lundi 18 juillet 2016

Lanzarote, Canaries - Plongée et vidéos

Comme rappelé dans l'article précédent, l'intérêt de notre séjour aux Canaries, ce n'était pas la culture, mais la cure de vitamine D et surtout la plongée. L'objectif était de passer au niveau supérieur et de découvrir l'air enrichi. Et parce que ce n'est pas exactement du niveau du concours d'entrée en médecine, nous sommes rentrés certifiés Advanced Open Water et plongeurs Nitrox. Nous avons donc désormais le droit de plonger à 30 mètres et d'avoir plus de 21 % d'oxygène dans notre bouteille. Ça, c'est fait !

Notre dernier séjour plongée remontant à plus d'un an, il nous aura fallu quelques jours pour nous remettre dans le bain (l'expression n'aura jamais été aussi appropriée). C'est fou ce qu'on oublie en quelques mois... Mais grâce à la patience de nos formateurs, au bout d'une semaine, notre flottabilité était à nouveau à peu près décente. Reste que nos masques continuent à s'embuer et à prendre l'eau, ce qui devient un peu difficile à gérer quand il faut en prime penser à la flottabilité et à l'effet de la pression sur les oreilles...





Morceaux choisis (j'aime la musique cliché pour ces vidéos...)


Quelques informations en vrac :
- La visibilité est meilleure ici qu'à Malte. La faune aussi. Au programme : requins anges planqués sous le sable, crabes flèches, nudibranches, seiches, énormes thons, mérous, murènes, poulpes, cigales de mer, bancs entiers de sardines, poissons perroquets... Pour les baleines bleues, il aurait fallu venir plus tôt dans l'année (si si, en vrai).
- Le matos de plongée aurait-il perdu du poids depuis l'an dernier ?! Ah non, c'est moi qui fait de la muscu depuis un an !
- Certains plongeurs doivent avoir développé des branchies, il n'y a que ça pour expliquer notre différence de consommation avec eux. Un jour, nous aussi on finira une plongée avec 100 bars restants dans la bouteille au lieu de 30...
- La plongée depuis le rivage, c'est bien, mais depuis un bateau, c'était nouveau pour nous ! Le capitaine, Jorge, sait mettre l'ambiance... en aidant uniquement les filles à monter à bord et en demandant à "solo las chicas" de sourire sur les photos. Jorge aime bien les filles.
- Finalement, l'air enrichi, c'est pas le Pérou. Nos instructeurs maltais ne juraient que par ça, mais dans la pratique, 21 % d'oxygène ou 36, ça ne change rien. À part la profondeur à laquelle on peut descendre.
- Les manuels théoriques sont mal traduits rédigés pour faire peur et la pratique se passe infiniment mieux que la théorie ne le laisse penser. Non, personne ne meurt d'une narcose à l'azote dès 24 mètres. Non, on n'est pas dans Abyss à 30 mètres. Et non, pas besoin d'une thèse en biologie marine pour valider la plongée d'identification des poissons. C'est du loisir, après tout !
- Nous qui appréhendions la plongée profonde précisément par la faute des manuels théoriques, on serait finalement bien descendus plus bas ! Les 30 mètres arrivent extrêmement vite, surtout lorsque la visibilité est aussi parfaite. On aurait bien suivi le tombant jusqu'au fond, mais il nous serait sans doute arrivé des bricoles...





Plongée sur épaves



(Toutes nos excuses, tout ça est très bleu : il faut que nous investissions dans un filtre rouge pour corriger l'image.)

Merci à Géraldine et Eric d'Aquasport Diving pour leur accueil et leur encadrement tout au long du séjour, à Joseph pour sa patience quand je lui rentrais dans les palmes, à Yvan pour sa bonne humeur et ses blagues, et à tous les plongeurs croisés pendant la semaine pour leurs anecdotes, leurs conseils, leur camaraderie et leur gentillesse. On s'est bien amusés et c'est grâce à vous !

dimanche 17 juillet 2016

Lanzarote, Canaries - Terre ferme et photos

Les vacances purement farniente, à base de plage, piscine, plongée et sieste, on ne peut pas dire que ce soit notre tasse de thé, mais de temps en temps, ça fait vraiment du bien. Surtout quand la météo est restée bloquée en mode "Toussaint" du 1er décembre au 1er juillet (avec une variante "Apocalypse" en mai et juin), quand votre ville a été inondée et quand vous êtes au bord de la dépression et de la carence totale en vitamine D. D'où cette semaine passée sous le soleil de Puerto del Carmen, sur l'île de Lanzarote, dans l'archipel des Canaries. Ici, il y a à peu près deux saisons : l'été, de juin à septembre, et le printemps tout le reste de l'année. En ce début de mois de juillet, il fait 30° à l'ombre (on vous laisse imaginer la température en plein cagnard), l'eau est transparente et on se promène en maillot de bain dans les rues. Nos batteries à vitamine D avaient bien besoin de ça.



