lundi 10 avril 2017

Grèce, jour 9 - Olympie et Naupacte

Encore un gros morceau d'Histoire aujourd'hui, avec les vestiges d'Olympie. Le site archéologique se trouve à 500 mètres de notre hôtel, ce qui nous permet de faire une petite grasse matinée (jusqu'à 8h30, le luxe !) et d'arriver malgré tout avant la foule. Le parking est presque vide lorsque nous nous garons, ce qui sera loin d'être le cas à notre départ...

L'avantage d'Olympie, c'est que je n'ai pas besoin de m'étendre trop longtemps sur l'historique, tout le monde sachant à peu près de quoi il s'agit : un centre religieux panhellénique, dédié à Zeus, où l'on mettait la guerre en veilleuse tous les quatre ans pour faire du sport pendant une semaine. C'est là que se trouvait la statue de Zeus chryséléphantine, l'une des 7 merveilles du monde tout de même, et c'est là qu'on allume encore aujourd'hui la flamme olympique, même si ce n'est pas ce qu'on nous a dit au stade Panathénaïque... (Vérification faite, la flamme est allumée à Olympie, emmenée par les relayeurs jusqu'à Athènes, et part de la capitale faire le tour du monde. C'est pas beau de mentir aux visiteurs !)



Les jeux ayant été interdits par les premiers empereurs chrétiens (trop païen, tout ça) et la région étant malheureusement sujettes à de fréquents tremblements de terre, il ne reste pas grand-chose d'Olympie, mais la balade au milieu des ruines en cette période de l'année vaut la peine pour les jolis arbres violets qui émaillent le paysage. Pour le reste, sans le très bon plan fourni par le Routard, on aurait du mal à s'y retrouver... On voit ainsi, dans le désordre, les restes du gymnase, de l'atelier de Phidias (le papa de la statue de Zeus), du stade (avec son autel de Déméter où est toujours allumée la flamme), ou encore du temple d'Héra. Le seul bâtiment qu'on reconnaît facilement, c'est le temple de Zeus, dont les colonnes effondrées font un peu de la peine. La seule qui soit encore debout a été remontée à l'occasion des JO de 2004.



Niveau colonnes, le temple d'Héra et le Philippéion (construit par Philippe de Macédoine, le papa d'Alexandre, pour rappeler que, militairement et sportivement parlant, c'était lui le boss) s'en sortent un peu mieux, mais là encore, il a fallu les retaper pendant de longues années pour obtenir ce résultat. Heureusement que notre fidèle Routard est là pour nous donner des repères historiques et du contexte, car les panneaux explicatifs se battent en duel et nous n'avons même pas eu de carte du site à l'entrée !



A un jet de pierre du site archéologique, on trouve le musée où sont exposés tous les objets d'art retrouvés lors des fouilles. Et ce n'est pas ça qui manque : dans la première salle que nous visitons, on trouve par exemple des vitrines entières de statuettes de bœufs en bronze, représentant les cent bœufs sacrifiés à Zeus au 4è jour des jeux (minute étymologie : "cent bœufs", c'est la traduction littérale de "hécatombe". L'information ravit la grosse nerd des langues que je suis). Niveau statues, on est gâté aussi, avec le célèbre Hermès de Praxitèle, trop bien conservé pour être l'original grec (il s'agirait plutôt d'une copie romaine). Mais dans un cas comme dans l'autre, c'est un chef-d'oeuvre - et ça fait du bien de tomber sur une statue qui a conservé 90% de ses membres !



Lorsque nous quittons Olympie, aux alentours de midi, ce sont des cars entiers de touristes qui commencent à se déverser sur le site. On en dénombre plusieurs dizaines dans la ville même, sans compter tous ceux que nous croisons sur la route en repartant. En été, l'endroit doit être absolument invivable...

Nous laissons donc le Péloponnèse derrière nous après cette visite emblématique pour rejoindre la Grèce centrale. Nous avons deux heures de route devant nous jusqu'à notre prochaine étape, et par rapport à hier, le trajet est d'une banalité très bienvenue ! Le seul événement est la traversée du détroit de Corinthe par un pont impressionnant sur lequel il ne doit pas faire bon circuler les jours de grand vent. Notre étape du jour, Naupacte, est un petit port adorable qui fut autrefois le site d'une des plus grandes et des plus célèbres batailles navales de l'Histoire. "La bataille de Naupacte", ça ne dira rien à personne, mais c'est tout de suite plus parlant quand on sait que les Vénitiens appelaient cet endroit "Lépante". C'était en 1571 et Venise s'en vante encore ; il faut dire que 62 galères coulées et 20 000 morts côté ottoman, ça reste dans les livres d'histoire, même si la Sérénissime n'était pas toute seule sur le coup.



Après un déjeuner tardif et très venteux face au port, nous allons faire un tour du côté de la digue, avec sa statue de Cervantes. On s'est demandé ce que le papa de Don Quichotte fichait là, mais informations prises, le bonhomme a été soldat avant d'être auteur. Il a ainsi perdu l'usage de sa main gauche à la bataille de Lépante, justement. Vu ce qu'il a écrit par la suite, il devait être droitier ! Pour finir la journée, nous montons en voiture jusqu'à la forteresse de Naupacte, qui s'avère être fermée le lundi. Heureusement que nous ne sommes pas arrivés jusque-là à pieds, il y aurait eu de quoi être très frustrés ! C'est tout de même l'occasion de découvrir le golfe de Patras et d'imaginer le match Sainte Ligue vs. Empire ottoman qui s'y est joué il y un peu moins de 500 ans.

Ce soir, nous logeons dans un délicieux petit hôtel sur le hauteurs de Naupacte, avec vue sur la mer. Ça a du bon, les vacances.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire