vendredi 14 avril 2017

Grèce, jour 13 - Thessalonique

Pour notre dernier jour en Grèce, nous allons prendre le pouls de Thessalonique, deuxième ville du pays après Athènes. Après presque deux semaines de ruines et de culture remontant à bien avant notre ère, tant de modernité, c'est un rude retour à la réalité ! Il faut dire que la ville (nommée d'après une demie-sœur d'Alexandre le Grand, encore lui) a été intégralement détruite par un incendie il y a tout juste un siècle et que tout a dû être reconstruit. Les églises byzantines du 15è siècle qui poussent comme des champignons entre les immeubles sont donc d'autant plus étonnantes.

L'arc de Galère

Nous avons plutôt bien choisi notre jour pour découvrir une tranche de vraie vie dans une grande ville grecque : aujourd'hui, c'est Vendredi Saint, ce qui veut dire jour chômé pour ceux qui ne travaillent pas dans les restaurants ou les magasins. Ce matin, l'ensemble de la population se retrouve dans les églises de Thessalonique pour assister à la messe et faire la queue devant les icônes. On assiste aux mêmes scènes que l'an dernier en Bulgarie (à croire qu'on fait exprès de planifier nos vacances autour de la Pâque orthodoxe), avec allumage de cierges à la pelle et bisous en série sur les icônes. Bon plan pour les deux touristes : les églises dont l'entrée est normalement payante sont gratuites, et celles qui devraient être fermées sont ouvertes. Mauvais plan : c'est archi-plein et il faut marcher sur les orteils des fidèles pour espérer approcher suffisamment des fresques.



Benjamin avait fait les choses bien et prévu un parcours assez court pour couvrir toutes les choses à voir, mais c'était sans compter sur ce jour férié et le musée archéologique ouvert seulement à partir de midi. Après un petit tour sur le front de mer, avec sa Tour Blanche et sa statue équestre d'Alexandre (on est toujours dans ce qui était autrefois la Macédoine et on vous rappelle à tous les coins de rue que le Conquérant est du coin), nous partons donc pour une randonnée de deux kilomètres jusqu'à la ville haute et à ses fortifications. Pourquoi faut-il qu'on s'inflige ce genre d'expédition le dernier jour, quand nous sommes bien fatigués, je vous le demande... Cela dit, la vue sur le golfe de Thessalonique est jolie et la balade se fait au son des cloches de toutes les églises des alentours, qui rappellent à ceux qui seraient passés à côté de la date qu'il faut aller faire son devoir de croyant.



Nous totalisons déjà trois heures de marche depuis ce matin, et il faut encore redescendre ces fameux 2 km pour rejoindre le musée archéologique, qui est enfin ouvert. Très pédagogique (traduction : il y a beaucoup à lire, mais c'est très instructif), il regorge de pièces en très bon état de conservation et on en apprend énormément sur Thessalonique de la préhistoire à la période romaine. Mention spéciale au cratère de Derveni, une urne funéraire de 40 kg qu'on dirait intégralement en or, mais en fait pas (ce n'est qu'un alliage de cuivre et d'étain). La salle consacrée à "l'or de Macédoine", des bijoux récupérés dans les tombes de la région, est superbe, et contrairement à Vergina, on a le droit de prendre des photos. Alors je ne me suis pas privée, parce que je suis toujours frustrée de ne pas avoir pu ramener de souvenirs tangibles de celles d'hier.

Non mais peut-on parler de cette finesse deux secondes ?

Le temps de faire le tour du musée, il est déjà 15h, les magasins fermés ce matin ont ouvert leurs portes et les Grecs ont délaissé les églises pour les terrasses des restaurants et les boulangeries qui vendent de grosses brioches de Pâques. Vu le temps qu'il fait, ils auraient tort de se priver ! Nous réussissons à trouver un restaurant pas trop bondé pour déjeuner, puis nous reprenons le chemin de notre hôtel pour une petite sieste. C'est fou comme ça fatigue, les vacances...


Retour dans notre démocratie à nous dès demain, avec une escale à Athènes avant l'avion pour Paris (on a préféré prendre l'avion de Thessalonique à Athènes plutôt que de tout redescendre en voiture ; la conduite en montagne, ce n'est tout simplement plus possible). En un peu moins de 15 jours, nous avons fait le tour des sites les plus importants de Grèce continentale et avons le sentiment d'être suffisamment imprégnés d'Antiquité pour quelques années. Rome attendra un peu... Quant aux îles grecques, elles feront sans doute l'objet d'un prochain voyage, mais là, il y aura sans doute beaucoup plus à voir à 30 m de profondeur que sur la terre ferme !

jeudi 13 avril 2017

Grèce, jour 12 - Vergina

Finalement, avoir fait cinq monastères sur six hier nous a laissé un petit goût d'inachevé. Puisque nous avons passé la nuit sur place et que le détour n'allait pas vraiment nous retarder, nous avons repris la route des Météores pour grimper jusqu'au monastère (ou le couvent, vu que ce sont des religieuses qui l'occupent) de Roussanou. Par rapport à ceux d'hier, ce n'est pas vraiment spectaculaire et la visite est expédiée en 10 minutes. Mais on sait maintenant ce qui distingue le Roussanou de ses voisins : le jardin des moniales est chou comme tout !



Notre périple continue, et aujourd'hui, pour changer un peu, nous avons rendez-vous avec les Macédoniens. Le village de Vergina, à 2h de route des Météores, s'appelait il y a fort fort longtemps Aigai (ou Aigès, ça dépend des versions). Ça ne dira sans doute rien à personne parce qu'on n'apprend pas ça à l'école, mais c'était la première capitale du royaume de Macédoine, et après le transfert de celle-ci à Pella, c'est resté la nécropole royale. Pensez basilique Saint-Denis version plein air, avec tumuli à la place des gisants. Aujourd'hui, on visite le tumulus royal reconstitué et transformé en musée souterrain. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on a pris une sacrée claque.

Couronne et coffre funéraires en or de Philippe II (via www.milmed2016.gr)

Les photos à l'intérieur du musée sont malheureusement interdites, et à une exception près, nous n'avons pas réussi à tricher. Du coup, cet article sera illustré par des photos pompées sur Google Images, parce que ce serait trop triste de ne pas vous donner un aperçu des merveilles retrouvées dans les tombes royales. Les fouilles des tumuli de Vergina n'ont commencé qu'en 1984 (non, il n'y a pas d'erreur sur la date), mais ça valait le coup d'attendre si longtemps, car le bonhomme qui reposait là n'était autre que Philippe II de Macédoine. Pour ceux qui n'ont pas suivi à Olympie, on parle du papa d'Alexandre le Grand. Un roi qui a triplé la superficie de son royaume, réformé toute l'administration et l'armée, donné un coup de fouet aux arts et de façon générale dégagé un boulevard à son fils pour qu'il devienne le plus grand conquérant de l'Histoire. Alex avait de qui tenir, papa n'était pas exactement une quiche en politique. Accessoirement, comme c'est Alexandre qui a organisé les funérailles de Philippe II, on sait qu'on marche littéralement dans ses pas (à notre petit niveau, hein, parce que nous, on ne conquerra jamais la Perse). Et ça, c'est sacrément intimidant.

