mardi 26 mai 2015

Malte, jour 4 - Encore le centre, et un peu le nord

Nos visites d'aujourd'hui sont un peu plus éparpillées que celles d'hier (en même temps, ce n'est pas difficile...), mais la proximité des différentes villes où nous nous rendons fait que notre temps de route reste très limité. Nous commençons par la ville de Naxxar (vous vous rappelez comment se prononce le X en maltais ?), qui s'enorgueillit se posséder l'un des rares palais privés ouverts au public de toute l'île. Avant de le découvrir, nous faisons un arrêt à l'église de la Nativité de la Vierge, juste en face. On commence à connaître la chanson : comme toutes les églises que nous avons vues jusqu'à présent, la déco décolle la rétine et les peintures sont sublimes. Il faut croire que le cahier des charges est très précis pour les lieux de culte maltais...



Une fois revenus dans un monde plus sobre, nous traversons la rue pour nous rendre au Palazzo Parisio. Construit à l'origine pour le Grand Maître des Hospitaliers Manoel de Vilhena, il a été agrandi, embelli et em-blingblig-isé par une grande famille sicilienne, connue pour avoir ouvert la première banque privée de l'île. Autant dire qu'il y a des sous et que ça se voit : les dorures du salon de musique donneraient des vapeurs aux décorateurs des églises maltaises et la balustrade du grand escalier est taillée dans une seule pièce de marbre, qu'il a fallu racheter trois fois avant de pouvoir l'installer (la première fois, le bateau a coulé ; la deuxième fois, le marbre a cassé ; la troisième fois, il a fallu demander l'aide de l'armée pour la déplacer ; c'est dur d'être riche). Nous visitons le palais et les jardins, très jolis et reposants, au milieu des décorateurs qui préparent le site pour un mariage. Il semblerait que le palais soit très prisé pour ça, et on peut le comprendre...



Direction ensuite la ville de Mosta (qui nous donne un peu de fil à retordre en matière de stationnement) et sa célèbre Rotunda, alias la plus grande église de Malte et le quatrième plus grand dôme non soutenu du monde. La façade est sobrement inspirée du Panthéon de Rome, et à l'intérieur, sans toutefois parler de sobriété, on peut dire que la décoration est moins dense qu'ailleurs. Comme le fait remarquer Benjamin, l'absence de piliers fait qu'il est difficile de mettre des tentures partout ! Au-delà de la plaisanterie, il faut avouer que le dôme est très impressionnant et qu'on se pose quelques questions sur les lois de la physique : ça tient, vous êtes sûrs ? Et quand des bombes traversent le plafond, comment ça fait pour tenir le choc ?! Oui, parce qu'en 1942, une bombe allemande est tombée à travers la coupole alors que 300 personnes étaient réfugiées là en attendant que l'attaque passe. Lorsque la bombe n'a pas daigné exploser, on a crié au miracle, forcément. D'ailleurs, l'histoire fait tellement recette qu'une réplique de la bombe est exposée dans la sacristie !



Encore un saut de puce, et nous voici dans le petit village d'Attard, qui ne serait même pas sur la carte s'il ne s'agissait de la résidence officielle du président de la République (de LA présidente, en l'occurrence, depuis l'an dernier). Et d'ailleurs, c'est chez elle que nous allons déjeuner. Si si, je vous jure : une partie des jardins de la résidence présidentielle a été transformée en potager/jardin d'herbes aromatiques/aire de jeux pour les enfants, et une cafétéria propose des plats préparés à base des légumes cultivés sur place. Bon, le saumon de ma salade et le bœuf du hamburger de Benjamin ne viennent sans doute pas du jardin, mais pour l'accompagnement, c'est du 100 % local !

En face du potager, en traversant la rue, se trouve le palais San Anton à proprement parler, avec ses très jolis jardins. C'était à l'origine la demeure d'un autre Grand Maître, qui le légua à l'Ordre. Les jardins sont une oasis de douceur colorée au milieu d'un pays très, très aride. Il y a des fleurs de toutes les couleurs, des fontaines, des cygnes et des bébés canards tellement mignons que tous les touristes les mitraillent, un labyrinthe, des volières et un paon qui se balade. Ça sent bon son Empire britannique en Méditerranée et nous sommes particulièrement contents d'avoir fait le détour pour découvrir cette bulle de calme.



Dernière étape du jour : la petite ville (voire le village) de Mgarr et son « église de l'œuf », qui doit son nom non seulement à sa forme, mais aussi au fait qu'elle a été financée par les producteurs d'œufs du coin. Manque de chance, l'église n'ouvre qu'à 15h, ce qui nous laisse une petite heure à tuer. C'est l'occasion idéale de découvrir la baie de Gnejna, avec ses gros rochers presque plats qui font office ce plage. On regrette environ deux minutes d'avoir laissé les maillots à l'hôtel (nous pensions rester dans les terres, aujourd'hui), mais au final, l'eau est presque aussi froide qu'à St Peter's Pool et une trempette de pieds suffira largement. Un petit chemin dans un paysage très rocailleux et très aride nous mène à une jolie crique presque vierge de baigneurs. Les falaises qui l'entourent sont tellement curieuses qu'on se demande s'il ne s'agit pas d'anciennes carrières...



