connu qu'on joue à la harpe, mais également le premier empereur d'Irlande. Au milieu des livres sans âge, des manuscrits encore sous verre encore plus anciens et de la harpe en bois du XVè siècle devenu l'emblème de l'Irlande (et de la brasserie Guinness par la même occasion), l'ambiance bande dessinée pourrait choquer. Et pourtant, les dessins s'intègrent parfaitement à l'ambiance.



Mais Trinity College, c'est aussi et surtout une superbe collection de manuscrits enluminés des Évangiles vieux de plus d'un millénaire, dont le célébrissime Livre de Kells. La chose elle-même est exposée sous du verre plus épais que le pare-brise de la papamobile, dans une pièce à la lumière très tamisée, et on ne peut donc en contempler "en vrai" qu'un nombre très réduit de pages. Mais une exposition très intéressante permet de découvrir des agrandissements des dessins les plus importants et des enluminures de plus petite taille qui émaillent le texte. Certaines capitales enluminées font se dire que les moines travaillaient probablement sous l'influence de certains champignons... (Photos interdites, vous vous en doutez.)



Après un tour par la boutique pour faire l'acquisition des exploits de Brian Boru version BD, direction Saint Stephen's Green, un parc dans lequel viennent se détendre les étudiants de Trinity. Il n'y a rien de particulier à y voir, mais on apprécie la balade au milieu des mouettes et des bébés cygnes, d'autant que la météo nous fait la grâce d'un après-midi sec, avec quelques rayons de soleil en prime. Dans l'idéal, il faudrait que ça tienne deux semaines, s'il vous plaît et merci !



Déjà bien fatigués par cette première journée (5h30, vous vous rappelez ?), nous rentrons à l'hôtel par le chemin des écoliers, celui qui passe par la grande artère commerçante d'O'Connell Street et son General Post Office, ou GPO pour les intimes, lieu emblématique de l'insurrection de 1916. Sur les piliers de la façade, on aperçoit encore les impacts des balles anglaises... Pour conclure en beauté, nous allons dîner dans un autre pub, The Oval, pour déguster le premier Irish stew d'une longue série (c'est en tous cas ce qu'on espère), ainsi qu'un dessert sobrement renommé par nos soins Sainte Glace et Sainte Tourte aux Pommes. Oui, c'était bon à ce point.

Les quelques photos du jour.

dimanche 4 mai 2014

Japon, jour 23 - Tokyo et conclusion

Dernier jour oblige, nous nous accordons la première grasse matinée du séjour. Nous avions à l'origine prévu une excursion à Kamakura, une ville où les temples poussent comme des champignons, mais le site est à une heure de train de Tokyo et nous n'avons tout simplement pas le courage d'y aller. Ce ne sont de toute façon pas les temples qui ont manqué pendant ces trois semaines !

À la place, nous préférons boucler quelques étapes inachevées, à commencer par l'Université de Tokyo : lors de notre tout premier jour, Benjamin avait été frustré de ne pas trouver le bâtiment qu'il cherchait (présent dans Love Hina, comme le Budokan d'hier), mais après avoir interrogé le tout-puissant Google, nous l'avons enfin localisé. Sauf que le bâtiment en question disparaît sous les échafaudages. Mauvais karma, quand tu nous tiens...

À quelques stations de métro de là, retour à Akihabara. Nous n'avons pas trouvé le quart de la moitié de ce que nous cherchions hier, et il y a des gens à ne pas décevoir. Là encore, c'est grâce à Google (et au sens de l'orientation de Benjamin qui continue de fonctionner malgré la fatigue) que nous trouvons un magasin de mangas qui propose enfin ceux que nous cherchons. Pas de maid café aujourd'hui, nous avons eu notre dose de rose pour les deux décennies à venir !

Dernier arrêt après le déjeuner : le musée national de Tokyo, idéal pour occuper trois bonnes heures avant d'aller prendre l'avion. Ce n'est pas exactement le Louvre, mais il y a tout de même de belles choses à voir, à commencer par la Galerie du trésor d'Horyu-ji. Horyu-ji, ce sont les fameux plus vieux bâtiments en bois du monde que nous avons visité à côté de Nara il y a une dizaine de jours. Il faut croire que le trésor (des statues de Kannon, surtout) est plus en sécurité dans un bâtiment moderne avec détecteurs de fumée et extincteurs que dans un temple qui peut brûler à tout moment !




Direction ensuite la "galerie japonaise" pour une découverte accélérée de l'art et de la culture locaux, de l'introduction du bouddhisme au 6è siècle à la Seconde Guerre mondiale. Il y en a pour tous les goûts : les habituels Bouddhas en bois qui n'ont jamais vu une termite en 1 500 ans, de très beaux katanas, des armures aux casques franchement douteux, des portes peintes, des peintures sur soie... Un résumé rapide et complet de tout ce qui a fait et fait encore le Japon.




Quelques photos supplémentaires.

Lorsque nous quittons le musée (en mode zombie, il y a longtemps que nos cerveaux ont cessé de fonctionner), c'est pour regagner notre hôtel à Asakusa et récupérer nos valises. Nous avons de la chance, la ligne de métro la plus proche nous conduit directement à l'aéroport de Narita. 1h15 de trajet, tout de même... Et nous avons encore près de 24 heures d'avion (et d'attente à l'aéroport) avant de rentrer au bercail. Sans doute la partie la moins agréable de nos voyages !

Conclusion

On peut dire sans trop exagérer que ce voyage aura été mémorable et riche d'enseignements. On rentre avec un gros paquet de souvenirs et une liste de choses à refaire d'ici quelques années pour en profiter dans de meilleures conditions (des temples pas démontés, d'autres temples moins Ikéa, des châteaux sans échafaudages...).

Quelques points plus précis en vrac :
- La barrière de la langue est toujours présente, même si les gens sont adorables et se mettent en quatre pour vous aider. On pense encore à ce couple qui nous a remis sur la bonne route, le jour où nous avons pris possession de la voiture, de façon totalement désintéressée et en ayant seulement compris le nom de la ville que nous cherchions.
- Le Japon n'est pas l'ami de la voiture. Mais alors vraiment pas. Devoir payer le parking à l'hôtel, c'est un peu douloureux.
- La nourriture japonaise, c'est bien, c'est bon, mais au bout de trois semaines, ce n'est plus possible. Nous sommes tellement carencés en sucre, fibres, fruits/légumes et calcium que nous sommes prêts à tuer pour un combo steak/haricots avec yaourt en dessert. Cela dit, deux kilos en moins chacun, ça compense !
- Les Japonais sont fous et ont la manie de la reconstruction et du déplacement. Il n'y a pas un édifice dans ce pays qui soit d'origine ou à son emplacement de départ.
- Tout a un sens, qu'il s'agisse du nom d'un lieu, de son emplacement, de son orientation, etc. Évidemment, pour en profiter pleinement, il aurait fallu parler japonais. Et mieux comprendre le bouddhisme et le shintoïsme. Mais ça, on a vraiment eu du mal : plus on en apprenait, moins c'était clair !
- Nous savons désormais reconnaître deux kanjis ("rivière" et "montagne") et deux mots complets ("entrée" et "sortie"). Ouais, vive nous ! Encore un petit effort et on pourra bientôt lire Murakami dans le texte !