Comme lors de notre séjour aux Maldives, nos journées n'étaient pas suffisamment différentes pour justifier un article quotidien (plongée de 8h30 à 12h30, retour à l'appartement, déjeuner, à l'ombre jusqu'à 16h pour éviter le mélanome, une demi-heure pour se mettre de la crème solaire, piscine/plage, dîner, extinction des feux). C'est bien simple, nous n'avons RIEN visité en une semaine. Ce n'était de toute façon pas l'objectif : le principal intérêt de notre séjour, c'était la plongée, et de ce côté-là, nous en avons bien profité. Mais cela fera l'objet d'un article à part, quand nous aurons un poil monté les vidéos prises par Benjamin. En attendant, pour meubler un peu et pour présenter nos pauvres photos qui se battent en duel, voici quelques considérations générales sur l'île.



  • Malte nous avait parue désertique, mais à côté de Lanzarote, le caillou maltais est à peu près aussi vert que l'Irlande. Il faut dire qu'entre 1730 et 1736, une éruption volcanique ininterrompue a recouvert un quart de l'île de lave (vous n'aviez pas cru échapper à la minute culture, quand même ?). Ça n'encourage pas vraiment la verdure à pousser.
  • En parlant d'Irlande, la concentration de pubs irlandais dans cette île n'a rien à envier à Dublin. Et ce n'est même pas une façon de parler : comme on ne voulait pas qu'on nous accuse d'être sudistes, on a compté. Sur les deux kilomètres qui séparent notre appartement du centre de plongée, on est arrivé à 24. Explications prises auprès des patrons du centre, Lanzarote est une destination très bon marché pour les Irlandais, Anglais et Ecossais, qui trouvent ici le soleil qu'ils ont rarement chez eux. Ce qui explique la présence d'Irn Bru et de cidre Magners dans les supermarchés. Joie !

On n'en a fait qu'un, il ne faut pas exagérer...

  • Je ne sais pas si c'est une habitude dans les petites îles où il fait trop chaud, mais comme à Malte, il y a des chats partout. Certains n'aiment pas beaucoup les humains, mais d'autres n'hésitent pas à se frotter contre vous même quand vous portez une combinaison de plongée intégrale. Oui, c'est du vécu.
  • Ici, une annonce immobilière ne saurait être complète sans les photos de la piscine de la résidence. En plus grand que les photos de l'appartement lui-même. Les priorités, c'est important.
  • Parce qu'ils sont bons commerçants, les restaurateurs du cru vous offrent systématiquement le dijo après manger.

  • Notre réaction en posant le pied pour la première fois sur le sable en fin d'après-midi : "Par ma foi, ce sable est fort chaud. Voilà une situation des plus désagréables. Que n'ai-je emporté mes tongs afin de ne point me roussir la plante des pieds ?" Bon, en vrai, on n'a pas dit ça comme ça, mais j'ai envie de rester polie sur ce blog. Vous avez l'idée : ça brûle, quoi.

On revient très vite parler de notre expérience à 10 000 lieues sous les mers ! Bon, OK, seulement 30 mètres...

mardi 3 mai 2016

Bulgarie, jour 12 - Sofia

Dernier jour de notre séjour en Bulgarie, et avant de prendre l'avion, nous avons un peu de temps à consacrer à la visite de Sofia, vidée de ses habitants par le week-end de Pâques. Le contraste avec les embouteillages de la semaine dernière est sidérant ! À dix heures, nous retrouvons Pierre et Danika devant la cathédrale Alexandre-Nevski, un sacré monstre tout en dômes qui ressemble de loin à une grosse pièce montée. C'est même la plus grande cathédrale des Balkans et l'une des plus grandes du monde orthodoxe tout court. Contrairement à ce qu'on nous a affirmé à Trigrad, elle est même trop haute de 10 m pour entrer toute entière dans la Gorge du Diable.