Retour à Mgarr après cet intermède pour visiter cette fameuse église de l'œuf, à l'architecture si particulière (sa coupole comporte un drôle de mamelon). A l'intérieur, c'est la sidération totale : on est passé sans crier gare du baroque qui fait mal aux yeux à la quasi-austérité ! Les murs sont blancs, il y a peu de peintures, et en dehors des encensoirs, il n'y a presque pas de métal précieux qui scintille. Pour couronner le tout, un groupe de personnes récite un Ave Maria en boucle sur un ton aussi varié que des moines bouddhistes pendant les sutras. Nous qui voulions un peu plus de sobriété, nous sommes servis... un peu trop, même ! Jamais contents !



Pour chasser toute la chaleur accumulée au cours de la journée, nous allons nous plonger dans la piscine de l'hôtel et siroter le rosé qui nous reste de notre dîner d'hier. Puisqu'il paraît que c'est mon anniversaire (même si je n'ai aucune de comment nous sommes déjà arrivés fin mai), nous allons dîner dans un restaurant sympathique à La Valette. Au menu, du « lapin bourguignon » pour Benjamin et un risotto crevettes et champignons pour moi. On a connu pire cadre pour fêter ses 30-1 ans !


La Valette by night

Les photos du jour mettant un temps fou à charger (la faute à un wi-fi un peu caractériel), vous aurez droit au lien demain. Ou quand le réseau marchera correctement...

lundi 25 mai 2015

Malte, jour 3 - Le centre historique

Ce matin, nous quittons notre B&B après avoir enfin pris quelques photos pour attaquer les choses sérieuses : les villes jumelles de Mdina et Rabat. Point culture : pour les Grecs et les Romains, ces deux villes n'en formaient qu'une, appelée Melita, « la ville du miel ». Quand les Arabes se sont installés à Malte, ils ont coupé la ville en deux et se sont concentrés sur la partie fortifiée. Mdina est donc devenue la partie protégée par les remparts (al-Medina, en arabe, veut dire tout simplement « la ville »), tandis que Rabat désigne... le reste. S'ensuivent des changements de propriétaire permanents, puis finalement, après le grand siège de 1565, les chevaliers de Saint-Jean lâchent tout et vont construire une nouvelle capitale, à laquelle il vont donner le nom du héros du siège, La Valette. Aujourd'hui, le touriste doit garer sa voiture à Rabat avant d'aller jouer au chevalier à Mdina.


La porte de Mdina

Oui, parce que les déplacements en voiture à Mdina sont limités à certaines rues suffisamment larges. Pour le reste, on ne peut compter que sur ses pieds ou sur des calèches : les ruelles sont extrêmement étroites et aucune ne court en ligne droite, ce qui permet de se protéger du soleil en été, du vent en hiver, et des flèches ennemies toute l'année. L'architecture mélange influences arabes, napolitaines et normandes, ce qui peut paraître incompatible mais se marie en fait très bien.



Nous nous arrêtons en premier lieu au musée de la cathédrale St Paul (dont vous n'aurez pas de photos pour une bête cause d'interdiction), situé dans l'ancien séminaire. On y découvre une belle série de gravures sur bois d'Albrecht Dürer, beaucoup d'objets en argent, parmi lesquels une série de statues des apôtres que ces imbéciles de Français avaient pensé fondre pour payer les soldats de Napoléon, et une grande collection de pièces de monnaie, qui rappelle que Malte a été à tout le monde, des Byzantins aux Anglais en passant par les Phéniciens et les Français, avant de revenir aux Maltais il y a tout juste 50 ans.

Juste en face se trouve donc la cathédrale St Paul, celui-ci ayant censément évangélisé Malte depuis une grotte (on en reparle plus loin). C'est l'édifice religieux le plus important de l'île, le symbole qu'on retrouve sur la moitié des cartes postales. L'intérieur est aussi chargé que ce que nous avons pu voir hier, avec quantité de dorures et de tentures rouges. Pendant la visite, on frôle le torticolis à tout moment car les dalles en marbre dédiées aux différents « monseigneurs » valent autant la peine que le plafond peint.



