dimanche 1 janvier 2017

Nouvel An au cercle polaire, jours 3 & 4 - Huskys, rennes et soirée crêpes

Le premier jour de 2017 est placé sous le signe des animaux ! Nous n'avons pas fait assez de photos depuis le début du séjour, il faut bien compenser quelque part... Après le petit-déjeuner et la désormais traditionnelle séance d'habillage de survie (le thermomètre annonce -20°, ce qui justifie bien de porter un bonnet par-dessus la cagoule), nous prenons le bus pour le chenil de huskys de Torassieppi, le plus grand d'Europe avec environ 400 toutous. Au programme de la matinée, initiation à la conduite d'un traîneau de chiens et safari d'une petite dizaine de kilomètres. Le traîneau, c'est plus simple que la motoneige : le musher s'occupe du frein et les chiens font le reste !



Un attelage se compose de six chiens : six boules d'énergie qui n'ont aucune patience, aboient à qui mieux mieux, se roulent dans la neige, se sautent à la gorge et s'emmêlent les pattes dans leur harnais. Autant dire qu'ils ont envie de partir en courant et que ça se sent. Ca tombe bien, c'est ce qu'on leur demande ! Benjamin est le premier à prendre la direction de l'attelage, histoire de juger de la difficulté de la manœuvre. Finalement, rien de bien compliqué une fois qu'on a appris à appuyer de tout son poids sur le frein pour empêcher les piles électriques sur pattes de dépasser les copains. C'est même tellement simple que nous échangeons nos places sur le traîneau à mi-parcours et que bibi termine la balade au "volant". Malgré le froid sévère, la neige qui tombe pour compléter le tableau et les arrêts très (voire trop) fréquents pour s'assurer que tout le monde suit, la balade au milieu des paysages enneigés et presque vierges est vraiment exceptionnelle. Nous sommes tombés sur des turbo-chiens qu'il faut retenir en permanence, y compris dans les montées, pour ne pas se faire embarquer jusqu'en Norvège. A chaque freinage, les deux chiens de tête se tournent vers nous et nous dévisagent d'un air à la fois déçu et agacé, que l'on traduit très facilement par : "Les humains sont de gros rabat-joie". Peut-être, mais au moins, nous ne sommes pas rentrés dans le traîneau de devant, nous n'avons pas versé dans le fossé et nous n'avons pas changé de pays sans nous en rendre compte !



Après cette belle balade qui nous aura pris beaucoup plus de temps que prévu (1h15 contre environ 45 minutes en temps normal), il est temps de passer au déjeuner. Les apprentis mushers qui auraient aimé récupérer leurs doigts et leurs orteils dans un restaurant chauffé en sont pour leurs frais, car ce midi, nous mangeons dans... un igloo. On a connu mieux pour se réchauffer, mais l'expérience vaut le détour ! Seuls les sièges sont en bois, tout le reste est à 100% composé de glace, y compris les plateaux de table. Les murs sont sculptés et les plus courageux peuvent même choisir d'y passer la nuit. J'en connais qui ont réussi à geler en camping en Bretagne en plein mois d'août, donc merci, mais non merci... En revanche, le déjeuner ne pose pas de problème particulier, à condition d'éviter de poser son assiette ou son verre de meru (du jus d'airelles chauffé) sur la table et de remettre les mains dans les moufles entre deux services. Au menu, ragoût de pommes de terre aux rennes. On n'allait pas manger des hamburgers dans un igloo, quand même !



Le repas avalé, nous n'avons que 500 mètres à parcourir à pied pour accéder à la ferme de rennes de Torassieppi, classé au patrimoine mondial de l'Unesco car il s'agit d'une des rares habitations de Laponie à ne pas avoir été détruite par les Allemands en 1944 (le IIIè Reich n'a pas apprécié que son allié finlandais se permette de signer une paix séparée avec la Russie après leur tentative d'invasion ratée). Le renne, c'est un peu le couteau suisse (ou le cochon, ça dépend du point de vue) des Lapons : la viande, les os, la peau, les bois, les sabots, TOUT sert. Sans rennes, la vie est Laponie aurait été impossible. D'ailleurs, pour la minute culture, les motoneiges ne les ont remplacés pour le transport qu'à la fin des années 1960. Quant aux raquettes et aux huskys, ce sont des importations récentes destinées aux touristes, les Lapons préférant les skis de forêt quand il faut impérativement se déplacer sur leurs propres pattes.



La visite commence par un rapide tour en traîneau tiré par un renne autour de ce qui doit être une espèce de paddock en été mais ressemble juste à une grosse galette de neige en ce premier jour de 2017. Heureusement que nous sommes protégés par une grosse couverture (qui n'aurait d'ailleurs pas été de trop pendant le safari en chiens), parce qu'à la vitesse où avancent les quadrupèdes, on a le temps d'attraper la mort. On espère que ça avance mieux quand il s'agit de transporter le Père Noël ! Le temps que l'ensemble du groupe fasse son petit tour (il n'y a que 5 traîneaux sur lesquels on peut monter à deux), nous allons faire plus ample connaissance avec les rennes qui paissent bien sagement dans leur enclos. Rudolph, Tornade, Comète et Cupidon sont peut-être très doués pour trouver de quoi manger sous un mètre de neige, mais quand les humains viennent leur apporter un petit extra, personne ne fait la fine bouche. On a testé pour vous, le poil de renne est tellement épais et dru qu'on peut y enfoncer les doigts jusqu'à la deuxième phalange. Il faut bien ça pour résister à 6 mois d'hiver dans la région !