À peine arrivés, nous sommes découragés par la file d'attente qui s'étire devant la cathédrale : nous pensons au départ qu'il s'agit de la queue pour assister à l'office de Pâques, et nous nous disons que nous ne pourrons jamais voir l'intérieur. Après vérification, les gens patientent en fait pour aller se recueillir devant les icônes, et il suffit de passer par une porte sur le côté pour entrer. Construite en l'honneur des soldats russes morts pendant la guerre russo-turque (oui, encore), la cathédrale Alexandre-Nevski est unique non seulement par sa taille, mais aussi parce qu'elle comporte un trône destiné au roi de Bulgarie. Malgré les habituelles fresques et les tonnes d'or qui couvrent le tout, l'intérieur est presque dépouillé tant les dômes sont hauts, et les travées, longues.



Dans le temps qu'il nous reste, nous laissons Danika, ancienne guide touristique, ouvrir la voie, et nous la suivons dans le cœur historique de Sofia. Nous découvrons ainsi, dans l'ordre, le Parlement, l'église russe Saint-Nicolas, la statue de Sofia, la résidence présidentielle, la rotonde Saint-Georges (le plus ancien bâtiment de la ville, qui date du 5è siècle), les ruines romaines de Serdica, les anciens bains publics et le jardin municipal. Le plus étonnant est sans doute le point d'eau où tout un chacun peut venir remplir des bidons entiers d'une eau à plus de 40° provenant des sources chaudes sous la ville.


Madame Sofia


Nous avions trouvé Sofia particulièrement laide à notre arrivée, mais nous n'en avions vu que les quartiers résidentiels, souvent vieux et moches, ou de travail, souvent récents et moches. Le centre historique, avec ses jolis bâtiments du 19è, relève largement le niveau. D'autant qu'il fait à nouveau très beau et que piétiner dans les rues pendant 2 heures est beaucoup plus agréable qu'à Nessebar. A midi, nous faisons escale dans un restaurant pour un dernier déjeuner tous ensemble, puis il est temps de se dire au revoir et de prendre le chemin de l'aéroport. Pierre ayant déjà la bougeotte, impossible de savoir où il sera dans un an, mais nous espérons bien ne pas attendre à nouveau deux ans avant de le revoir !


La rotonde Saint-Georges



Pour conclure, bien que les paysages bulgares soient à couper le souffle et vaillent la peine d'être vus, le pays n'est pas (encore) adapté aux touristes. Je l'ai assez rabâché pendant 12 jours, mais les sites touristiques sont très, très mal indiqués et les routes sont pour beaucoup dans un état catastrophique. Dans de nombreux cas, nous étions bien contents que Pierre soit avec nous pour assurer un minimum de conversation en bulgare, car l'anglais n'est pas aussi répandu qu'on le voudrait (la France n'a pas de leçons à donner à qui que ce soit en la matière, certes, mais il faut le souligner quand même). À la question : "Conseilleriez-vous de visiter la Bulgarie", la réponse serait oui... mais pas tout de suite. D'ici 5 ans, lorsque les infrastructures auront été améliorées, la destination sera sans doute beaucoup moins frustrante pour les touristes.


Les bains publics


Et pour finir en beauté, quelques informations en vrac :
- La douche à la bulgare n'est pas l'amie des salles de bains : le bac de douche est souvent absent et, dans le pire des cas, il n'y a même pas de rideau pour séparer la zone de douche, les toilettes et le lavabo. Conclusion, il faut pensez à aller faire pipi AVANT de se laver, sinon on a les pieds mouillés...
- Le mode de service au restaurant peut surprendre : par chez nous, on attend que l'ensemble des plats pour la table soit prêt avant de servir tout le monde en même temps (ou à peu près). En Bulgarie, on sert les plats au fur et à mesure qu'ils sont prêts en cuisine. Résultat, le premier servi (celui qui a commandé une salade ou une soupe, généralement) a souvent fini de manger avant même que le dernier ait reçu son plat.
- 99 % du temps, le dernier en question est Pierre. Allez comprendre pourquoi.
- En matière de conduite, tout n'est qu'information. Un stop ? Information, continuez à rouler, au pire l'autre voiture s'arrêtera. 90 km/h ? Information, vous pouvez bien rouler à 130 si vous voulez. Défense de dépasser ? La bonne blague, les virages dans lesquels on ne voit rien ne font peur qu'aux faibles !
- N'investissez pas dans le Petit Futé ou dans un GPS Tom-Tom. Ni pour la Bulgarie, ni pour ailleurs. Vous me remercierez.