Après une exploration assez exhaustive des petites ruelles, qui nous permet entre autres de découvrir l'église attenante au prieuré des Carmélites, nous nous arrêtons pour déjeuner dans un café avec vue sur une bonne partie de l'île, puis nous sortons de Mdina par la porte des Grecs pour aller explorer Rabat. A un jet de pierre des fortifications se trouve la Domus Romana, que même les non latinistes auront traduit par « maison romaine ». Cachée sous un cimetière arabe (melting-pot jusqu'au bout), elle constitue l'édifice romain le plus important jamais découvert à Malte. Quand on a visité Pompéi et Herculanum, ça paraît un peu léger, mais la visite vaut surtout pour la superbe mosaïque, quasiment intacte, représentant deux colombes. On se demande vraiment comment celle-ci a si bien survécu alors que tout le reste de la domus est dans un vilain état...



Nous nous rendons ensuite aux catacombes de St Paul, une nécropole chrétienne et païenne d'environ 2 000 m². Heureusement, on ne visite pas tout, mais les quelques galeries accessibles donnent un bon exemple des rites funéraires de pas-si-longtemps-que-ça après Jésus-Christ. Le plus souvent, on mettait une famille entière dans une même sépulture (toujours avec un repose-tête, s(il vous plaît, des fois qu'on attraperait un torticolis dans l'au-delà) et on refermait le tout. C'est étroit, bas de plafond et un peu oppressant après vingt minutes passées dedans, mais après tout, ce n'est pas exactement pensé pour les vivants.


Pierre tombale gravée avec des outils de médecin

Dernière étape du jour, le Wignacourt College Museum, qui réunit plusieurs sites en un. On commence par la fameuse grotte de St Paul, où l'apôtre se serait installé après le naufrage du bateau qui le conduisait à Rome. Pas très confortable et bas de plafond, là aussi, mais il y avait sans doute moins de B&B à l'époque... Au niveau du dessous, on découvre les abris construits pendant la Seconde Guerre mondiale pour que les habitants viennent se protéger des bombes. En avril 1942, près de 300 alertes ont été recensées. Les Maltais avaient fini par apporter des matelas pour espérer dormir un peu pendant les bombardements (véridiques). Le reste du bâtiment est occupé par le musée à proprement parler, qui rassemble une collection un peu hétéroclite, allant des portraits des héros de l'ordre des Hospitaliers aux chaussons de l'ancien inquisiteur de Malte devenu pape, en passant par la limousine du dernier archevêque de l'île. C'est un vaste bazar, mais finalement, c'est peut-être mieux qu'une collection très organisée quand on est très fatigué par une grosse journée de marche.


Le Wignacourt College Museum

Pour la fin de l'après-midi, direction notre hôtel pour le reste de la semaine. Rien de tel qu'un petit séjour dans la piscine couverte (et chauffée) pour se détendre un peu avant d'aller écrire le journal de bord !

Par ici les photos !

dimanche 24 mai 2015

Malte, jour 2 - L'est... et un peu le sud aussi

Après une vraie bonne nuit comme nous n'en avons pas passé depuis longtemps (et ce malgré l'absence de volets, ce qui, sur une île pleine de soleil, vous réveille fort fort tôt) et un petit-déjeuner généreux à base de confitures maison, nous nous rendons ce matin à Marsaxlokk (ça passe mieux quand on sait que le X maltais se prononce "ch") pour son célèbre marché aux poissons. Le problème, c'est que tout Malte semble avoir eu la même idée ! Se garer tient donc un peu du parcours du combattant, et il faut jouer des coudes dans la foule si on veut espérer accéder aux étals.




Moyennement appétissant à 10h du matin...

Le marché occupe tous les quais de Marsaxlokk, ce qui signifie une bonne heure d'exploration sous un vilain cagnard. Heureusement que le vent venu de la mer est là pour rafraîchir tout ça ! Pour la minute étymologie, "Marsaxlokk" signifie "baie du sirocco", ce qui est à la fois tout poétique et donne une idée du type de vent qui y souffle. C'est aussi un port maltais typique, avec ses barques colorées peintes d'un œil pour chasser le mauvais sort. Carte postale garantie ! En remontant vers notre voiture par la rue plutôt que par le marché bondé, nous tombons sur notre première église maltaise. A l'extérieur, des ampoules encadrent la façade et les statues. De nuit, l'effet doit être... original. Quant à l'intérieur... On en reparle un peu plus loin !





Direction à présent la crique de St Peter's Pool, toute proche de Marsaxlokk. Le Routard nous ayant fait un peu peur avec ses histoires de "chemin cahoteux", nous jugeons plus prudent de laisser la voiture sur un parking sur la "route principale" (ahem) et de descendre à pied. Grand bien nous en a pris, car il est absolument impossible de se croiser et car le chemin aurait de toute façon signé la mort des amortisseurs. Nous découvrons une crique magnifique, paradisiaque, aux eaux très bleues et totalement transparentes. Ni une ni deux, avec la chaleur qui règne, nous sortons aussitôt les maillots de bain pour aller faire trempette (nous avions prévu avant même d'arriver à Malte de laisser nos affaires de plage dans nos sacs à dos jusqu'à la fin des vacances, précisément pour éviter de passer à côté d'occasions pareilles).