Suite de la visite avec le corps de ferme, qui ressemble à tous ses homologues du monde à l'exception des costumes traditionnels lapons accrochés au mur. Les pièces sont grandes et chaleureuses, avec leur ameublement et leurs outils d'époque, mais s'ils devaient passer leur hiver calfeutrés là-dedans, les habitants devaient avoir le temps de devenir claustrophobes. De l'autre côté de la cour, un petit musée expose les outils utilisés par les Samis (les Lapons d'origine, présents dans le coin depuis environ 15 000 ans, ceux qui ont les yeux bridés et que les Finlandais ont allègrement envahis et persécutés, façon Indiens d'Amérique) et les éleveurs modernes pour s'occuper des rennes et survivre à l'hiver. C'est l'occasion d'une formation accélérée, dispensée par Juha, sur l'élevage de rennes, les prédateurs naturels du bestiau (glouton, ours, loup et aigle) et les différentes façons de l'accommoder. Tout ça est très exotique pour des touristes français, jusqu'à ce que le très pragmatique Juha fasse un parallèle avec les vaches normandes. Tout de suite, ça perd en glamour...




La nuit commence à tomber (même si, au rythme où elle va, elle ne risque pas de se faire mal) et il faut déjà rentrer à l'hôtel. Il faut avouer que passer cinq heures dans le froid n'est pas de tout repos et que nous ne sommes pas fâchés de retrouver notre chambre et son radiateur. Pour nous détendre un peu, nous allons faire un petit tour dans le sauna à pierres traditionnel. Vraiment petit, le tour : il fait 75° à l'étage, à peine moins en bas, et on comprend ce que doit ressentir un saumon en train de griller sur son feu de bois. Benjamin tente vaillamment de se plier à la coutume locale, à savoir plonger dans le lac après avoir bien transpiré (2°, bonjour le choc thermique !), mais même pour lui, l'expérience est trop rude. Inutile de préciser que je n'ai même pas essayé... Quelques coupes de champagne gracieusement offertes par le tour opérateur nous attendent à côté du spa, mais nous sommes pratiquement les seuls présents et les accompagnateurs menacent de mettre les flûtes non consommées à la poubelle. Alors on se dévoue pour les finir, parce que gaspiller du champagne un 1er janvier, c'est un crime. Autant dire qu'il n'aurait vraiment pas fallu plonger dans le lac après ça !

Pour donner à ce séjour un tout petit côté culturel, et pas seulement touristique, nous rejoignons le pub en fin d'après-midi pour un diaporama composé de photos prises par le frère, photographe professionnel et ami des Samis, de l'un des guides. On y découvre la faune lapone et la vie des Samis au fil des saisons, à travers des photos à la fois sublimes (parce que les photographes animaliers sont vraiment trop forts) et déprimantes (parce que je ne ferai jamais aussi bien). Le commentaire nous apprend entre autres que maman renne peut retarder la formation de bébé renne de deux mois s'il fait froid ou s'il n'y a pas assez à manger, que la sterne arctique parcourt 70 000 km par an en migration et que le glouton peut tuer 24 rennes en une seule nuit rien que pour épater une femelle. Ça peut toujours servir pour un Trivial Pursuit.



Et pour conclure le voyage avec l'art et la manière, le dîner s'ouvre par des entrées traditionnelles (renne, saumon et poissons fumés) et se termine dans un kota au bord du lac, avec des crêpes cuites au feu de bois. L'idéal aurait été de profiter d'une dernière aurore boréale, mais il a neigé toute la journée et le ciel reste bien bouché. On ne peut pas tout avoir et le reste du programme était déjà très satisfaisant !

Les amis des animaux sont de retour !

Le jour 4 est consacré à la restitution de l'équipement grand froid et au retour sur Paris (où il fait actuellement 0°, autant dire les grosses chaleurs après quatre jours passés à moins beaucoup). Rien de bien palpitant à raconter, donc, et il faut déjà penser à conclure le récit de ce séjour. Nous espérions du dépaysement en réservant notre package auprès du tour opérateur et le moins qu'on puisse dire, c'est que nous avons été servis ! Passer le Nouvel An sur la Lune n'aurait sans doute pas été plus exotique. Si nous n'avions qu'un souvenir à ramener avec nous, ce serait évidemment les aurores boréales, que l'on peut désormais rayer de notre liste de choses à faire/voir dans notre vie. Un voyage très court mais très riche en expériences incroyables que nous ne sommes pas prêts de refaire de sitôt.