Ustensiles en bronze (via visitgreece.gr)

L'avantage des tombes scellées hermétiquement, c'est qu'elles sont pour ainsi dire intactes quand on les ouvre 2 500 ans après. Et quand celui qui est enterré dedans est un personnage si éminent, les découvertes sont grandioses. Nous ne sommes pas encore bien remis des couronnes ou des armures funéraires en or ouvragées, d'une finesse et d'une précision qui feraient pleurer les bijoutiers de la place Vendôme. Ou du service à banquet tout en argent, dans un tel état de conservation qu'il suffirait d'ouvrir la vitrine pour en organiser un là tout de suite. Les armes en fer ont forcément moins bien résisté (on dirait du bois tellement elles sont oxydées), mais les jambières en bronze, les plastrons en or et le bouclier en ivoire et or compensent largement.

Le bouclier en or et ivoire de Philippe II (© gettyimages)

Et si le musée est bâti à l'emplacement du tumulus royal d'origine, ce n'est pas pour rien : entre les vitrines, on peut découvrir l'entrée des tombes royales pratiquement dans leur jus. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ça en jette. Outre celle de Philippe II, on trouve aussi celle d'Alexandre IV, fils d'Alexandre le Grand, assassiné quand il avait à peu près 13 ans (quelqu'un a dû avoir peur qu'il soit aussi doué que les autres hommes de la famille). Pour ceux qui voudraient savoir où se trouve la tombe du Conquérant... vous n'êtes pas les seuls ! Le garçon est mort à Babylone et personne n'a jamais découvert où il avait été enterré. En tous cas, ce n'est pas à Vergina !

La tombe de Philippe II (© Joseph Sakalak via flickr)

La visite est relativement courte et il n'y a vraiment rien à voir à l'extérieur (le musée dédié à Alexandre est en cours de construction, et le palais d'Aigai, de reconstruction), mais on ressort du musée avec un seul mot à la bouche : waouh ! On en a pris plein les mirettes : malgré les lumières trèèès tamisées du musée, tout cet or, ça met des étoiles dans les yeux. On n'aurait jamais parié dessus, mais Vergina restera sans aucun doute un des moments les plus forts du séjour !

Après le déjeuner, retour dans la voiture pour une petite heure de route jusqu'à Thessalonique, ultime étape de notre voyage grec. Nous en avons enfin fini avec la conduite en montagne...

mercredi 12 avril 2017

Grèce, jour 11 - Les Météores

Après des jours de ruines et de religion polythéiste, nous nous attaquons aujourd'hui à un site qui associe Orthodoxie et merveilles de la Nature : les Météores. Le GPS nous annonce à l'origine 2h40 de route depuis Lamia, mais on voit bien qu'il ne connaît ni Benjamin, ni la relation très libre que la Grèce entretient avec les limitations de vitesse : en 2 heures tout pile, le trajet est bouclé - et ce n'est pas du luxe, car il y a beaucoup à voir et que les monastères attirent beaucoup de monde.

Étymologiquement, meteora, ça veut dire "suspendu dans le ciel". Géologiquement, les Météores sont des conglomérats de galets qui dominaient un fleuve il y a environ 60 millions d'années. Le temps, l'érosion et les tremblements de terre ont fait leur oeuvre, et aujourd'hui, ce sont des pitons rocheux dont on se demande comment certains tiennent encore debout. Au niveau religieux, c'est le deuxième complexe monastique de Grèce après le mont Athos (et c'est plus pratique à visiter quand vous n'êtes pas orthodoxe et que vous avez deux chromosomes X, les femmes étant persona absolument non grata au mont Athos). Et au niveau touristique, c'est totalement époustouflant.



Les monastères des Météores, c'est un peu comme le Mont-Saint-Michel : c'est sublime, mais quand on est devant, on se demande quand même pourquoi l'humanité a pris l'habitude de construire des édifices religieux dans les endroits les plus difficiles d'accès (même les chèvres trouvent l'endroit pas commode). La réponse est souvent la même : parce que ça rapproche de Dieu... et, dans ce cas précis, parce que les barbares celtes, slaves ou turcs n'avaient aucune envie de monter jusque-là, même pour le plaisir de déloger du Chrétien. Les ermites ont commencé à se retirer dans des grottes au XIè siècle, les monastères ont été édifiés à partir du XIVè, et aujourd'hui, il en reste six, plus ou moins grands, en activité.

Le monastère de Varlaam

Points communs entre tous les monastères : d'abord, il faut se présenter "décemment vêtu". Et manifestement, un pantalon sur une femme, ce n'est pas décent (le short non plus, mais ça on s'en doutait). Du coup, il faut s'affubler à chaque fois d'un paréo pour cacher jeans, legging ou baggy. Et ce n'est pas que chez les hommes, la punition est la même si les résidents sont des femmes ! Ensuite, mieux vaut ne pas tenter la visite quand on a des problèmes de genoux ou de l'asthme, parce qu'il y a des marches. Beaucoup. Trop. De marches. Sur les six monastères, seul celui d'Agios Stephanos est en accès "direct" ; pour les autres, il faut faire chauffer les mollets ! Benjamin a compté, rien que pour le monastère de la Sainte Trinité (qu'on peut voir dans le James Bond n° 12, version Roger Moore, Rien que pour vos yeux), c'est 147 marches. On ne regrette pas d'avoir pris un bon petit-déjeuner !

Varlaam vu d'en bas

On pourrait redouter l'overdose au bout de six monastères, mais en réalité, ils sont suffisamment différents pour que la visite soit intéressante jusqu'au bout. Varlaam est le plus joli de loin, avec ses murs blancs et ses toits rouges. Le Grand Météore, le plus riche, est fascinant grâce à son musée du folklore. La Sainte Trinité est le plus difficile d'accès, Agios Stephanos offre des fresques bien retapées (oui, c'est clinquant, mais le bon goût et le dépouillement ne sont pas vraiment ce qui caractérise les églises orthodoxes) et Agios Nikolaos Anapafsas a la vue la plus originale. Quant au couvent de Roussanou, on ne sait pas, il est fermé le mercredi. Tous les monastères ont un jour de fermeture différent, il a fallu faire un choix !



Vu les produits dérivés vendus dans les monastères et les marchands du temple sur les parvis des plus grands, tout ça ne respire plus vraiment la piété et l'ascétisme, mais il faut avouer qu'on est moins là pour l'aspect religieux que pour le paysage et la prouesse architecturale. Il n'y a encore pas si longtemps, certains monastères n'étaient accessibles que par une échelle de corde ! Il devait y avoir moins de touristes à l'époque, il faut une sacrée foi pour accepter de grimper 300 m à pic de cette façon !

Varlaam depuis Agios Nikolaos

Quant à nous, au bout de 4 heures de grimpette et de soleil, nous sommes bien contents de nous poser pour déguster une glace, en compagnie d'un des chats du monastère Agios Stephanos (Benjamin attire les félins comme un aimant). Ce soir, nous logeons à Kalampaka, au pied des Météores, et notre chambre d'hôtel donne directement dessus. Le site est tellement exceptionnel, ce n'est pas comme si on pouvait se lasser !

mardi 11 avril 2017

Grèce, jour 10 - Delphes et les Thermopyles

Puisque nous avons été frustrés hier, nous retournons ce matin au château de Naupacte (toujours en voiture, faut pas abuser). Victoire, cette fois, la grille est ouverte et il y a du monde à la guérite ! On aimerait parler grec moitié aussi bien que le monsieur qui nous accueille parle français, mais il faudrait déjà être en mesure d'en déchiffrer l'alphabet, et ce n'est pas pour demain... Même s'il est bien conservé (ouh, les beaux remparts), le château accuse quand même son âge et on en a vite fait le tour. Mais c'est l'occasion d'avoir une vue encore plus plongeante qu'hier sur la baie, et vu la taille de celle-ci, il n'est pas difficile d'imaginer près de 500 galères s'y canonnant joyeusement pour la domination de la Méditerranée.