Publicité mensongère ! Une eau si bleue, chauffée par un si beau soleil, n'a pas le droit d'être aussi froide ! Et quand je dis "froide", je veux dire "plage bretonne en février" ! Benjamin s'y jette bravement en claquant un peu des dents, mais de mon côté, il me faut cinq bonnes minutes avant de trouver le courage d'y entrer. Une fois dedans, quand les poumons ont repris un rythme de fonctionnement normal après la violence du choc thermique, il faut nager non-stop pour se réchauffer un peu. Comme d'habitude, on finit par trouver l'eau plutôt bonne au bout d'un moment, mais nous n'y restons tout de même qu'une vingtaine de minutes. Nous remontons ensuite nous sécher au soleil et réfléchir à notre planning de l'après-midi. Plus que la faim, c'est l'afflux de touristes qui finit par nous chasser. Il faut croire que nous sommes arrivés au bon moment, quand la crique était encore à peu près calme.

Nous faisons escale dans la ville de Marsaskala pour le déjeuner. Nous avions espéré y voir les ruines du fort St Thomas, mais celles-ci ne doivent pas être très importantes car nous sommes passés à côté. Nous avons en revanche pu découvrir une église dont le clocher ressemble davantage à un minaret... et ce n'est pas la dernière église bizarre que nous verrons aujourd'hui !

Retour dans le sud de l'île pour découvrir Ghar Lapsi, un tout petit port de pêche (c'est la journée) dont les hangars à bateaux ont été creusés à même la falaise. Les falaises en question sont plutôt impressionnantes et les éboulis de rochers semblent dater d'hier. Même eau désespérément bleue qu'à St Peter's Pool, et si nous n'avions pas déjà cédé à la tentation, nous aurions sans doute piqué une tête ici. A la place, nous nous contentons d'une glace et d'une petite marche le long de la falaise.




Notre planning du jour étant presque terminé, nous rentrons à notre B&B (dont j'ai encore oublié de prendre des photos) pour nous reposer un peu. Après un épisode de série et une bonne douche pour se débarrasser du sel, nous reprenons la route* pour deux églises qui n'ouvrent qu'en tout début de journée ou en fin de soirée. La première, l'église St Nicolas de Siggiewi, présente un portique tout en colonnes corinthiennes. La deuxième, celle de St Philippe à Zebbug, est plus tendue de drap pourpre que tous les appartements royaux de Versailles réunis. Dans les deux, nous sommes surpris par les sublimes peintures des différentes coupoles. Comme le fait remarquer Benjamin, il est vraiment dommage de mettre de tels chefs-d'oeuvre au plafond, car on en profite forcément moins que s'ils se trouvaient au mur.



Le portique de l'église St Nicolas

Mais ce qui nous sidère surtout (comme dans l'église de Marsaxlokk), c'est la déco très orthodoxe. Nous sommes pourtant bien dans des églises catholiques, mais si nous ne le savions pas, nous ne l'aurions pas deviné. L'excès de dorures, de tentures, d'encensoirs et de cierges rappellent avant tout les lieux de culte orthodoxes (du moins d'après l'idée que nous en avons, nous sommes peut-être totalement à côté de la plaque). Ajoutez à cela le chandelier à 7 branches gravé sur la façade de l'église St Nicolas, et vous comprendrez mieux pourquoi je parlais hier de schizophrénie nationale !**



L'intérieur de l'église St Philippe


Plus de photos par ici

* Route sur laquelle nous nous faisons arrêter par la police maltaise à la sortie d'un tunnel. Rien de grave, simplement une histoire de feux de croisement qui ne fonctionnent pas. Voyant que nous sommes de bonne foi et que la voiture est une location, ils nous laissent filer avec un simple "soyez prudents". Mais tout de même, ça fait bizarre !

** Et ne me lancez même pas sur la langue maltaise. Un pays qui dit "grazzi" pour "merci", "bonswa" pour "bonsoir" et "sliem ghalikom" pour "bonjour tout le monde" ne peut qu'être dingue. La linguiste en vacances rêve d'un livre consacré au maltais...

samedi 23 mai 2015

Malte, jour 1 - Le sud

Se lever à 4h15 un samedi matin n'est sans doute pas une bonne idée quand on est tellement fatigué qu'on n'arrive plus à se concentrer sur son travail depuis déjà un mois... Mais quand nous avons réservé nos billets d'avion, nous avons un peu oublié que nous avions déménagé et que l'aéroport était désormais beaucoup plus loin ! Il nous a donc fallu déposer notre monstre à 4 pattes chez ma môman aux aurores pour aller ensuite attraper notre avion.