Pour ceux qui voudraient faire exactement la même chose, il suffit de se rendre sur le site de Vivatours. Nous n'avons rien à y gagner, mais quand un voyage est aussi mémorable, il faut partager les bons plans !

samedi 31 décembre 2016

Nouvel An au cercle polaire, jour 2 - Ski de fond et bonne année !

Ouf, personne n'a été pris d'une envie de pipi en pleine nuit... Bien au chaud dans le dortoir du chalet, nous avons dormi d'une traite et rattrapé les 4h de sommeil de la veille. Après le petit-déjeuner commun autour de la grande table, nous remontons en selle pour rentrer à l'hôtel. Le soleil commence tout juste à se lever (feignasse) et nous pouvons donc profiter un peu plus du paysage qu'hier après-midi. Le trajet est un peu différent, un peu plus court, et surtout un peu plus froid : on perd vite son nez et ses phalanges à 60 km/h sur un lac gelé ! Voyant que certaines personnes maîtrisent mieux leur motoneige que d'autres, notre guide, Juha, emmène une partie du groupe sur un chemin un peu plus corsé pendant que les plus prudents retournent à l'hôtel par la piste classique. Les virages sont moins larges, plus difficiles à prendre, et plusieurs motoneiges (dont la nôtre) finissent couchées sur le bord du chemin. L'avantage du bon mètre de neige qui recouvre tout, c'est qu'on ne risque pas de se faire mal en tombant !



Deux petites heures de détente, déjeuner, puis nous voilà à nouveau couverts de pied en cap pour une petite balade en ski de fond autour de l'hôtel. C'est l'occasion de découvrir la nature lapone à un rythme un peu plus détendu qu'en motoneige, et de s'émerveiller sur la quantité phénoménale de neige que les branches et les fils électriques peuvent amasser avant de s'effondrer. En dehors de la piste, tout est d'un blanc immaculé et complètement silencieux. Laisser le gros de la troupe s'essouffler devant et traîner un peu est le meilleur moyen d'en profiter en toute tranquillité... même si ça ne facilite pas le trajet et qu'il faut toujours méchamment forcer sur les bras pour avancer. Il fait -15 (on a vérifié avant de partir) et pourtant, nous sommes en nage quand nous rentrons à l'hôtel.



On ne dirait pas, comme ça, mais le froid et l'exercice sapent sacrément les forces. Plutôt que de nous rendre au spa et au sauna cet après-midi, nous optons donc pour l'atelier sieste, car il faut bien tenir au moins jusqu'à minuit ce soir. En tout début de soirée, nous avons droit à un spectacle de magie au pub de l'hôtel, qui passe encore mieux avec un verre de cidre local. On a beau avoir le magicien pratiquement sous le nez, impossible de découvrir les trucs que cachent ses tours. La magie, c'est agaçant...

A 20h30, tout le monde au restaurant pour un dîner de circonstance. Ici, foin de chapon ou de Saint-Jacques à la bretonne ; les Finlandais fêtent Noël au jambon à l'os et le Nouvel An à l'entrecôte d'élan, de la viande rouge à mi-chemin entre le rosbif et la langue de bœuf (ça a l'air étrange, présenté comme ça, mais ça se mange). Ajoutez à cela du saumon littéralement pêché dans le lac à 200 mètres, de la tarte aux bleuets et un apéritif à base de vodka, de Sprite et de de jus d'airelles, et vous obtenez un repas aussi local que possible.



A 22h, nous rejoignons le deuxième restaurant de l'hôtel, au bord du lac, pour une cérémonie un peu particulière qui consiste à faire fondre un fer à cheval en plomb sur un feu de bois, puis à jeter le plomb fondu dans un seau d'eau glacé. Les formes forcément bizarres qui en résultent sont utilisées pour prédire l'avenir. Bon, étant donné que Juha nous prédit un mariage à Las Vegas dans l'année, on se méfie un peu, mais le concept est rigolo et suffit à satisfaire les instincts de pyromane scientifique de Benjamin.

La cérémonie est interrompue par l'annonce d'une aurore boréale en formation au-dessus du lac. Ni une ni deux, tout le monde zippe la combinaison et se rue dehors pour le plus beau cadeau dont on pouvait rêver pour couronner les célébrations du Nouvel An : une aurore magnifique, comme sur les photos, qui oscille, change de forme et à certains endroits de couleur. Il paraît que c'est rare pour un 31 décembre, et nous sommes d'autant plus ravis que cette première aurore sera suivie d'une autre, tout aussi spectaculaire. Pour en profiter, l'idéal est encore de s'allonger dans la neige qui recouvre le lac tout en dissertant sur les merveilles dont est capable Mère Nature. On ne pouvait pas rêver mieux pour dire adieu à 2016 !


On a fait ce qu'on a pu avec l'appareil photo


Après une petite séance de chants digne d'un après-midi sur Nostalgie, l'ensemble des résidents de l'hôtel se rend à nouveau sur le lac pour le compte à rebours. A minuit pétante, un feu d'artifice est tiré à l'ancienne (c'est-à-dire à la main, et non à distance) depuis le milieu du lac, et on s'extasie sur la belle bleue et la belle rouge qui explosent au milieu de la troisième aurore de la soirée. Franchement, avec la coupe de champagne qui va bien pour arroser le tout, on ne voit pas trop quoi réclamer d'autre.