Naupacte n'était qu'une étape sur une route bien plus longue, qui nous voit aujourd'hui aller jusqu'à Delphes, à environ 2 heures de là. Nous n'avons pas laissé les montagnes derrière nous (de toute façon, des montagnes, il y en a partout dans ce pays, à l'exception de la région d'Athènes), mais cette fois, on a droit à la mer en prime : sur la route côtière qui mène au sanctuaire d'Apollon, il y a le golfe de Corinthe à droite, les montagnes à pic et parfois enneigées à gauche, et inutile de préciser que c'est sacrément beau. Sans le grand soleil et les 20° au thermomètre, on pourrait se croire en Islande ou en Suisse.

Il est 11h30 lorsque nous arrivons à Delphes, et vu le nombre de voitures et de cars garés au petit bonheur, on ne risque pas de passer à côté du site. Il y a déjà beaucoup de monde sur place, mais le site s'étageant sur plusieurs niveaux, on ne se bouscule finalement pas tant que ça pour faire des photos. Le seul souvenir que je garde mon premier passage à Delphes lors de ce fameux voyage de 5è, c'est l'omphalos, le "nombril du monde", une pierre que Zeus aurait laissé tomber là pour marquer le centre du monde. La mémoire fonctionne bizarrement... Je (re)découvre donc le sanctuaire d'Apollon en même temps que Benjamin, et il se pourrait bien que Delphes soit le plus joli site archéologique que nous ayons vu jusqu'à présent.



Joli grâce au décor dans lequel il est posé, déjà. Je me répète, mais Mère Nature a fait du bon boulot côté montagnes grecques. Ensuite, les différents "étages" du sanctuaire le font sortir du lot. Jusqu'ici, les ruines datant de la Grèce classique que nous avons pu voir s'étendaient sur un ou deux niveaux seulement ; à Olympie et Epidaure, c'était même carrément plat. Ici, la Voie sacrée serpente entre les "trésors" des différentes cités-Etats grecques, monte jusqu'au temple d'Apollon lui-même, puis jusqu'au théâtre, et enfin au stade. Et puis il y a le caractère mythique du lieu, avec ses histoires de pythies et d'oracles. Du sacré beau monde est passé par là pour consulter la pythie (y compris Crésus lui-même), et quand on se dit que les prophéties étaient sans doute le fruit d'une fuite d'éthylène à proximité du fauteuil de la devineresse, on a envie de rigoler aussi.



Points bonus aussi pour le musée archéologique, qui renferme de sacrées pièces en excellent état, dont une paire de kouroï (des jeunes hommes, en français dans le texte), un superbe sphinx, un aurige en bronze qui a perdu ses chevaux, et une statue d'Antinoüs, le favori de l'empereur Hadrien. Ça nous change un peu des statues en mille morceaux dont les musées du coin sont souvent remplis ! On sort de là avec l'impression d'en avoir vu plus qu'ailleurs, ou en tous cas d'avoir vu ce que la Grèce antique a de mieux conservé et de plus imposant.



Dernière étape de notre passage en Grèce centrale (toutes les régions n'ont pas la même densité culturelle que le Péloponnèse) : les Thermopyles, cadre du baroud d'honneur des Spartiates contre l'armée de Xerxès en 480 avant J.-C. Plusieurs dizaines de milliers de Perses contre 300 hoplites spartiates menés par Léonidas (et quelques alliés, 2 000 hommes au total, mais on n'en parle jamais parce que c'est moins classe), ça marque les mémoires au point qu'on en fait encore des films et des chansons à l'heure actuelle. Malheureusement, le site du champ de bataille est aujourd'hui très glauque et on n'a pas vraiment envie d'y laisser longtemps sa voiture. Le monument dédié aux Spartiates qui se sont sacrifiés pour retarder l'armée de Xerxès et laisser le temps aux Grecs d'organiser leur défense est posé au milieu de nulle part et le centre d'informations est trop loin pour qu'on ait envie d'y faire un tour. C'est un peu décevant, d'autant que nous avons une fois de plus lutté avec le GPS pour arriver là... Mais pour compenser et rendre hommage aux 300 comme il se doit, nous lançons cette chanson dans la voiture à un volume sonore indécent. Si on n'écoute pas de Sabaton aux Thermopyles, je ne sais pas où on peut en écouter !



La journée est déjà finie et nous allons prendre nos quartiers dans la ville la plus proche des Thermopyles, Lamia. Cette fois, le GPS se surpasse en nous envoyant sur une route qui n'existe manifestement plus depuis longtemps. Dommage de terminer sur des notes si frustrantes alors que la visite de Delphes a été si agréable !

Tonight we dine in Hell! (Ou "We park in Hell", c'est selon...)

lundi 10 avril 2017

Grèce, jour 9 - Olympie et Naupacte

Encore un gros morceau d'Histoire aujourd'hui, avec les vestiges d'Olympie. Le site archéologique se trouve à 500 mètres de notre hôtel, ce qui nous permet de faire une petite grasse matinée (jusqu'à 8h30, le luxe !) et d'arriver malgré tout avant la foule. Le parking est presque vide lorsque nous nous garons, ce qui sera loin d'être le cas à notre départ...

L'avantage d'Olympie, c'est que je n'ai pas besoin de m'étendre trop longtemps sur l'historique, tout le monde sachant à peu près de quoi il s'agit : un centre religieux panhellénique, dédié à Zeus, où l'on mettait la guerre en veilleuse tous les quatre ans pour faire du sport pendant une semaine. C'est là que se trouvait la statue de Zeus chryséléphantine, l'une des 7 merveilles du monde tout de même, et c'est là qu'on allume encore aujourd'hui la flamme olympique, même si ce n'est pas ce qu'on nous a dit au stade Panathénaïque... (Vérification faite, la flamme est allumée à Olympie, emmenée par les relayeurs jusqu'à Athènes, et part de la capitale faire le tour du monde. C'est pas beau de mentir aux visiteurs !)



Les jeux ayant été interdits par les premiers empereurs chrétiens (trop païen, tout ça) et la région étant malheureusement sujettes à de fréquents tremblements de terre, il ne reste pas grand-chose d'Olympie, mais la balade au milieu des ruines en cette période de l'année vaut la peine pour les jolis arbres violets qui émaillent le paysage. Pour le reste, sans le très bon plan fourni par le Routard, on aurait du mal à s'y retrouver... On voit ainsi, dans le désordre, les restes du gymnase, de l'atelier de Phidias (le papa de la statue de Zeus), du stade (avec son autel de Déméter où est toujours allumée la flamme), ou encore du temple d'Héra. Le seul bâtiment qu'on reconnaît facilement, c'est le temple de Zeus, dont les colonnes effondrées font un peu de la peine. La seule qui soit encore debout a été remontée à l'occasion des JO de 2004.