samedi 30 avril 2016

Bulgarie, jour 11 - Le monastère de Rila

Notre petite abeille industrieuse d'hier se met à nouveau en quatre ce matin pour nous offrir un service formidable. Nous nous attendions à un petit-déjeuner bulgare traditionnel à base de tomate, de concombre et de siréné, mais nous avons en fait eu droit à de grosses tranches de pain couvertes de jambon et de fromage. Deux chacun. Avec des petits gâteaux maison à côté en prime. Autant dire que le déjeuner sera tardif ! Ca tombe bien, aujourd'hui, nous avons surtout de la route à faire, avec un arrêt au site le plus visité de Bulgarie : le monastère de Rila.

Pour y accéder, nous avons pas moins de quatre heures de route ce matin, à travers les paysages à couper le souffle des Rhodopes, entre petites stations de ski et villages où la vie n'a pas dû changer beaucoup depuis un siècle : nous croisons ainsi un cheval qui transporte du bois de chauffage, un autre qui creuse des sillons dans la terre avec une charrue, et des gens qui font paître leurs vaches ou leurs chèvres et ensemencent leur champ à la main. Dans cette partie de la Bulgarie, les villages sont largement habités par une minorité turque musulmane. Les premiers minarets à la place des clochers nous font un drôle d'effet, mais on s'habitue à tout !


Sur le chemin du parking au monastère



Au bout du chemin, et comme d'habitude sans aucune indication ou presque, nous trouvons le monastère de Rila, le plus grand et accessoirement le site touristique le plus visité du pays. Ça se voit d'ailleurs dès l'accès au parking : les plus proches du monastère sont pris d'assaut (il faut dire que cette veille de Pâques n'arrange pas les choses) et nous devons nous garer un bon kilomètre plus loin. Malgré les récriminations de Benjamin, qui commence légèrement à fatiguer après 1 600 km au volant, ce n'est pas un mal, car la nature environnante vaut bien de passer un moment dehors.


Que la montagne est belle, comme chantait Jean Ferrat...


Le monde entier (et le Petit Futé en prime) nous a conseillé de faire étape au monastère de Rila pendant notre séjour, mais nous ne sommes pas franchement époustouflés. On n'irait pas jusqu'à dire que nous sommes déçus, mais nous avons croisé d'autres monastères beaucoup plus paisibles et infiniment plus mignons pendant ces 10 jours de voyage. Alors certes, Rila est beaucoup plus grand, plus ancien, plus connu, plus tout, mais la quantité de visiteurs donne au lieu des airs de parc d'attractions plutôt que de monastère. Impression renforcée par le fait qu'il faut mettre la main à la poche pour visiter le moindre bâtiment, comme le musée ou la tour de Hrelja. Pour la sérénité et la quiétude, on repassera...



Bon, on ne va pas non plus faire la fine bouche, la visite valait quand même de faire "un peu" de route. Les fresques à l'extérieur de l'église, par exemple, sont spectaculaires, et les couleurs aussi vives que si elles avaient été peintes hier. Il y en a du sol au plafond sous les colonnades, avec en bonus une petite fontaine avec un zoziau doré au sommet. Histoire d'avoir une vue un peu différente sur le monastère, nous montons au sommet de la tour de Hrelja, la partie la plus ancienne du complexe (1335, quand même). Les fresques à l'intérieur n'ayant pas le même âge que celles de l'église (celle-ci a été reconstruite après un incendie au milieu du 19è siècle), elles ne sont pas dans le même état de conservation et il n'en reste que quelques morceaux au dernier étage. Mais la vue, quoi, la vue !



La visite est finalement assez courte, et à 15h, nous sommes déjà ressortis pour prendre un déjeuner tardif. Cette accumulation de marchands du temple autour des lieux de culte un tantinet importants est tout de même un peu surprenante, alors que le type le plus zen et le plus tolérant de la création s'est quand même mis très en colère à ce sujet ! Un repas pas franchement mémorable et 2h de route supplémentaires plus tard, nous voici de retour à notre point de départ, Sofia. Ce soir, nous reprenons nos quartiers dans le même hôtel et le même restaurant qu'à notre arrivée, toujours en compagnie de Danika.

Au fond, je crois que ce que nous retiendrons de cette journée, bien plus que Rila, ce sont les paysages sublimes que nous avons traversés. Et les cigognes. Mis à part l'Alsacien au volant, personne dans notre petit groupe n'avait encore vu de cigogne en vrai dans sa vie, et en voir pas moins de six en autant d'heures de route était assez incroyable !