Nous sommes désormais officiellement en 2017, et pour nous, l'année commence de façon mémorable. Meilleurs vœux à tous !

Quelques photos en rab.

vendredi 30 décembre 2016

Nouvel An au cercle polaire, jour 1 - Chalet de Vuontis

A l'aventure, compagnons ! Pour notre dernier voyage de 2016 (et le premier de 2017, accessoirement), nous avons décidé d'aller passer le Nouvel An au pays du Père Noël, histoire d'être vraiment dans l'ambiance hivernale. Et d'aventure il est bien question dès notre lever, puisque nous sommes convoqués à Orly à 6h du matin, ce qui implique de se lever à 4h, après une nuit qui n'en était même pas une, et de gagner l'aéroport dans une purée de pois qui rend le trajet franchement pas rassurant. Mais on est en vacances, alors on ne va pas commencer à se plaindre.

Le vol pour Kittilä affrété spécialement par le tour opérateur (Vivatours, pour ne pas le citer) commence de la façon la plus classique qui soit, mais environ une heure avant l'atterrissage, le commandant de bord nous informe qu'une toute petite tempête de neige de rien du tout est en cours et que l'aéroport est totalement inaccessible. Rovaniemi étant à peu près dans le même état, nous sommes déroutés vers l'aéroport d'Oulu, où la météo est plus clémente et où l'avion peut au moins freiner sans risquer le hors-piste. Il faut voir le côté positif des choses : la Laponie connaît de plus en plus d'hivers verts et nous avions peur que la neige ne soit pas au rendez-vous, mais nous n'avons apparemment pas à nous inquiéter !



Comme nous n'étions pas attendus à Oulu, aucune salle n'est disponible dans l'aéroport pour les naufragés du ciel et nous devons par conséquent patienter dans l'avion. On aurait bien appelé le Père Noël pour se faire rapatrier à Kittilä en traîneau, mais il aurait fallu faire plusieurs voyages pour transporter tout le monde ; après son marathon de dimancher dernier, il ne faut pas trop lui en demander, au pauvre vieux barbu.

L'attente n'est finalement pas très longue et nous pouvons repartir au bout d'un peu plus d'une demi-heure. Nous arrivons à Kittilä avec environ deux heures de retard sur le programme, sur le coup de 15h... soit au crépuscule. Ici, à cette période l'année, le soleil fait le minimum syndical et ne pointe à l'horizon (pas plus) qu'entre 10h et 15h. Dans le bus qui nous conduit à l'hôtel Jeris, la représentante Vivatours égrène quelques chiffres rigolos : nous sommes à 200 km au nord du cercle polaire (ça fait haut), à 6 km de la Suède et à 60 km de la Norvège. Etant donné qu'on ne compte que 0,7 habitant au km², on est plus susceptible de croiser des rennes que des humains...

Après 45 minutes de route, nous arrivons à l'hôtel Jeris, sur les bords du lac du même nom. Une fois les valises posées dans les chambres, nous allons récupérer de quoi survivre pendant quatre jours au climat lapon : une grosse combinaison, une cagoule, des moufles, des moonboots et les chaussettes qui vont avec. Ce ne sera pas de trop pour le véritable safari qui nous attend : ce soir, nous dormons au chalet de Vuontis, un endroit complètement coupé du monde, en pleine nature, à 5 km de la route la plus proche. Et sans route, le seul mode d'accès, c'est... la motoneige !



La route, en Laponie, c'est pour les faibles. En hiver, les habitants du coin circulent TOUS à motoneige, ce qui leur permet de couper à travers les lacs gelés (il y a 167 500 lacs en Finlande, alors faire le tour à chaque fois, ça devient long) et les forêts enneigées. Quelques minutes d'explications pour apprendre à piloter l'engin, et c'est parti pour 30 km de trek, avec Benjamin au volant et bibi en passager. Il faut impérativement le permis pour conduire une motoneige, et un comprend assez vite pourquoi : ça a l'air d'un jeu, mais ce n'est finalement pas si simple ! Surtout quand il faut traverser trois lacs et que la météo un peu trop clémente (il fait -10 quand il devrait faire -30) a permis à la glace de dégeler légèrement. Dans ces moments-là, il faut ignorer l'instinct d'auto-conservation qui pousse à freiner à mort et, au contraire, accélérer pour ne pas rester coincé. C'est sportif !