Niveau colonnes, le temple d'Héra et le Philippéion (construit par Philippe de Macédoine, le papa d'Alexandre, pour rappeler que, militairement et sportivement parlant, c'était lui le boss) s'en sortent un peu mieux, mais là encore, il a fallu les retaper pendant de longues années pour obtenir ce résultat. Heureusement que notre fidèle Routard est là pour nous donner des repères historiques et du contexte, car les panneaux explicatifs se battent en duel et nous n'avons même pas eu de carte du site à l'entrée !



A un jet de pierre du site archéologique, on trouve le musée où sont exposés tous les objets d'art retrouvés lors des fouilles. Et ce n'est pas ça qui manque : dans la première salle que nous visitons, on trouve par exemple des vitrines entières de statuettes de bœufs en bronze, représentant les cent bœufs sacrifiés à Zeus au 4è jour des jeux (minute étymologie : "cent bœufs", c'est la traduction littérale de "hécatombe". L'information ravit la grosse nerd des langues que je suis). Niveau statues, on est gâté aussi, avec le célèbre Hermès de Praxitèle, trop bien conservé pour être l'original grec (il s'agirait plutôt d'une copie romaine). Mais dans un cas comme dans l'autre, c'est un chef-d'oeuvre - et ça fait du bien de tomber sur une statue qui a conservé 90% de ses membres !



Lorsque nous quittons Olympie, aux alentours de midi, ce sont des cars entiers de touristes qui commencent à se déverser sur le site. On en dénombre plusieurs dizaines dans la ville même, sans compter tous ceux que nous croisons sur la route en repartant. En été, l'endroit doit être absolument invivable...

Nous laissons donc le Péloponnèse derrière nous après cette visite emblématique pour rejoindre la Grèce centrale. Nous avons deux heures de route devant nous jusqu'à notre prochaine étape, et par rapport à hier, le trajet est d'une banalité très bienvenue ! Le seul événement est la traversée du détroit de Corinthe par un pont impressionnant sur lequel il ne doit pas faire bon circuler les jours de grand vent. Notre étape du jour, Naupacte, est un petit port adorable qui fut autrefois le site d'une des plus grandes et des plus célèbres batailles navales de l'Histoire. "La bataille de Naupacte", ça ne dira rien à personne, mais c'est tout de suite plus parlant quand on sait que les Vénitiens appelaient cet endroit "Lépante". C'était en 1571 et Venise s'en vante encore ; il faut dire que 62 galères coulées et 20 000 morts côté ottoman, ça reste dans les livres d'histoire, même si la Sérénissime n'était pas toute seule sur le coup.



Après un déjeuner tardif et très venteux face au port, nous allons faire un tour du côté de la digue, avec sa statue de Cervantes. On s'est demandé ce que le papa de Don Quichotte fichait là, mais informations prises, le bonhomme a été soldat avant d'être auteur. Il a ainsi perdu l'usage de sa main gauche à la bataille de Lépante, justement. Vu ce qu'il a écrit par la suite, il devait être droitier ! Pour finir la journée, nous montons en voiture jusqu'à la forteresse de Naupacte, qui s'avère être fermée le lundi. Heureusement que nous ne sommes pas arrivés jusque-là à pieds, il y aurait eu de quoi être très frustrés ! C'est tout de même l'occasion de découvrir le golfe de Patras et d'imaginer le match Sainte Ligue vs. Empire ottoman qui s'y est joué il y un peu moins de 500 ans.

Ce soir, nous logeons dans un délicieux petit hôtel sur le hauteurs de Naupacte, avec vue sur la mer. Ça a du bon, les vacances.

dimanche 9 avril 2017

Grèce, jour 8 - Mystra et Bassae

Gros, gros bond dans le temps par rapport aux sacrées vieilleries d'hier : ce matin, nous visitons les ruines de la ville franque de Mystra, bâtie en 1249 (on n'a pas dit que c'était récent, juste que c'était moins vieux !) par Guillaume II de Villehardouin, prince d'Achaïe (ou de Morée, c'est pareil), c'est-à-dire d'à peu près tout le Péloponnèse. Avec un nom comme ça, on se doute que le bonhomme n'était pas vraiment du coin : la famille de Villehardouin est originaire de Champagne et s'est arrêtée en Grèce au milieu de la 4è croisade plutôt que de participer à la prise de Constantinople. Ça leur a plutôt réussi.

Le château

Suivant les conseils avisés du Routard, nous commençons notre visite par la ville haute. Et parce qu'il vaut mieux s'attaquer aux épreuves difficiles quand on est encore frais et dispos et que les jambes sont bien reposées de la veille, on attaque la colline et ses pavés glissants pour rejoindre le château. Il y a longtemps qu'il n'y a plus rien à voir, à part quelques créneaux et des pans de murs effondrés, mais dieux que la vue est belle ! Au risque de passer pour un disque rayé avec mes histoires de paysages, la vue sur la plaine de Sparte est à couper le souffle et les montagnes enneigées qui dominent la cité sont renversantes.



Après avoir bien joué aux cabris pour photographier les montagnes sous tous les angles, il faut faire le chemin à l'envers pour découvrir les bâtiments de la ville haute. Personne ne s'est donné la peine d'entretenir les fortifications et le palais à la chute de l'Empire byzantin, mais les églises, c'est une autre histoire : ce sont les seuls bâtiments qui tiennent encore debout. Même si les fresques ont beaucoup souffert, on peut encore en admirer quelques-unes, surtout dans l'église Saint-Nikolaos.



L'autre gros morceau de la ville haute, c'est le palais du Despote (un mot qui voulait plus ou moins dire "prince" dans l'Empire byzantin, le sens a un peu changé). Il y a quelques années, il était dans le même état que le château, mais aujourd'hui, c'est un bâtiment superbe, pour ainsi dire flambant neuf. La reconstruction est financée par l'Unesco, et comme les travaux sont en cours, on ne peut pas le visiter. Mais vu le résultat, prenez tout votre temps, messieurs les bâtisseurs ; les visiteurs des années à venir auront droit à un très, très beau palais !

Après cette première approche de Mystra, notre fidèle voiture nous conduit à la ville basse, encore plus riche en églises. La plus impressionnante est celle qu'on appelle la Métropole, moins pour ses fresques et sa déco chargée que pour la dalle sculptée représentant l'aigle byzantin à deux têtes au milieu de la nef : c'est à cet endroit précis que fut couronné le dernier empereur de Byzance, Constantin Paléologue, en 1448. Sachant que l'Empire byzantin est tombé cinq ans plus tard, ça ne devait déjà plus trop être la joie à ce moment-là...



Étonnamment, l'une des églises du site est toujours utilisée par les religieuses qui vivent là. Le voisinage ne doit pas être trop bruyant, mais il faut composer avec les touristes qui se déversent sur Mystra par cars entiers en été. Nous croisons d'ailleurs une petite vieille dame encapuchonnée et toute de noir vêtue à la sortie de l'église de Pantanassa, ce qui fait un drôle d'effet. On est davantage habitués aux popes, dans ce pays !