Un vol sans histoire plus tard, et nous voici enfin à Malte, dont nous rêvions depuis des semaines tant nous avions besoin de vacances... Les lunettes de soleil sont de sortie à peine les portes de l'aéroport franchies, et rien que pour ça, nous sommes ravis. Après avoir récupéré notre voiture de location (il n'y a bien qu'à l'étranger qu'on conduit une Peugeot), nous allons prendre nos quartiers dans notre premier B&B. La route qui y mène n'en est tellement pas une que nous passons d'abord devant sans la voir ! Lorsque de petits panneaux nous confirment qu'il faut bien s'engager sur cette piste de terre à peine praticable, nous comprenons mieux les commentaires des gens qui ont déjà visité l'île concernant l'état des routes...

La villa qui nous accueille est immense et magnifique. Décoration vieillotte, piscine, tout est très chaleureux, à commencer par nos hôtes ! C'est d'ailleurs la maîtresse de maison qui nous conseille de changer notre programme de l'après-midi : plutôt que de visiter Marsaxlokk aujourd'hui, nous irons demain pour profiter du grand marché. Cet après-midi, nous découvrons donc le sud de l'île, surtout célèbre pour sa fameuse Grotte Bleue et ses temples du néolithique. Ce qui est exactement ce que nous allons voir, et dans l'ordre, en plus.



Une route à peine assez large pour deux voitures nous mène sur le site tout proche. Après avoir admiré les rapaces qu'un quidam propose à la photo et approché tous les chats du coin, nous nous embarquons à 8 sur une petite barque colorée comme il y en a partout ici. C'est parti pour un gros quart d'heure sur une mer un peu houleuse mais très bleue, à la découverte des grottes. On a beau parler de "la Grotte Bleue", parce que c'est la plus grande et la plus connue, il s'agit en fait d'un ensemble de sept grottes creusées dans les falaises de calcaire, dont l'eau est totalement transparente par beau temps. Le fond est à cinq mètres, et on voit le sable. Les touristes en maillot de bain qui se dorent la pilule autour de la crique nous donnaient déjà bien envie de piquer une tête, mais là, c'est encore pire ! Comme nous aurons d'autres occasions dans le séjour, nous nous abstenons pour l'instant et nous nous contentons de prendre des photos.



Un peu plus loin (le rapport temps/distance est un peu faussé sur Malte à cause... des routes, je pense que c'est déjà très clair), nous nous arrêtons aux temples de Hagar Qim (ça se prononce Hadjar Im, et encore, je vous épargne les doubles barres aux H et les accents sur les G) et de Mnajdra, deux complexes néolithiques. Si vous avez lu notre blog sur les temples préhistoriques irlandais, c'est un peu le même concept, mais dans une version "paysage désertique", avec beaucoup plus de cailloux et beaucoup moins de vert. L'objectif, en revanche, reste le même : nos lointains ancêtres étaient très doués en astronomie et avaient vraiment le compas dans l'oeil en ce qui concerne l'alignement du soleil lors des solstices et des équinoxes.



Depuis 1999, les deux temples sont protégés des éléments par de grandes bâches blanches, qui ne sont pas du meilleur effet mais qui ont le mérite d'éviter l'érosion de cette pierre façon gruyère qu'est le calcaire. Comme en Irlande, les hommes du néolithique étaient de vrais artistes, mais ici, c'est un grand maniaque des points qui s'est occupé de la déco. Il y a des pierres trouillotées partout, et on ignore en fait s'il s'agit de simples ornements, d'un système de calcul ou d'un calendrier. Dans tous les cas, ça fait un peu ruche...



Après un détour par un "nature trail" pas vraiment balisé, qui nous fait passer devant une tour de guet du 17è (il fallait bien surveiller les incursions de corsaires turcs) et des murets sur lesquels se prélassent des geckos, nous rentrons dans notre B&B pour aller faire un petit tour à la piscine. Enfin, mettre les pieds dedans, du moins... parce que le vent souffle un peu et que l'eau n'est pas bien chaude. Benjamin a le courage de se plonger dedans, mais de mon côté, je suis mieux sur le bord !


Notre première impression de Malte est que cette île est complètement schizophrène : l'architecture très maghrébine, voire moyen-orientale par endroits, est ponctuée de statues de la Vierge à tous les coins de rue, et la langue maltaise est une espèce de gloubi-boulga à base d'arabe mâtiné d'anglais et d'italien. On a l'impression que l'Orient et l'Occident se sont donné rendez-vous ici pour un grand n'importe quoi culturel. Avec des chats partout. Pour l'instant, on adore !

lundi 28 juillet 2014

Irlande, jour 14 - Dublin

Pour cette dernière journée à Dublin, deux visites importantes que nous n'avons pas trouvé le temps de faire à notre arrivée. À commencer par un vrai monument, véritable emblème de l'Irlande avec la harpe, les trèfles et les leprechauns : la Guinness ! La visite de la Guinness Storehouse, qui s'étend sur plus de 25 hectares en plein milieu de Dublin, ressemble un peu à un parc d'attractions : il y a de la musique, du personnel de super bonne humeur, des trucs qui clignotent partout et des trucs marrants à faire à tous les étages. Et des étages, il y en a 7, même si le plus intéressant reste le premier, où l'on découvre quels ingrédients composent la fameuse bière "rouge rubis" (on la voit noire, nous, mais bon...) et où l'on apprend que l'entreprise a un bail de... 9 000 ans sur le terrain qu'elle occupe. Oui, il y a le bon nombre de zéros.