Tout le monde n'ayant pas le coup de main de Benjamin avec la motoneige, l'arrivée à Vuontis se fait après environ 1h15 de trajet. Dépaysement et émerveillement garanti : l'endroit a tout juste l'électricité, pas d'eau courante, une bonbonne d'eau pour le lavage des dents et des mains, et des toilettes sèches à 150 mètres du chalet lui-même (rude pour les envies pipi nocturnes). L'avantage, c'est que nous sommes loin de la pollution lumineuse et que les aurores boréales sont pratiquement garanties. Après la visite des lieux, pendant que d'autres se rendent au sauna, nous nous équipons de lampes frontales et partons avec une poignée d'autres personnes pour une marche jusqu'à un petit pont où, selon notre guide finlandais parfaitement francophone, on peut voir des loutres (prononcez le mot "loutre" à Benjamin et il devient prêt à tout). Finalement, pas de bébêtes à fourrure à l'horizon, mais la randonnée à la lumière des lampes frontales avec de la neige jusqu'aux genoux met forcément dans l'ambiance !



Marcher, ça creuse. Et ça tombe bien, car le temps de rentrer au chalet, il est l'heure du dîner. Pour continuer dans l'authentique, ce soir, c'est saumon cuit au feu de bois dans un kota traditionnel, une grande cabane en bois au centre de laquelle brûle un grand feu. Sans doute le meilleur saumon que nous ayons jamais mangé ! Une fois le dessert expédié (pas sûre que la framboise soit de saison, surtout dans le coin), tout le monde se réunit autour du feu pour écouter le "shaman" local raconter la légende des géants lapons et nous baptiser tour à tour à coups de charbon et de pattes de lapin et de coq de bruyère. Ce n'est pas tous les jours qu'on franchit le cercle polaire et il faut bien marquer le coup !



On ne nous a pas menti, l'absence de lumière et le ciel dégagé sont de très bonnes conditions pour voir des aurores boréales. Pour finir la soirée en beauté, nous nous rendons donc sur le lac pour découvrir le "feu des géants". Ce n'est pas aussi spectaculaire que les photos souvent trafiquées de Google Images, mais on voit tout de même le ciel s'éclairer et les colonnes de lumière blanche se déplacer, et rien que ça, c'est impressionnant. Nous n'avons même pas tenté les photos, ce genre de spectacle s'apprécie en direct, sans mettre un écran entre soi et la nature. Finalement, entre la neige, le froid et les aurores boréales, la check-list du voyage est bouclée en une seule journée ! (Bon, sauf les loutres...)

Le temps de quitter notre équipement grand froid, il est largement temps d'aller se coucher. Malgré le retard de l'avion, la journée a été bien remplie et il faut reprendre des forces pour affronter le froid et le retour en motoneige de matin.

Des photos forcément sombres...

lundi 18 juillet 2016

Lanzarote, Canaries - Plongée et vidéos

Comme rappelé dans l'article précédent, l'intérêt de notre séjour aux Canaries, ce n'était pas la culture, mais la cure de vitamine D et surtout la plongée. L'objectif était de passer au niveau supérieur et de découvrir l'air enrichi. Et parce que ce n'est pas exactement du niveau du concours d'entrée en médecine, nous sommes rentrés certifiés Advanced Open Water et plongeurs Nitrox. Nous avons donc désormais le droit de plonger à 30 mètres et d'avoir plus de 21 % d'oxygène dans notre bouteille. Ça, c'est fait !

Notre dernier séjour plongée remontant à plus d'un an, il nous aura fallu quelques jours pour nous remettre dans le bain (l'expression n'aura jamais été aussi appropriée). C'est fou ce qu'on oublie en quelques mois... Mais grâce à la patience de nos formateurs, au bout d'une semaine, notre flottabilité était à nouveau à peu près décente. Reste que nos masques continuent à s'embuer et à prendre l'eau, ce qui devient un peu difficile à gérer quand il faut en prime penser à la flottabilité et à l'effet de la pression sur les oreilles...





Morceaux choisis (j'aime la musique cliché pour ces vidéos...)


Quelques informations en vrac :
- La visibilité est meilleure ici qu'à Malte. La faune aussi. Au programme : requins anges planqués sous le sable, crabes flèches, nudibranches, seiches, énormes thons, mérous, murènes, poulpes, cigales de mer, bancs entiers de sardines, poissons perroquets... Pour les baleines bleues, il aurait fallu venir plus tôt dans l'année (si si, en vrai).
- Le matos de plongée aurait-il perdu du poids depuis l'an dernier ?! Ah non, c'est moi qui fait de la muscu depuis un an !
- Certains plongeurs doivent avoir développé des branchies, il n'y a que ça pour expliquer notre différence de consommation avec eux. Un jour, nous aussi on finira une plongée avec 100 bars restants dans la bouteille au lieu de 30...
- La plongée depuis le rivage, c'est bien, mais depuis un bateau, c'était nouveau pour nous ! Le capitaine, Jorge, sait mettre l'ambiance... en aidant uniquement les filles à monter à bord et en demandant à "solo las chicas" de sourire sur les photos. Jorge aime bien les filles.
- Finalement, l'air enrichi, c'est pas le Pérou. Nos instructeurs maltais ne juraient que par ça, mais dans la pratique, 21 % d'oxygène ou 36, ça ne change rien. À part la profondeur à laquelle on peut descendre.
- Les manuels théoriques sont mal traduits rédigés pour faire peur et la pratique se passe infiniment mieux que la théorie ne le laisse penser. Non, personne ne meurt d'une narcose à l'azote dès 24 mètres. Non, on n'est pas dans Abyss à 30 mètres. Et non, pas besoin d'une thèse en biologie marine pour valider la plongée d'identification des poissons. C'est du loisir, après tout !
- Nous qui appréhendions la plongée profonde précisément par la faute des manuels théoriques, on serait finalement bien descendus plus bas ! Les 30 mètres arrivent extrêmement vite, surtout lorsque la visibilité est aussi parfaite. On aurait bien suivi le tombant jusqu'au fond, mais il nous serait sans doute arrivé des bricoles...