Voilà déjà 2h30 que nous crapahutons dans la ville franque, et il est temps de penser au reste du programme de la journée, d'autant que nous n'avons aucune certitude sur l'heure de fermeture des sites (même lorsque le Routard et le site officiel du Ministère de la Culture grec vous disent 20h, ça peut être 15h, ce qui est un peu contrariant). Sans prendre le temps de déjeuner, nous prenons donc le chemin de Bassae pour visiter le temple d'Apollon Epikourios. Oui, je dis bien "le chemin" et pas "la route", car le plus gros du trajet se fait précisément sur de petits chemins sinueux - et c'est un véritable cauchemar. Le GPS n'a pas d'option "Sélectionner la route la plus sûre", et c'est bien dommage, car pour atteindre ce temple à plus de 1 000 mètres d'altitude, il joue avec nos nerfs. Pendant 45 minutes, nous avons donc droit en alternance aux virages en épingles à cheveux, aux nids-de-poules, aux pierres sur une moitié de la route, aux chèvres sur l'autre moitié et aux chemins de terre de plus en plus étroits. On prie tous les dieux du panthéon grec de ne croiser personne en face, sinon on est morts. Benjamin a beau être un excellent conducteur et avoir confiance dans sa voiture, j'ai rarement été aussi terrorisée de toute ma vie. Oui, à ce point !



L'arrivée au temple est un soulagement indescriptible, même si on ne risque pas de l'apercevoir de la route, vu que le bâtiment est recouvert par une immense tente blanche. Et un échafaudage antisismique. Et des étais de consolidation. Ces éléments de protection ont été posés en 1987 et ne risquent pas de disparaître de sitôt, car il y a encore du boulot pour consolider tout ça. Tout ce barda pourrait sembler un peu excessif, mais il y a une bonne raison à sa présence : le temple d'Apollon Epikourios est tout simplement le mieux conservé des temples grecs, et il doit le rester. Toutes ses colonnes sont pratiquement intactes, mais elles sont en calcaire, ce qui n'aide pas à résister aux intempéries. Le temple a été le premier monument grec classé par l'Unesco, et vue l'ampleur des travaux, il doit mobiliser une grosse partie du budget !



La tente (et le froid qu'il fait dessous) donne au site un aspect un peu irréel : on a l'impression de ne pas être face à un vrai temple, plutôt dans un musée, où on aurait reconstitué des colonnes pour faire comme si. Mais quand on prend le temps de réfléchir à l'âge que doivent avoir ces pierres (420 avant notre ère, a priori), l'ensemble est très impressionnant, et le travail que représente sa préservation encore plus. Mais tout ça, ce sont bien des considérations d'humains dont les chèvres se fichent pas mal : pour elles, le site est un garde-manger comme un autre et il faut leur courir après pour les chasser de là !



Histoire de prolonger un peu notre visite, nous faisons un petit tour dans le parc qui entoure le temple, mais le bâtiment étant en excellent état, on n'y trouve pas l'assemblage romantique de pierres qu'on a pu voir à l'agora d'Athènes ou au temple d'Asklépios à Epidaure. Arrive donc l'heure fatidique de reprendre la voiture pour quitter cette satanée montagne... Bon, dans ce sens-là, c'est un peu moins stressant, même si la route jusqu'à notre étape de la soirée serpente toujours un peu trop à mon goût.

Ce soir, nous logeons à Olympie (ouh le gros spoiler sur ce que nous allons visiter demain !). Notre hôtel se trouvant à proximité de la rue commerçante de la ville, nous en profitons pour faire un brin de shopping. Une bonne façon de se détendre après une journée riche en émotions ! 

samedi 8 avril 2017

Grèce, jour 7 - Argos, Mycènes et Némée

Ce qu'il y a de terrible, dans ce pays, c'est que la plupart des noms de villes vous titille le cerveau, sans que vous sachiez toujours pourquoi ou comment. "Argos" me disait bien quelque chose depuis hier, mais il aura fallu attendre la fin de matinée pour qu'un panneau dans un musée me rappelle pourquoi : c'est la faute de Persée, fils de Zeus et Danaé, elle-même fille d'Acrisios, roi d'Argos, donc. Persée ayant accidentellement tué son papy (accomplissant ainsi une prophétie de l'oracle de Delphes), il aurait dû monter sur le trône d'Argos, mais l'idée de régner sur une ville dont le précédent roi était mort par sa faute ne le tentait pas vraiment, et il préféra aller fonder Mycènes. Voilà pour l'historique. Ou la légende. Dans ce pays, on a parfois du mal à faire la différence...

Il n'y a plus de roi à Argos depuis un bon moment, mais il y a toujours un château (Larissa de son petit nom), qui domine la ville de façon assez impressionnante depuis le sommet de sa montagne. Les premières fortifications à cet endroit remontent au 6è siècle avant notre ère, mais ce sont les Byzantins qui ont construit le château au 10è siècle. Il a ensuite été tenu par les Francs, puis les Vénitiens, puis les Turcs. Aujourd'hui, pour y accéder, il faut être sacrément motivé et ne pas avoir peur des petites routes de montagne qui serpentent en épingles à cheveux...



Nous avons mis presque autant de temps à trouver la route en question qu'à explorer le site, car à part les murs de l'enceinte intérieure, avec leurs créneaux comme dans les livres d'histoire, il ne reste plus grand-chose d'intact. Mais la vue depuis le château de Larissa est absolument exceptionnelle, comme à peu près tous les paysages que nous avons pu voir dans le Péloponnèse jusqu'à présent. Les montagnes, c'est superbe quel que soit le pays !



Prochain arrêt, et pas des moindres : Mycènes. Fondée par Persée, donc, et rendue célèbre dans la mythologie par les Atrides (les descendants d'Atrée), un modèle de famille dysfonctionnelle qui renvoie toutes celles de Game Of Thrones au bac à sable. Je vous ferais bien un topo sur les Atrides, mais ce serait beaucoup trop long et il faudrait y ajouter des schémas et des arbres généalogiques pour comprendre, alors si vous voulez vous renseigner, allez d'abord faire un tour sur l'article de Wikipédia et revenez après. Pour ceux qui ont la flemme, pour faire court, on parle ici d'Agamemnon, de sa femme Clytemnestre, de leurs enfants Oreste, Electre et Iphigénie, et d'une certaine guerre de Troie.

Le masque d'Agamemnon

C'est donc parti pour le site archéologique de Mycènes, qui date de 1500 et des poussières avant notre ère (ce qu'on appelle la Grèce préclassique). Un peu à l'écart de la ville proprement dite, on trouve le trésor d'Atrée, autrement dit un tombeau royal. Chez les Mycéniens, la royauté était enterrée dans des tombeaux en forme de ruche monumentale. Le gros triangle vide au-dessus du linteau sert à soulager un peu le linteau, qui pèse pas moins de 120 tonnes. Fallait-il que les architectes connaissent leur boulot pour penser à ce genre d'astuce il y a 3 500 ans... Dedans, il n'y a évidemment plus de trésor à piller, mais on se sent vraiment tout petit sous cette voûte de pierre de plus de 13 m de haut.

L'acropole de Mycènes

Le site suivant est celui de l'acropole de Mycènes, dont le parking est déjà envahi par les cars de touristes. Pour une fois, nous faisons une entorse à notre règle concernant les musées, parce que ce n'est pas tous les quatre matins qu'on a l'occasion de voir le célèbre masque d'or d'Agamemnon en vrai. Bon, ce n'est qu'une reproduction, mais quand même ! Le reste du musée est d'ailleurs extrêmement intéressant et permet de constater l'évolution des arts et techniques entre la civilisation mycénienne (-1500) et la période classique (-600). Certains bijoux retrouvés dans les tombes devraient donner des idées aux orfèvres modernes !