Un autre étage intéressant est celui qui retrace l'histoire de la publicité pour Guinness depuis les années 30. Arrivés à la partie dégustation, Pierre opte pour la Guinness Academy, qui permet de tirer soi-même sa pinte et de repartir avec un diplôme. Les autres, ceux qui n'apprécient même pas la bière, se contentent de quelques gorgées au bar du 7è étage, qui offre une belle vue panoramique sur Dublin.



Après un looong détour par la boutique, changement radical d'ambiance avec la prison de Kilmainham. Construite à la fin du 18è siècle sur le modèle des "prisons réformées" (silence total, on casse des cailloux dans son coin et chacun a droit à sa cellule) et fermée en 1924, cette prison est surtout célèbre pour avoir hébergé les principaux responsables de 6 rébellions et une guerre civile. L'un d'eux, Eamon De Valera, eut une belle reconversion : premier ministre de l'Irlande pendant 20 ans, puis président pendant 14 ans. Ses copains du soulèvement de 1916 ont beaucoup moins bien fini : on découvre pendant la visite le site de leur exécution...



Curieusement, Kilmainham est un site très couru, et la visite étant exclusivement guidée, il faut s'armer de patience pour y accéder. Nous devons ainsi attendre une bonne heure entre l'achat de nos billets et le début de la visite. Heureusement que c'est l'heure de déjeuner et que l'occupation est toute trouvée ! Après un passage par un musée très intéressant qui retrace les conditions de vie dans les prisons au 19è siècle, nous suivons un guide passionné par son sujet à travers les couloirs pendant une heure. C'est l'occasion de découvrir les cellules occupées par les rebelles de 1916 et de parler de Michael Collins ou de Au nom du père, des films dont les scènes de prison ont été tournées ici. Quand on connaît un peu l'histoire de l'Irlande, la visite est vraiment fascinante et émouvante.



Pour conclure l'après-midi et le séjour, il est temps de passer au traditionnel shopping. L'avantage de l'Irlande, c'est qu'on trouve tous les souvenirs possibles dans une chaîne de magasins spécialisés, Carroll's, ce qui facilite et accélère bien les choses ! Tellement, d'ailleurs, que nous déposons Pierre à son arrêt de bus avec une heure d'avance et qu'il peut ainsi rentrer à Galway un peu plus tôt que prévu. Le voyage se termine comme il a commencé : à trois !

Le mot de la fin.

Ce quatrième séjour en Irlande (pour moi, en tous cas) n'aura fait que confirmer qu'il s'agit bien de l'un des plus beaux pays du monde, avec énormément de choses à voir dans de nombreux domaines : nature sauvage, vieilles pierres, histoire... Mais deux semaines ne suffisant évidemment pas (il nous manque par exemple tout le Donegal, les îles et la région du sud-ouest), il faudra forcément revenir !

dimanche 27 juillet 2014

Irlande, jour 13 - Vallée de la Boyne

Quand Murphy décide de faire des siennes, il ne les fait pas à moitié ! Le voyage s'est plus que bien passé jusqu'ici, mais ce matin, c'est une série de gros ratés qui s'abat sur nous. Le trajet jusqu'à la vallée de la Boyne est notamment marqué par une collision avec un panneau de signalisation routière. Résultat : un beau trou dans la carrosserie et une porte passager avant qui proteste méchamment quand on l'ouvre. Heureusement que le loueur a insisté au début du séjour pour que nous prenions une assurance ! Le GPS, qui n'arrive pas à tenir le rythme des constructions d'autoroutes dans le pays, décide ensuite de nous perdre entre les comtés de Meath et de Louth, rallongeant ainsi un trajet déjà bien long. La course cycliste qui nous empêche d'avancer à plus de 15 km/h en rajoute une couche. Et un peu plus tard dans la journée, c'est au tour de mes lunettes de soleil quasi-neuves de rendre l'âme. Décidément, quand ça veut pas, ça veut pas !