Plongée sur épaves



(Toutes nos excuses, tout ça est très bleu : il faut que nous investissions dans un filtre rouge pour corriger l'image.)

Merci à Géraldine et Eric d'Aquasport Diving pour leur accueil et leur encadrement tout au long du séjour, à Joseph pour sa patience quand je lui rentrais dans les palmes, à Yvan pour sa bonne humeur et ses blagues, et à tous les plongeurs croisés pendant la semaine pour leurs anecdotes, leurs conseils, leur camaraderie et leur gentillesse. On s'est bien amusés et c'est grâce à vous !

dimanche 17 juillet 2016

Lanzarote, Canaries - Terre ferme et photos

Les vacances purement farniente, à base de plage, piscine, plongée et sieste, on ne peut pas dire que ce soit notre tasse de thé, mais de temps en temps, ça fait vraiment du bien. Surtout quand la météo est restée bloquée en mode "Toussaint" du 1er décembre au 1er juillet (avec une variante "Apocalypse" en mai et juin), quand votre ville a été inondée et quand vous êtes au bord de la dépression et de la carence totale en vitamine D. D'où cette semaine passée sous le soleil de Puerto del Carmen, sur l'île de Lanzarote, dans l'archipel des Canaries. Ici, il y a à peu près deux saisons : l'été, de juin à septembre, et le printemps tout le reste de l'année. En ce début de mois de juillet, il fait 30° à l'ombre (on vous laisse imaginer la température en plein cagnard), l'eau est transparente et on se promène en maillot de bain dans les rues. Nos batteries à vitamine D avaient bien besoin de ça.



Comme lors de notre séjour aux Maldives, nos journées n'étaient pas suffisamment différentes pour justifier un article quotidien (plongée de 8h30 à 12h30, retour à l'appartement, déjeuner, à l'ombre jusqu'à 16h pour éviter le mélanome, une demi-heure pour se mettre de la crème solaire, piscine/plage, dîner, extinction des feux). C'est bien simple, nous n'avons RIEN visité en une semaine. Ce n'était de toute façon pas l'objectif : le principal intérêt de notre séjour, c'était la plongée, et de ce côté-là, nous en avons bien profité. Mais cela fera l'objet d'un article à part, quand nous aurons un poil monté les vidéos prises par Benjamin. En attendant, pour meubler un peu et pour présenter nos pauvres photos qui se battent en duel, voici quelques considérations générales sur l'île.



  • Malte nous avait parue désertique, mais à côté de Lanzarote, le caillou maltais est à peu près aussi vert que l'Irlande. Il faut dire qu'entre 1730 et 1736, une éruption volcanique ininterrompue a recouvert un quart de l'île de lave (vous n'aviez pas cru échapper à la minute culture, quand même ?). Ça n'encourage pas vraiment la verdure à pousser.
  • En parlant d'Irlande, la concentration de pubs irlandais dans cette île n'a rien à envier à Dublin. Et ce n'est même pas une façon de parler : comme on ne voulait pas qu'on nous accuse d'être sudistes, on a compté. Sur les deux kilomètres qui séparent notre appartement du centre de plongée, on est arrivé à 24. Explications prises auprès des patrons du centre, Lanzarote est une destination très bon marché pour les Irlandais, Anglais et Ecossais, qui trouvent ici le soleil qu'ils ont rarement chez eux. Ce qui explique la présence d'Irn Bru et de cidre Magners dans les supermarchés. Joie !

On n'en a fait qu'un, il ne faut pas exagérer...

  • Je ne sais pas si c'est une habitude dans les petites îles où il fait trop chaud, mais comme à Malte, il y a des chats partout. Certains n'aiment pas beaucoup les humains, mais d'autres n'hésitent pas à se frotter contre vous même quand vous portez une combinaison de plongée intégrale. Oui, c'est du vécu.
  • Ici, une annonce immobilière ne saurait être complète sans les photos de la piscine de la résidence. En plus grand que les photos de l'appartement lui-même. Les priorités, c'est important.
  • Parce qu'ils sont bons commerçants, les restaurateurs du cru vous offrent systématiquement le dijo après manger.

  • Notre réaction en posant le pied pour la première fois sur le sable en fin d'après-midi : "Par ma foi, ce sable est fort chaud. Voilà une situation des plus désagréables. Que n'ai-je emporté mes tongs afin de ne point me roussir la plante des pieds ?" Bon, en vrai, on n'a pas dit ça comme ça, mais j'ai envie de rester polie sur ce blog. Vous avez l'idée : ça brûle, quoi.