Pour quelques photos de plus...

vendredi 29 avril 2016

Bulgarie, jour 10 - Bachkovo & Devin

Il va falloir que j'apprenne à tenir ma langue : il suffit que je mentionne le soleil sur ce blog pour que le temps se gâte le lendemain... Ce matin, c'est donc sous un ciel bien plombé que nous prenons la route du monastère de Bachkovo, tout près d'Asenovgrad. Mais comme le dit désormais si bien Pierre : "Au moins, il ne pleut pas !".

Bachkovo est le deuxième plus grand monastère de Bulgarie après celui de Rila (celui-là, on en parle demain), et la différence se ressent dès le porche d'entrée franchi : c'est sans commune mesure avec tous les monastères que nous avons pu voir jusqu'à présent. Les fresques qui ornent les murs extérieurs de l'église au centre de la cour sont somptueuses, les couleurs éclatantes. A l'intérieur, c'est tout aussi impressionnant, mais pour d'autres raisons : les fresques sont gravement noircies, on suppose qu'un incendie a dû se déclarer dans l'église et que les dommages sont dus à la fumée. Des travaux de restauration sont en cours, mais il faudra sans doute des années avant qu'elles ne retrouvent toutes leurs couleurs.




Vendredi Saint oblige, il y a foule dans l'église. L'allumage de cierges, les trois signes de croix et les bisous aux icônes, on commence à avoir l'habitude, mais voir les gens passer sous la table qui se trouve devant l'autel pour ressortir face à la croix nous stupéfie totalement. Le culte orthodoxe est rempli de petits cérémonials qui semblent très importants et que nous n'avons pas complètement élucidés. Pour dire à quel point Bachkovo est plus grand que les autres monastères, on y trouve une deuxième église dans une cour attenante. Celle-ci ne se visite pas, mais on peut tout de même apercevoir les fresques représentant le Jugement dernier à l'extérieur. Le thème revient souvent chez les Orthodoxes...




Après avoir acheté du miel et de la confiture de fraise des bois à l'un des très, très nombreux marchands du temple qui se trouvent là, nous prenons la route de Trigrad, tout près de la frontière grecque. Deux heures de trajet sur des chemins qui serpentent, tournent et zigzaguent, où la chaussée est encombrée de cailloux et où on prie pour ne croiser personne en sens inverse parce que ça ne va tout simplement pas passer. A ce point des Rhodopes, nous sommes au fond d'un canyon et le paysage est de toute beauté : de chaque côté, on est écrasés par des falaises à pic extrêmement intimidantes. Avec la pluie qui s'est mise de la partie, c'est un régal pour les yeux.




Nous arrivons pile à l'heure pour nous greffer à la visite de 13h15 de la grotte dite "du diable", qui tire son surnom du profil qu'on aperçoit dans la roche au niveau de ce qui est aujourd'hui la sortie de la visite. Bon, il faut beaucoup d'imagination, mais pourquoi pas... C'est surtout la plus grande caverne de Bulgarie : haute de 35 mètres, longue de 110 et large de 40, elle pourrait accueillir la cathédrale Alexandre Nevski de Sofia (que nous n'avons pas encore visitée, mais on pourra juger sur pièce dimanche). C'est tellement grand qu'on s'attend à voir le ciel quand on lève la tête... La légende veut que ce soit par là qu'Orphée (qui était apparemment thrace, et pas grec comme on voudrait nous le faire croire) soit entré aux Enfers pour aller chercher son Eurydice. Qu'on se rassure, on a pris bien soin de ne pas se retourner sur le chemin de la sortie !




Histoire de mettre mes nerfs à rude épreuve, nous faisons le chemin en sens inverse pour rejoindre la grotte de Yagodina. Les deux grottes ne sont séparées que de 20 petits kilomètres, et pourtant, elles n'ont absolument rien à voir. Trigrad impressionne par ses dimensions ; Yagodina, ce sont ses stalagtites et stalagmites qui sont incroyables. La visite se faisant intégralement en bulgare, nous avons récupéré les informations a posteriori, en partie sur Internet et en partie grâce à un jeune homme très serviable qui nous a traduit quelques éléments importants à la fin de la visite.