Après ce premier contact avec l'histoire locale, on entre dans le vif du sujet en pénétrant dans Mycènes par la Porte des Lionnes. Les pauvres gros chats ont perdu leur tête en bronze depuis longtemps, mais la sculpture est bien d'époque et ça fait son petit effet. Le cercle royal et les six tombes qu'il contenait sont eux aussi plutôt bien préservés, mais plus on monte, plus les ruines des bâtiments sont limitées. Il ne reste par exemple presque rien du temple et du palais qui se dressaient tout en haut, car tout a été détruit lors d'un tremblement de terre. C'est un peu dommage, mais encore une fois, les paysages sont là pour justifier et récompenser la grimpette.

Le cercle royal

Au pied de l'acropole, on termine la visite par la tombe de Clytemnestre (en forme de ruche elle aussi, donc) et celle de son amant Egisthe. Enfin, on suppose. C'est quand même plus excitant que la tombe de parfaits inconnus ! Il nous aura fallu deux bonnes heures pour explorer tout le site malgré notre rythme assez soutenu, ce qui donne une petite idée de l'ampleur de l'ensemble. Les Mycéniens avaient la folie des grandeurs !

Pour poursuivre le thème "mythologie" du jour, nous prenons ensuite la route de Némée. Comme le lion qu'Hercule dut tuer à mains nues, oui oui, parfaitement. En plus d'être le site d'un des fameux 12 travaux, dans l'Antiquité, Némée organisait également des jeux (les Néméades, donc), en alternance avec Delphes et Olympie. Des amateurs ont même décidé de les remettre au goût du jour depuis 1996, mais ça n'a pas aussi bien pris que le retour des Jeux Olympiques un siècle plus tôt, allez comprendre...



Là aussi le site est coupé en deux, et nous commençons par le temple de Zeus avec ses colonnes en kit. A l'origine, seules trois pauvres colonnes étaient encore debout, mais plusieurs de leurs voisines ont été remontées grâce au concours de l'université de Berkeley, en Californie, qui prévoit d'ailleurs d'en reconstituer d'autre. Il va y avoir du boulot, parce que c'est un vrai puzzle ! On distingue très bien les pierres des colonnes ici et là, mais elles sont éparpillées sur des dizaines de mètres et on souhaite bien du courage à qui devra décider où doit aller tel bloc. N'empêche, avec les montagnes en arrière-plan, le site est particulièrement joli. Un peu plus loin sur la route, on trouve le stade (sans gradins) où se tenaient les Néméades (et où leur version moderne est toujours organisée tous les quatre ans, donc). Il n'y a plus grand-chose à y voir à l'exception du tunnel par lequel passaient autrefois les athlètes pour entrer dans le stade, mais le site a le mérite d'être complètement snobé par les touristes, et donc d'être très reposant.

Après une pause déjeuner tardive au snack bar du coin (dont la patronne ne parle pas un mot d'anglais), nous rejoignons notre étape du jour, Sparte. Au moins, on ne se demande pas longtemps pourquoi cette ville-là nous parle ! Sparte n'ayant malheureusement rien conservé ou presque de sa grandeur antique, il n'y a pas grand-chose à y voir, si ce n'est une statue ultra-moderne de Léonidas et un pseudo-sanctuaire qui ressemble surtout à un gros tas de cailloux. Le bonhomme étant mort sous les sandales des Perses aux Thermopyles, ce n'est de toute façon qu'un symbole.



Pour jouer à "This is Sparta" et rendre un véritable hommage aux 300, on attendra d'être aux Thermopyles !

vendredi 7 avril 2017

Grèce, jour 6 - Epidaure et Nauplie

Nous reprenons ce matin notre programme de visites culturelles avec un gros morceau : le théâtre d'Epidaure, l'un des plus beaux et surtout l'un des mieux conservés du pays. C'est bien simple, il est aussi intact qu'on peut l'être quand on a un peu plus de 2 000 ans. Cette fois, nous n'avons pas eu le courage de nous lever aux aurores pour arriver sur le site avant les cars de touristes, et nous partageons donc le théâtre avec une colonie de jeunes Français. On en a connu de moins respectueux et bien élevés, on ne va pas se plaindre.



Epidaure, donc. Construit entre le 4è et le 2è siècle avant notre ère, englouti au fil des ans sous une forêt de pins et d'oliviers et retrouvé en 1829 par une expédition archéologique française. Avec ses 12 000 places, ce n'était même pas l'un des plus grands du pays, et ce n'est donc pas sa taille qui frappe quand on le découvre pour la première fois. C'est plutôt son état de conservation incroyable, qui donne l'impression que des acteurs masqués et entogés vont sortir des coulisses d'ici cinq minutes pour vous jouer du Sophocle. Etant donné qu'il est interdit de pousser la chansonnette, on n'a pas pu tester l'acoustique de l'endroit, mais on la dit absolument parfaite. Cela dit, Maria Callas aurait pu revenir d'entre les morts pour nous chanter Norma (ce qu'elle a fait ici-même en 1960), personne n'y aurait prêté attention, car tous les visiteurs étaient fascinés par une autre vedette : un minuscule chiot aux airs de bébé ours qui a suivi la colonie à la trace pendant toute leur visite. Décès par choupitude assuré.



Pour laisser le gros des touristes derrière nous, il suffit de faire 500 mètres et de se rendre au temple d'Asklépios, connu aussi sous le nom latin d'Esculape, alias le dieu de la médecine, alias le gars à qui on doit le caducée (l'animal fétiche du bonhomme était un serpent et l'un d'eux s'enroulait autour de son sceptre). On a beau décrire le sanctuaire d'Asklépios comme le premier "hôpital" de l'Antiquité, la médecine moderne est encore loin : à l'époque, les malades étaient soignés en rêve par le dieu lui-même. Au mieux, ils étaient guéris dès leur réveil (genre Lourdes avant la lettre) ; dans le pire des cas, Asklépios leur indiquait le traitement à suivre sous forme de devinette, et les médecins/prêtres interprétaient le tout à leur sauce. L'ancêtre de l'ordonnance illisible que le pharmacien fait de son mieux pour déchiffrer, quoi !



Vu que toute la région est venue se servir en matériel de construction pendant 2 000 ans, il ne reste plus grand-chose du temple, mais quelques colonnes ont été reconstituées avec ce qu'on a réussi à retrouver. De toute façon, rien que pour les paysages du Péloponnèse autour, la balade vaut la peine.

Nous laissons Epidaure et ses vieilles pierres derrière nous pour aller découvrir, à une petite demi-heure de route, un tas de pierres encore plus anciennes, posées là par les Mycéniens (environ 1 500 ans avant J.-C.). Vu l'âge de la chose, on a du mal à imaginer à quoi ressemblait l'acropole de Tirynthe à la grande époque, mais il s'agissait manifestement d'un ouvrage militaire. En même temps, les murs composés de cailloux de 10 tonnes, ce n'est pas fait pour l'agrément ! Certains sont mêmes tellement impressionnants qu'on se demande comment de pauvres mortels sont parvenus à les construire (et on ne vous parle pas de l'arche de pierre, dont on ne sait même pas comment elle tient). Ce n'est pas pour rien que la légende attribue leur construction aux Cyclopes !