On revient très vite parler de notre expérience à 10 000 lieues sous les mers ! Bon, OK, seulement 30 mètres...

mardi 3 mai 2016

Bulgarie, jour 12 - Sofia

Dernier jour de notre séjour en Bulgarie, et avant de prendre l'avion, nous avons un peu de temps à consacrer à la visite de Sofia, vidée de ses habitants par le week-end de Pâques. Le contraste avec les embouteillages de la semaine dernière est sidérant ! À dix heures, nous retrouvons Pierre et Danika devant la cathédrale Alexandre-Nevski, un sacré monstre tout en dômes qui ressemble de loin à une grosse pièce montée. C'est même la plus grande cathédrale des Balkans et l'une des plus grandes du monde orthodoxe tout court. Contrairement à ce qu'on nous a affirmé à Trigrad, elle est même trop haute de 10 m pour entrer toute entière dans la Gorge du Diable.



À peine arrivés, nous sommes découragés par la file d'attente qui s'étire devant la cathédrale : nous pensons au départ qu'il s'agit de la queue pour assister à l'office de Pâques, et nous nous disons que nous ne pourrons jamais voir l'intérieur. Après vérification, les gens patientent en fait pour aller se recueillir devant les icônes, et il suffit de passer par une porte sur le côté pour entrer. Construite en l'honneur des soldats russes morts pendant la guerre russo-turque (oui, encore), la cathédrale Alexandre-Nevski est unique non seulement par sa taille, mais aussi parce qu'elle comporte un trône destiné au roi de Bulgarie. Malgré les habituelles fresques et les tonnes d'or qui couvrent le tout, l'intérieur est presque dépouillé tant les dômes sont hauts, et les travées, longues.



Dans le temps qu'il nous reste, nous laissons Danika, ancienne guide touristique, ouvrir la voie, et nous la suivons dans le cœur historique de Sofia. Nous découvrons ainsi, dans l'ordre, le Parlement, l'église russe Saint-Nicolas, la statue de Sofia, la résidence présidentielle, la rotonde Saint-Georges (le plus ancien bâtiment de la ville, qui date du 5è siècle), les ruines romaines de Serdica, les anciens bains publics et le jardin municipal. Le plus étonnant est sans doute le point d'eau où tout un chacun peut venir remplir des bidons entiers d'une eau à plus de 40° provenant des sources chaudes sous la ville.


Madame Sofia


Nous avions trouvé Sofia particulièrement laide à notre arrivée, mais nous n'en avions vu que les quartiers résidentiels, souvent vieux et moches, ou de travail, souvent récents et moches. Le centre historique, avec ses jolis bâtiments du 19è, relève largement le niveau. D'autant qu'il fait à nouveau très beau et que piétiner dans les rues pendant 2 heures est beaucoup plus agréable qu'à Nessebar. A midi, nous faisons escale dans un restaurant pour un dernier déjeuner tous ensemble, puis il est temps de se dire au revoir et de prendre le chemin de l'aéroport. Pierre ayant déjà la bougeotte, impossible de savoir où il sera dans un an, mais nous espérons bien ne pas attendre à nouveau deux ans avant de le revoir !


La rotonde Saint-Georges



Pour conclure, bien que les paysages bulgares soient à couper le souffle et vaillent la peine d'être vus, le pays n'est pas (encore) adapté aux touristes. Je l'ai assez rabâché pendant 12 jours, mais les sites touristiques sont très, très mal indiqués et les routes sont pour beaucoup dans un état catastrophique. Dans de nombreux cas, nous étions bien contents que Pierre soit avec nous pour assurer un minimum de conversation en bulgare, car l'anglais n'est pas aussi répandu qu'on le voudrait (la France n'a pas de leçons à donner à qui que ce soit en la matière, certes, mais il faut le souligner quand même). À la question : "Conseilleriez-vous de visiter la Bulgarie", la réponse serait oui... mais pas tout de suite. D'ici 5 ans, lorsque les infrastructures auront été améliorées, la destination sera sans doute beaucoup moins frustrante pour les touristes.


Les bains publics


Et pour finir en beauté, quelques informations en vrac :
- La douche à la bulgare n'est pas l'amie des salles de bains : le bac de douche est souvent absent et, dans le pire des cas, il n'y a même pas de rideau pour séparer la zone de douche, les toilettes et le lavabo. Conclusion, il faut pensez à aller faire pipi AVANT de se laver, sinon on a les pieds mouillés...
- Le mode de service au restaurant peut surprendre : par chez nous, on attend que l'ensemble des plats pour la table soit prêt avant de servir tout le monde en même temps (ou à peu près). En Bulgarie, on sert les plats au fur et à mesure qu'ils sont prêts en cuisine. Résultat, le premier servi (celui qui a commandé une salade ou une soupe, généralement) a souvent fini de manger avant même que le dernier ait reçu son plat.
- 99 % du temps, le dernier en question est Pierre. Allez comprendre pourquoi.
- En matière de conduite, tout n'est qu'information. Un stop ? Information, continuez à rouler, au pire l'autre voiture s'arrêtera. 90 km/h ? Information, vous pouvez bien rouler à 130 si vous voulez. Défense de dépasser ? La bonne blague, les virages dans lesquels on ne voit rien ne font peur qu'aux faibles !
- N'investissez pas dans le Petit Futé ou dans un GPS Tom-Tom. Ni pour la Bulgarie, ni pour ailleurs. Vous me remercierez.