Sur les cinq étages de la grotte, seuls trois sont visitables au cours d'une visite normale. Pour les deux autres, il faut réserver une visite spéciale, s'armer de matériel de spéléo et être prêt à ramper dans des boyaux étroits, à descendre des cordes et à rencontrer des colonies entières de chauve-souris. Merci, mais non merci ! La visite de base est tout de même plus reposante ! Minute géologie : sur les 27 types de stalagtites/-mites qui existent au monde, 22 sont recensées à Yagodina (et nous, on est contents si on arrive à en identifier 3). On y trouve même un phénomène unique en Europe : les perles des cavernes ! La calcite se dépose en couches concentriques autour de grains de sable grâce à un goutte-à-goutte qui tombe d'une stalactite, et on finit par obtenir des perles, tout pareil que dans les huîtres. Bon, au rythme où vont les choses, il faut compter quelques siècles pour un collier...




Les photos sont normalement interdites dans la grotte, mais la guide se moque éperdument de faire respecter la règle et Benjamin, qui a hérité de l'appareil photos, mitraille allègrement. Il faut dire qu'on ne sait plus trop où regarder, tellement les concrétions sont nombreuses et impressionnantes. Pierre peut en attester, sa tête ayant fait connaissance avec un morceau de plafond particulièrement bas ; heureusement que les gouttes qui tombent en permanence dans la grotte nous ont forcés à mettre nos capuches pour nous protéger, car sans ça, cette visite aurait très bien pu se finir aux urgences !



Les fameuses perles, qui ressemblent à du polystyrène


De retour à l'air libre, nous regagnons notre étape pour la nuit, Devin, en pleine montagne. Notre hôtel ne paie pas de mine vu de l'extérieur, mais nous sommes accueillis par un responsable charmant, qui assure la réception, la cuisine et le service, ne parle pas un mot d'anglais mais se montre incroyablement serviable et gentil. Heureusement que Pierre est là pour assurer un minimum de traduction au dîner ! Nous finissons la journée par un repas très copieux et intégralement fait maison, à base d'omelette à la saucisse locale et de choux à la crème. Heureusement que nos chambres ne sont pas trop loin...

jeudi 28 avril 2016

Bulgarie, jour 9 - Plovdiv & Asenovgrad

Il paraît qu'en ce moment, en France, les températures sont négatives et qu'il y a même de la neige dans certaines régions. Pas ici ! Du côté de la plaine de Thrace et des Rhodopes, le printemps est bien installé et a même parfois un petit côté estival. Ce matin, c'est par un temps vraiment idéal (ciel bleu, grand soleil, autour de 18°) que nous attaquons notre découverte de Plovdiv. Les principaux points d'intérêt se trouvant dans une zone piétonne, ça tombe plutôt bien !

Depuis le début du séjour, nous avons constaté que les grandes villes de Bulgarie ne sont vraiment pas agréables à visiter (à l'exception notable de Veliko Tarnovo), mais Plovdiv est l'exception qui confirme la règle. Sa vieille ville, toute en ruelles pavées et en maisons de la Renaissance nationale, est chou comme tout. Il suffit de se balader dans les rues pour trouver une jolie façade, une église sympa ou une statue rigolote.


Le musée ethnographique


Nous avons passé 2h30 à arpenter les rues de la vieille ville en ayant seulement de vagues objectifs en tête. Nous ne voulions pas manquer l'amphithéâtre romain rénové (construit sous l'empereur Trajan) ou les ruines de la citadelle Nebet Tepe (la première fortification de la ville, détruite par les Macédoniens longtemps avant qu'on compte les années en positif), mais beaucoup d'autres sites valent le coup d’œil : l'église des Sts Constantin et Elena est magnifique, et il s'y déroule en prime une messe du Jeudi Saint (pour rappel, Pâques, ici, c'est ce dimanche) ; la tour de l'horloge, la mosquée et les jardins du Tsar Siméon valent aussi le déplacement. C'est un vrai bonheur de se promener au hasard et de découvrir ce qui se cache au détour de la prochaine rue. Les quelques millénaires d'histoire de Plovdiv (c'est l'une des plus vieilles villes du monde, il y avait déjà du monde à l'âge de bronze) en font un beau mélange de cultures : Thraces, Macédoniens, Goths, Huns, Ottomans, Bulgares, tout ce petit monde est passé par là et a laissé une trace plus ou moins importante.


L'amphithéâtre romain


Sans transition et parce que je meurs d'envie de le caser, la rivière qui passe à Plovdiv s'appelle la Maritza. Pas question d'y couper :


C'était la référence franco-bulgare obligatoire du séjour. Pour ceux qui préfèrent les guitares électriques et les voix lyriques, la reprise de Therion est par ici.