Parce que nous sommes deux idiots, nous faisons semblant de ne pas remarquer qu'il est midi et qu'il fait très chaud, et nous nous rendons à Nauplie, juste à côté de Tirynthe, pour explorer la forteresse à flanc de montagne qui domine la ville : le fort Palamède. Visiter un fort en plein cagnard n'est pas l'idée du siècle, on devrait pourtant le savoir depuis Malte... En temps normal, nous aurions sans doute grimpé les 857 marches qui mènent à la forteresse, mais Benjamin souffrant d'un sérieux mal de crâne depuis le début de la journée, nous optons pour la solution de facilité et faisons le trajet en voiture.



C'est un bond dans le temps d'environ 3 000 ans que nous venons d'effectuer, car le fort Palamède date du tout début du 18è siècle. Réputé totalement imprenable, il a été... pris par les Turcs un an seulement après la fin de sa construction. Il faut arrêter avec les épithètes du genre insubmersible/invincible/imprenable, ça se finit toujours très mal ! Reste que le fort est relativement bien conservé et qu'on peut faire le tour des huit bastions d'origine en crapahutant un peu. Pour continuer dans le thème de la journée, la vue de là-haut est absolument magnifique et on aurait bien envie de piquer une tête dans les eaux turquoises de la baie de Nauplie. Mais on sait quelle température il y fait, dans ces eaux, alors on va éviter...

Fort Palamède vu d'en bas

Après un petit tour du côté de l'ancienne citadelle franche, Akronauplie, qui ne casse pas trois pattes à un canard, nous redescendons au niveau de la mer pour déjeuner. Note pour plus tard : ne pas choisir son restaurant pour la jolie petite cascade qui coule dans la cour et se renseigner sur le menu proposé avant de s'asseoir... Le déjeuner est un gros échec, mais nous nous rattrapons avec une petite balade digestive dans les rues très commerçantes et touristiques de Nauplie. Pour conclure la journée, nous allons jeter un œil à l'église Panagia, un modèle d'église orthodoxe ultra-bling qui décape la rétine. Niveau déco, Protestants et Orthodoxes devraient se réunir pour atteindre le juste milieu !

Ce soir, escale à Argos, d'où nous partirons demain pour la capitale des Mycéniens.

jeudi 6 avril 2017

Grèce, jours 3 à 5 - Plongée et Archéa Epidavros

Les trois derniers jours ont été consacrés à notre désormais traditionnelle "pause plongée" : quand on visite un pays avec de l'eau autour et que la météo n'est pas absolument incompatible avec l'activité, nous allons découvrir les fonds marins. Il était bien prévu que ladite découverte en Grèce se fasse à deux, mais quelques jours avant le départ, j'ai attrapé la mère de tous les rhumes (un peu dommage de tomber malade la première semaine du printemps, surtout quand on a traversé l'automne et l'hiver sans croiser le moindre virus...). Et il va sans dire que les sinus bouchés sont contre-indiqués quand il faut équilibrer les oreilles tous les trois mètres...

Mardi, Benjamin est donc allé plonger tout seul à Vari, à environ 45 minutes au sud d'Athènes. Enfin, "tout seul", on se comprend : il était tout de même accompagné du patron du centre, d'un moniteur et d'un plongeur italien. Bibi est restée à terre avec son Kindle pendant que ces messieurs sortaient le bateau. Verdict au retour : la mer Égée en avril, c'est froid. Genre 14°. Benjamin a retenu la leçon : quand l'instructeur demande trois fois si tu es sûr de ne pas vouloir de sous-combinaison, c'est qu'il y a une raison !

Nous avions prévu de visiter le site archéologique d'Elefsina dans l'après-midi de mardi, mais le temps de rejoindre la ville, il est déjà 16h et le site a fermé ses portes depuis une heure. Nous prenons donc directement la route d'Archéa Epidavros, qui sera notre "base plongée" pendant deux jours.



Mercredi, même punition : Benjamin prend la mer sur le "Sophia Loren" avec Yves, un expatrié qui a préféré le climat grec à celui de sa Bretagne natale, allez savoir pourquoi, pendant que l'enrhumée reste à quai. La différence, c'est que le plongeur n'a pas refusé la sous-combinaison, cette fois-ci, et qu'Archéa Epidavros mérite plus de photos que le port de pêche très moche de Vari. Entre les deux plongées de Benjamin, nous trouvons même le temps de nous rendre au petit théâtre qui se dressait là il y a fort fort longtemps. Il ne tient pas la route face au théâtre d'Epidaure, qui se trouve à un quart d'heure de là et que nous visiterons dès vendredi, mais il prouve bien que les Grecs de l'Antiquité construisaient des théâtres absolument partout.



Jeudi, marre d'attendre le retour des hommes partis en mer ! Même si je parle toujours du nez et que ma consommation de mouchoirs en papier ne diminue pas, je respire à peu près normalement, ce qui me suffit pour tenter au moins une plongée. D'autant que Yves nous a prévu une petite sortie VIP à la journée, avec casse-croûte sur l'île d'Egine, et qu'il serait dommage de manquer ça. Nous partons donc un peu après 10h du matin, sous un soleil radieux, et rejoignons notre premier spot de la journée après une heure de bateau. Bilan : il m'aura fallu 10 bonnes minutes pour que mes pauvres oreilles s'habituent, mais j'ai finalement eu gain de cause et Benjamin ne sera pas le seul à pouvoir se vanter d'avoir plongé dans la mer Egée !



Pour déjeuner, nous mouillons dans le port d'Egine et nous prenons notre pique-nique, préparé par un hôtel partenaire du centre de plongée, sur le petit pont avant du bateau. Après une très courte exploration de l'île (pour dire qu'on a mis le pied dessus) et une petite sieste, direction l'épave de l'Aventis III pour la deuxième plongée du jour. Avec une combinaison de 7 mm, une souris en dessous, des gants, une cagoule et des bottillons, on parvient à ne pas mourir gelé malgré les 14° ambiants.

Lorsque nous émergeons, le beau soleil de la journée a disparu, remplacé par une petite pluie et un gros orage qui se prépare au-dessus du volcan qui dort à côté d'Egine. Le retour au port est un peu frisquet, mais pour compenser, nous avons droit au spectacles des éclairs sur la mer, et même à un bel arc-en-ciel pour couronner le tout. Après une douche brûlante, nous allons conclure la journée avec Yves à la terrasse d'un café. Finalement, j'aurai bien fait de forcer un peu les choses, car il aurait été dommage de manquer cette belle sortie en mer Egée.

Même les chats ont le pied marin !

lundi 3 avril 2017

Grèce, jour 1 & 2 - Athènes

Changement de météo par rapport au dernier voyage ! Après les -20 °C de la Laponie en hiver, nous allons profiter du climat bien printanier de la Grèce en avril. Il n'y fait pas encore les 35 qu'on peut subir au mois de juillet, mais à cette période de l'année, on est ravi de pouvoir profiter simplement d'un peu de soleil. (C'est moi où l'hiver est de plus en plus long tous les ans ?)

Nous avons donc atterri hier après-midi à Athènes, mais le temps de récupérer nos valises (près de 45 minutes), de prendre possession de notre voiture et de rejoindre notre hôtel (si la circulation ressemble à ça un dimanche à 18h, on ne veut pas voir l'heure de pointe en semaine), il est bien trop tard pour envisager de visiter quoi que ce soit. Le repas proposé dans l'avion ayant été plus que léger, nous allons donc dîner très tôt dans le quartier de l'Acropole, dans une taverne traditionnelle, au son du sirtaki. L'endroit est assez réputé pour que l'ambassadeur de Géorgie soit présent en même temps que nous pour profiter de la musique... C'est l'occasion de découvrir que les plats à la grecque sont aussi copieux et bon marché qu'en Bulgarie. On ne risque pas de mourir de faim pendant 15 jours !