samedi 30 avril 2016

Bulgarie, jour 11 - Le monastère de Rila

Notre petite abeille industrieuse d'hier se met à nouveau en quatre ce matin pour nous offrir un service formidable. Nous nous attendions à un petit-déjeuner bulgare traditionnel à base de tomate, de concombre et de siréné, mais nous avons en fait eu droit à de grosses tranches de pain couvertes de jambon et de fromage. Deux chacun. Avec des petits gâteaux maison à côté en prime. Autant dire que le déjeuner sera tardif ! Ca tombe bien, aujourd'hui, nous avons surtout de la route à faire, avec un arrêt au site le plus visité de Bulgarie : le monastère de Rila.

Pour y accéder, nous avons pas moins de quatre heures de route ce matin, à travers les paysages à couper le souffle des Rhodopes, entre petites stations de ski et villages où la vie n'a pas dû changer beaucoup depuis un siècle : nous croisons ainsi un cheval qui transporte du bois de chauffage, un autre qui creuse des sillons dans la terre avec une charrue, et des gens qui font paître leurs vaches ou leurs chèvres et ensemencent leur champ à la main. Dans cette partie de la Bulgarie, les villages sont largement habités par une minorité turque musulmane. Les premiers minarets à la place des clochers nous font un drôle d'effet, mais on s'habitue à tout !


Sur le chemin du parking au monastère



Au bout du chemin, et comme d'habitude sans aucune indication ou presque, nous trouvons le monastère de Rila, le plus grand et accessoirement le site touristique le plus visité du pays. Ça se voit d'ailleurs dès l'accès au parking : les plus proches du monastère sont pris d'assaut (il faut dire que cette veille de Pâques n'arrange pas les choses) et nous devons nous garer un bon kilomètre plus loin. Malgré les récriminations de Benjamin, qui commence légèrement à fatiguer après 1 600 km au volant, ce n'est pas un mal, car la nature environnante vaut bien de passer un moment dehors.


Que la montagne est belle, comme chantait Jean Ferrat...


Le monde entier (et le Petit Futé en prime) nous a conseillé de faire étape au monastère de Rila pendant notre séjour, mais nous ne sommes pas franchement époustouflés. On n'irait pas jusqu'à dire que nous sommes déçus, mais nous avons croisé d'autres monastères beaucoup plus paisibles et infiniment plus mignons pendant ces 10 jours de voyage. Alors certes, Rila est beaucoup plus grand, plus ancien, plus connu, plus tout, mais la quantité de visiteurs donne au lieu des airs de parc d'attractions plutôt que de monastère. Impression renforcée par le fait qu'il faut mettre la main à la poche pour visiter le moindre bâtiment, comme le musée ou la tour de Hrelja. Pour la sérénité et la quiétude, on repassera...



Bon, on ne va pas non plus faire la fine bouche, la visite valait quand même de faire "un peu" de route. Les fresques à l'extérieur de l'église, par exemple, sont spectaculaires, et les couleurs aussi vives que si elles avaient été peintes hier. Il y en a du sol au plafond sous les colonnades, avec en bonus une petite fontaine avec un zoziau doré au sommet. Histoire d'avoir une vue un peu différente sur le monastère, nous montons au sommet de la tour de Hrelja, la partie la plus ancienne du complexe (1335, quand même). Les fresques à l'intérieur n'ayant pas le même âge que celles de l'église (celle-ci a été reconstruite après un incendie au milieu du 19è siècle), elles ne sont pas dans le même état de conservation et il n'en reste que quelques morceaux au dernier étage. Mais la vue, quoi, la vue !



La visite est finalement assez courte, et à 15h, nous sommes déjà ressortis pour prendre un déjeuner tardif. Cette accumulation de marchands du temple autour des lieux de culte un tantinet importants est tout de même un peu surprenante, alors que le type le plus zen et le plus tolérant de la création s'est quand même mis très en colère à ce sujet ! Un repas pas franchement mémorable et 2h de route supplémentaires plus tard, nous voici de retour à notre point de départ, Sofia. Ce soir, nous reprenons nos quartiers dans le même hôtel et le même restaurant qu'à notre arrivée, toujours en compagnie de Danika.

Au fond, je crois que ce que nous retiendrons de cette journée, bien plus que Rila, ce sont les paysages sublimes que nous avons traversés. Et les cigognes. Mis à part l'Alsacien au volant, personne dans notre petit groupe n'avait encore vu de cigogne en vrai dans sa vie, et en voir pas moins de six en autant d'heures de route était assez incroyable !

Pour quelques photos de plus...