Après cette belle marche dans une des rares villes vraiment jolies de Bulgarie, nous reprenons la voiture pour nous rendre à Asenovgrad, une ville minuscule où il ne s'est pas passé grand-chose depuis sa prise par le Tsar Ivan Alexandre en 1364. Mais les paysages sont beaux, et surtout, il y a une forteresse médiévale, reconstruite par le Tsar Ivan Assen II (d'où le nom de la ville) en 1230. La forteresse elle-même ne paie pas de mine et ressemble plus à une grosse église massive qu'à une place forte, mais le décor dans lequel elle est plantée est assez hallucinant : ce sont à peu près les mêmes montagnes Volvic qu'hier à Shipka, mais dans une version plus escarpée et menaçante. La présence de ce gros cube de pierre au milieu rend le tout vraiment impressionnant.



A l'intérieur, les fresques sont dans un sale état, mais après tout, ce n'est pas vraiment pour ça qu'on est là. Un peu plus loin sur le sentier, au beau milieu des arbres, on trouve la toute petite chapelle St Atanase, dont la porte d'entrée riquiquite évoque carrément Alice au Pays des Merveilles. C'est sans doute la plus grande concentration d'icônes et de bidules qui brillent dans un même espace depuis le début du voyage...



Crapahuter sous le soleil, ça fatigue, et même s'il est encore tôt, nous concluons la journée et allons poser nos valises dans notre adorable hôtel de trois chambres à Asenovgrad, où nous attend une bouteille de vin pétillant en guise de cadeau de bienvenue. En pensant très fort aux Français qui gèlent, on ouvre la fenêtre de la terrasse, on laisse entrer le soleil et on déguste !

mercredi 27 avril 2016

Bulgarie, jour 8 - Kazanlak & Shipka

Ce matin, même si nous nous sommes levés plus tôt que d'habitude pour cause de petit-déjeuner se terminant à 9h à l'hôtel, la journée commence un peu plus tard qu'à l'ordinaire car il nous faut d'abord passer à la banque récupérer des levas. Les distributeurs automatiques étant hors service, il faut patienter le temps qu'on veuille bien nous recevoir au guichet pour changer nos euros. Bon, le retard est peut-être aussi dû au fait que nous nous sommes perdus. Encore.

Les sites touristiques dans les villes ont une fâcheuse tendance à être plus difficiles à trouver qu'en pleine cambrousse, la faute à un sacré déficit d'indications. Ce matin, pour trouver le Musée de la Rose, on ne peut compter ni sur le guide, ni sur l'adresse fournie par le site Internet du musée, ni même sur le seul panneau que nous trouvons sur notre chemin (et qui, nous nous en rendrons compte par la suite, indique une direction diamétralement opposée à celle du musée ; très fort !). Nous tombons d'abord sur un musée en construction et par conséquent inaccessible au public. Un peu contrariés, nous décidons de demander des informations à la Maison de la culture, qui s'avère elle aussi fermée. Faut-il que nous soyons franchement bornés pour tenter notre chance au musée d'histoire, un peu plus loin... Victoire, on nous y apprend que le "vieux" musée est bien ouvert et que le bâtiment flambant neuf en travaux abritera bientôt le nouveau. Une dame parlant un excellent français nous explique comment nous rendre au musée, et par la même occasion, à la tombe thrace, autre étape sur notre programme. Celle-ci étant beaucoup plus près, nous changeons nos plans pour commencer par là.


La tombe d'origine, protégée des regards indiscrets


Les Thraces sont aux Balkans ce que les Étrusques sont au monde romain : on sait où et quand ils ont vécu et on trouve régulièrement des œuvres d'art signées par eux, mais c'est à peu près tout. On ne sait d'eux que ce que les Grecs et les Romains ont bien voulu nous en dire, et c'est un peu léger. Toujours est-il que l'actuelle Kazanlak est située à proximité de l'ancienne capitale thrace de Seuthopolis et qu'on a retrouvé plusieurs tombes dans les environs, dont une totalement par hasard en 1944. Vu l'âge de la chose, l'original est sous cloche et on ne visite qu'une copie, mais ça suffit pour se faire une idée du niveau artistique des Thraces. Une fois passée la horde de scolaires qui nous précède, on pénètre dans un tout petit espace circulaire dont le plafond est couvert de fresques : course de char, serviteurs, musiciens, couple royal, etc. On a vite fait le tour, mais c'est une intéressante entrée en matière, quelque part entre culture grecque et rites funéraires celtiques.