Après le dîner, nous prenons le pouls d'Athènes en faisant un petit tour de la colline de l'Acropole, dont les bâtiments sont à peu près aussi éclairés que la Tour Eiffel. C'est déjà bien joli et on a hâte de revenir en plein jour pour voir ça de plus près. Il a beau être presque 21h, tous les vendeurs ambulants sont encore présents derrière leurs étals. On sent qu'on est dans le sud et que la vie continue jusque tard le soir !

L'Acropole étant LE site à ne pas manquer à Athènes, il faut y arriver tôt le matin pour espérer échapper aux cars de touristes. Nous sommes donc déjà en route à 8h30, ce qui nous permet de nous mêler dans la rue aux gens qui vont travailler plutôt qu'aux feignasses en vacances. Après une honnête grimpette (c'est au sommet d'une colline, on a dit) et un passage à la caisse qui fait mal au porte-monnaie (le touriste est largement mis à contribution pour renflouer les caisses de l'état grec), nous pénétrons au cœur de l'Acropole.

Le théâtre de Dionysos

Bon. En vrai, ça vaut bien de débourser 20€ par tête, parce que le site est quand même impressionnant (même si, un peu comme quand on découvre la tour de Pise pour la première fois, on a la sensation bizarre d'être entré dans une carte postale). Pour mettre les choses au clair, l'Acropole, c'est le nom de la colline (156 m de haut) et, par extension, le nom de l'ensemble architectural, qui se compose de plusieurs bâtiments plus ou moins bien conservés. Il y a encore des échafaudages un peu partout en 2017, et ils ne risquent pas de disparaître tout de suite, vu qu'il faut corriger les grosses bourdes commises lors des précédentes restaurations. Les fouilles archéologiques, c'est comme un grand puzzle, et quand on ne sait pas trop où va une pièce, on la met un peu au hasard...

Avant même d'accéder à l'Acropole proprement dite, on commence à tomber en pâmoison devant le théâtre de Dionysos, qui date quand même du 4è siècle avant notre ère et qui peut accueillir 17 000 personnes. On ne peut pas descendre tester l'acoustique, mais ce bel arc de cercle à lui seul vaut le coup d’œil. La grimpette continue, et une fois passées les Propylées (un escalier monumental qui devait bien annoncer la couleur), le gros de la visite peut commencer.



J'ai beau avoir visité la Grèce il y a quelques années (en 5è très précisément, ahem...) et être déjà passée par ici, je n'avais aucun souvenir de l'Acropole à l'exception des caryatides. Elles n'ont pas bougé, et on a beau savoir qu'il s'agit de copies (les originaux se trouvant au musée de l'Acropole), elles sont toujours aussi belles. Mais les caryatides ne constituent qu'un morceau de l'Erechtéion, le temple le plus sacré de l'Acropole pour les anciens Grecs, car c'est là que Poséidon aurait planté son Trident lorsqu'il s'est disputé avec Athéna pour savoir qui aurait le privilège de protéger la ville. Ni une ni deux, la déesse de la sagesse réplique en faisant apparaître un olivier. L'Erechtéion ne paie pas de mine face à l'énoooorme Parthénon et à ses 20 000 blocs de marbre (ou ce qu'il en reste), mais il gagne des points côté divin.



Le Parthénon a sauté en 1687, pendant que les Vénitiens assiégeaient Athènes en espérant la reprendre aux Turcs (...), et trois siècles plus tard, il reste du boulot pour tout reconstruire. Il n'empêche, le bâtiment reste franchement impressionnant, et il devait l'être encore plus à l'époque de sa construction, quand il était aussi coloré qu'une peinture d'Andy Warhol. A côté, le petit temple d'Athéna Niké (= victorieuse) est tout petit et se cache timidement derrière ce qui reste des Propylées. Et pour ne rien gâcher, on aperçoit depuis l'Acropole notre prochaine destination, l'Agora athénienne, avec son temple d'Héphaïstos parfaitement remonté. La carte postale continue !

Arriver tôt était une grande idée, comme nous le prouve la foule qui se masse devant les Propylées et l'entrée principale quand nous redescendons. La visite n'est pas tout à fait finie, puisque nous l'Acropole se découvre aussi d'en bas, en faisant le tour du peripatos, c'est-à-dire de la promenade. Dans ce cas précis, la minute étymologie est superflue !

D'en bas, c'est joli aussi

Au bout d'un moment, il faut bien laisser l'Acropole derrière nous et se diriger vers l'autre grosse attraction du coin : l'Agora athénienne (il y a aussi une Agora romaine, plus petite et moins riche en vieilles pierres). Le temps de trouver l'entrée principale du site, puisque toutes les autres sont fermées, nous nous sommes rajouté une bonne demi-heure de marche dans les pattes, mais là encore, la visite valait bien ce petit effort. Les bâtiments en bon état sont moins nombreux que sur l'Acropole, mais la balade au milieu des ruines et de la verdure a un côté très romantique. Il faut quand même prendre le temps de découvrir le temple d'Héphaïstos (juste superbe) et le stoa d'Attalos, une grande reconstitution moderne (juste payée intégralement par un Rockefeller) qui abrite un musée. On avoue, on va faire l'impasse sur les musées : si on a envie de voir des statues antiques, on en a une belle collection plus près de chez nous !

Le temple d'Héphaïstos

Après un déjeuner sur le pouce et une glace de compétition, nous prenons le chemin du site archéologique du Céramique. Malheureusement, une partie du site est fermée le lundi, et nous n'avons pas envie de payer une entrée plein pot pour manquer tout ce qui fait l'intérêt du lieu, à savoir les stèles funéraires des riches Athéniens antiques. Suivant les conseils que nous avons obtenus à l'hôtel, nous préférons donc aller visiter le stade panathénaïque, qui accueillit les premiers JO modernes, en 1896.



Datant à l'origine du 4è siècle avant J.-C., le stade a été entièrement rénové et recouvert de marbre quand Pierre de Coubertin ressuscita les Jeux Olympiques. Beaucoup de boulot pour une petite semaine d'épreuves... Heureusement que le lieu sert aussi de "salle" de concert et qu'on y a organisé quelques-unes des épreuves des JO d'Athènes en 2004 ! Dans les entrailles du stade, on découvre une exposition des différentes affiches des Jeux depuis le début du 20è siècle, ainsi qu'une grande partie des torches olympiques utilisées au fil des ans. Pour la petite histoire, c'est précisément au stade panathénaïque que la torche est allumée avant de partir faire le tour du monde tous les quatre ans...



Il est tout juste 15h, mais nous marchons depuis plus de 6h et la fatigue commence à se faire sentir. Retour à l'hôtel, donc, pour un peu de repos. Sur le chemin, nous passons devant le Parlement, avec des messieurs en grand uniforme qui montent la garde, et devant l'université, qu'on pourrait facilement confondre avec un temple néo-antique avec ses colonnes et ses statues immenses. Un cadre pareil doit bien produire quelques philosophes de temps en temps !