Malgré tous ces défis sur notre route, nous arrivons aux alentours de midi à Brú na Bóinne (avec les accents qui vont bien), ou vallée de la Boyne dans une langue que tout le monde peut prononcer. Cet ensemble archéologique, le plus grand d'Europe, est plus vieux que les pyramides d'Égypte et rassemble à lui tout seul plus de la moitié de tout l'art mégalithique de la vieille Europe. Paris a le Louvre, les hommes préhistoriques avaient la vallée de la Boyne ! Le site compte deux tumulus particulièrement importants, Newgrange et Knowth. La plupart des visiteurs se contentent de visiter Newgrange, mais il serait dommage d'avoir bravé les cyclistes et les panneaux de signalisation en kevlar pour repartir sans avoir vu les deux.

Knowth

L'accès aux tumulus se fait en navette, et c'est à Knowth que nous sommes déposés en premier. Si Brú na Bóinne est le Louvre des hommes préhistoriques, alors Knowth est la salle de la Joconde. Alors certes, les spirales et les serpentins que l'on découvre sur les 200 pierres gravées ne sont pas vraiment dignes de Vinci ou de Botticelli, mais ces cailloux décorés avec les moyens du bord sont étrangement émouvants. En prime, notre guide fait vivre le site avec beaucoup d'enthousiasme, et on a l'impression que les responsables de ces œuvres d'art ont posé leurs outils la veille.



Newgrange, à un petit kilomètre de là en navette, est très différent. Pour commencer, le tumulus, immense, n'a pas été fouillé par la même équipe d'archéologues, et les pierres blanches laissées à terre à Knowth ont été ici montées sous forme de mur. Impossible de savoir qui a raison, bien sûr. À l'exception de la spectaculaire pierre à l'entrée, l'art se fait aussi plus rare à Newgrange. Le véritable intérêt du site est la visite du tumulus, accessible par un tunnel très étroit et très bas de plafond. À l'intérieur (photos interdites...), on ne peut qu'imaginer l'effet provoqué par le lever du soleil le matin du solstice d'hiver. Car en plus d'être des artistes, nos ancêtres du Néolithique étaient d'excellents astronomes, qui ont construit leurs tombes de façon à aligner les entrées sur le soleil d'équinoxe ou du solstice. Ça rend modeste.

Newgrange (oui, nous avons pris la pluie)

Les visites filent vraiment très vite, et l'après-midi est bien avancé lorsque nous quittons le visitors' centre pour faire un saut dans le temps et nous rendre au cimetière de Monasterboice. Un autre genre de pierres sculptées nous y attend : il s'agit ici de trois croix, qui accumulent à elles seules tous les superlatifs. La plus élaborée du pays est la croix de Muiredach, sublime avec ses scènes des Évangiles et ses entrelacs celtiques. La plus grande, à proximité de la tour ronde, dépasse très nettement des autres croix du cimetière. Et la plus ancienne, isolée dans son coin, a subi les outrages du temps au point de ne plus porter à son sommet qu'un Jésus en croix. La croix celte a tout de même plus de classe qu'une simple pierre tombale, et on aimerait pouvoir commander son propre exemplaire !

La croix de Muiredach au premier plan

Dernière étape du jour, toujours dans la catégorie vieilles pierres : l'abbaye cistercienne de Mellifont. Parenthèse étymologique totalement inutile mais ô combien poétique : Mellifont vient du latin "fons mellis", qui signifie "fontaine de miel". Bon, à défaut de vraie fontaine de miel dans les parages, on vient surtout pour voir... le lavabo. À l'époque comme aujourd'hui, on allait se laver les mains avant de manger, et certaines abbayes trouvaient le rituel tellement important qu'elles faisaient construire des lavabos séparés des autres bâtiments et plus grands que mon salon. Pour le reste, pas grand-chose à voir, les ruines de l'abbaye étant vraiment minimalistes.

Le fameux lavabo

Parce que la pluie est venue jouer les trouble-fêtes et parce que nous approchons de l'heure où tous les sites touristiques ferment leurs portes, nous reprenons la route pour boucler la boucle et retourner à Dublin. Les logements étudiants de l'université sont infiniment moins chics que ceux de Sligo, mais on ne peut pas tout avoir !

Quelques photos sous la pluie.

samedi 26 juillet 2014

Irlande, jour 12 - Sligo

Programme chargé aujourd'hui, et parmi tous les sites intéressants autour de Sligo, Benjamin a la bonne idée de nous conduire en priorité à Parke's Castle, sur les bords du lough Gill : non seulement la visite se passe en grande partie en intérieur, ce qui nous met à l'abri du petit crachin qui tombe depuis ce matin, mais elle commence également par un film de 20 minutes (en français) sur l'histoire de la région. Nous avons ainsi droit à un très bon résumé de ce que nous allons découvrir dans la journée.