Finalement, grâce aux indications obtenues au musée d'histoire, nous trouvons le tout petit Musée de la Rose dans un bâtiment qui ne paie pas de mine à la sortie de la ville. On comprend la volonté de le déménager, mais vu ce qu'il y a dedans, on se demande surtout comment il sera étoffé pour remplir un espace plus grand !

Ce n'est malheureusement pas tout à fait la saison, mais en mai et juin, Kazanlak croule littéralement sous les roses. La rose de Damas, comme son nom ne l'indique pas, se développe particulièrement bien dans ce coin de Bulgarie et la région vit essentiellement de la production d'huile de rose. 3 000 kg de pétales pour obtenir 1 kg d'huile, quand même... Sans compter que la récolte doit avoir lieu entre 4 et 10 heures du matin, car les pétales cueillis l'après-midi perdent jusqu'à 50 % de leur teneur en huile. Le musée est minuscule mais nous auras au moins appris ça ! On y découvre surtout des photos anciennes montrant la culture de la rose au début du 20è siècle, ainsi que des outils employés il n'y pas si longtemps pour distiller l'huile et l'exporter dans le monde entier. Le tout dans une atmosphère saturée de l'odeur que vous imaginez. Heureusement que la visite n'est pas très longue, sinon ça monterait vite à la tête !



Après un détour obligatoire par la boutique, puis par un supermarché pour acheter de quoi déjeuner, nous prenons la direction du parc national de Shipka (que nous avons déjà croisé plus tôt dans notre séjour). Comme Pierre le fait remarquer toutes les 5 minutes depuis que nous avons mis le nez dehors : "Au moins, il ne pleut pas !", ce qui nous permet de visiter tranquillement les deux sites d'intérêt du parc, à commencer par le monument du col de Shipka.



Pendant la guerre russo-turque de 1877-78 (mais si, on en a parlé au jour 3), le col de Shipka fut le théâtre d'une série d'affrontements entre les Russes et les volontaires bulgares d'un côté, et les Ottomans de l'autre. La Russie a fini par l'emporter, mais une guerre ne se fait pas sans victimes (surtout quand on se bat en plein hiver au sommet d'une montagne bulgare) et ce monument est là pour leur rendre hommage. A l'intérieur, on a droit à un rappel historique (ce n'est pas du luxe...) et à une petite exposition de tableaux, de photos, d'armes d'époque et d'objets retrouvés dans les fosses communes. Dehors, c'est un paysage digne d'une pub Volvic qui nous attend et qui vaut le déplacement à lui tout seul. A cette altitude (plus de 1 000 mètres), le vent est un peu frais et il reste même des plaques de neige dans les coins que le soleil n'a pas réussi à atteindre.



Après exploration complète du site et un mitraillage photographique dans les règles, nous nous lançons sur une route en très mauvais état pour rejoindre le monument de Buzludzha, un gros machin en béton qui ressemble beaucoup à une soucoupe volante. C'est en fait un ancien centre de congrès du Parti communiste, construit en 1981 et abandonné après la chute du communisme. C'est une véritable horreur architecturale et il faut s'infliger plus de 20 minutes de marche intense pour y accéder, à tel point qu'on se demande un peu ce qu'on fiche là. Réponse très simple : c'est un lieu vraiment unique et il est peu probable qu'on revoie ça un jour dans notre vie.



Il fut un temps où le monument, même abandonné, était accessible au public, mais il est aujourd'hui tout simplement dangereux et tous les accès sont condamnés. Il faut se contenter d'en faire le tour pour déchiffrer les tags, ce qui est déjà bien car ce gros OVNI a quelque chose d'inquiétant. On se croirait dans un film post-apocalyptique, une sensation que même le superbe paysage autour n'arrive pas à faire disparaître. En tous cas, c'est un résumé parfait du communisme lui-même : grandeur, mégalomanie et décadence...



Ce soir, nous faisons étape à Plovdiv, à 2h de route de là. Le hasard fait parfois bien les choses et le restaurant juste en face de notre hôtel est tout simplement parfait en termes de nourriture et de programmation musicale. Rien de tel pour finir une grosse journée qu'une dégustation de plusieurs rakias différentes !


(Pour les curieux, on trouve d'impressionnantes photos de Buzludzha avant/après ici.)