Parke's Castle, c'est un bon gros manoir fortifié qui, il y a quelques années encore, tombait en ruines. Ce sont les artisans du village d'à côté qui l'ont entièrement reconstruit, et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'ils ont fait un sacré bon boulot. A l'intérieur, on peut seulement regretter de ne pas avoir le même genre de décor qu'à Bunratty : les meubles sculptés, les tentures et les trophées de chasse auraient été un peu plus intéressants que l'exposition sur les styles de construction vernaculaires... Mais on se console avec le décor digne d'un guide touristique, rendu encore plus beau par la pluie.



De retour à Sligo, nous nous arrêtons à l'abbaye du 13è siècle pour quelques ruines supplémentaires. Sa cloche, rescapée d'un incendie, serait immergée dans le lough Gill et seuls les êtres purs et parfaits pourraient l'entendre sonner. Personne dans le groupe ne l'a entendue pendant la nuit ; déduisez-en ce que vous voulez... C'est également ici (dans l'abbaye, pas dans le lac !) qu'on trouve le dernier autel sculpté d'Irlande, dixit le film de Parke's Castle. La quantité de sculptures intéressantes est d'ailleurs assez impressionnante, car en plus de l'autel, on découvre des blasons, des pierres tombales et une représentation du seigneur de Sligo. Ce ne sont pas les plus grandes ruines que nous ayons vues jusqu'ici, mais elles comptent parmi les plus jolies.



Le temps de nous rendre à Carrowmore, et le soleil a fait son grand retour. Tant mieux, car ici, tout est en extérieur ! Il s'agit en fait de la plus grande concentration de tombes mégalithiques (ou cairns, ou tumulus, appelez ça comme vous voulez) d'Europe. Au 19è siècle, lorsqu'elles ont été découvertes, on en comptait plus de 60, mais les fermiers des environs ne se sont pas gênés pour aller y récupérer des pierres. Aujourd'hui, on n'en voit plus qu'une trentaine, et une bonne partie se trouve en pleins champs. Pas besoin de partir à l'aventure, cela dit, car la partie visitable est plus que suffisante pour se faire une idée. Le grand tas de pierre et les tombes plus petites qui l'entourent sont un peu intimidants : on avance à pas feutrés avec l'impression de déranger les locataires, installés là pour certains depuis 6 000 ans. Ça calme... Il paraît que les archéologues ont trouvé jusqu'à 32 kg d'os calcinés sous un seul amas de terre et de cailloux. Ça re-calme...



Si la partie sud du site est très digne avec son grand cairn, la partie nord est un peu plus rigolote : il y a en effet un élevage de chevaux juste à côté, et on s'amuse à compter les lapins qui trottinent un peu partout. Sans parler des traces laissées par les vaches qui ont manifestement le droit de paître au milieu des tombes !



Pour continuer dans la thématique "tombes vieilles de plusieurs milliers d'années", nous allons rendre visite à la reine Maeve. En voilà une qui devait être sacrément badass, car la légende veut qu'elle ait été enterrée debout, face à ses ennemis. Et quand on est une reine badass, on ne se fait pas enterrer dans la plaine, mais au sommet de Knocknarea Mountain ; comme ça, les touristes qui veulent passer dire bonjour doivent se coltiner 45 minutes de grimpette dans des cailloux plus que traîtres qui leur font risquer l'entorse tous les deux pas. Mais on ne regrette pas l'effort, car on peut profiter d'un panorama absolument sublime sur la campagne environnante. Il y a le bleu de la mer, les différentes nuances de vert qui font la beauté de l'Irlande, le violet de la bruyère, et c'est tout simplement beau. Un paysage pareil valait bien 1h30 à mettre l'intégrité de nos chevilles en danger (oui, parce que la descente est aussi longue et presque pire que la montée).



Allez, pour que notre exploration des vieux cailloux soit complète, nous faisons un arrêt éclair à Creevykeel, l'une des plus vieilles tombes néolithiques du pays. Ici, c'est une véritable construction en pierres qu'on découvre, avec une entrée très large et un dolmen en guise de portail. Un peu comme à Carrowmore, on ne sait pas grand-chose de ce cairn, hormis son âge (quelques millénaires) et sa fonction de base (dépôt de cendres et os humains). Mais vu sa configuration, il s'agissait sans doute également d'un temple. Quand on parle du néolithique, il n'y a plus personne à qui demander des précisions et le conditionnel est donc de rigueur...



Pour conclure la journée, et malgré la pluie qui menace à nouveau, nous faisons un détour par Glencar Lake et sa cascade. Après une très courte marche (la randonnée, ça suffit pour aujourd'hui !), nous découvrons une jolie cascade en forme de rideau qui se jette dans un petit bassin. Et autour, toujours ce vert étincelant avec les nuages gris en arrière-plan, qui donnent l'impression d'avoir plongé tête la première dans une carte postale.



Parce qu'il serait vraiment dommage de se priver d'un hébergement pareil, ce soir, nous retournons sur le campus de l'université St Angela. On va vraiment finir par signer pour y passer une année complète !

Les photos du jour.