samedi 31 décembre 2016

Nouvel An au cercle polaire, jour 2 - Ski de fond et bonne année !

Ouf, personne n'a été pris d'une envie de pipi en pleine nuit... Bien au chaud dans le dortoir du chalet, nous avons dormi d'une traite et rattrapé les 4h de sommeil de la veille. Après le petit-déjeuner commun autour de la grande table, nous remontons en selle pour rentrer à l'hôtel. Le soleil commence tout juste à se lever (feignasse) et nous pouvons donc profiter un peu plus du paysage qu'hier après-midi. Le trajet est un peu différent, un peu plus court, et surtout un peu plus froid : on perd vite son nez et ses phalanges à 60 km/h sur un lac gelé ! Voyant que certaines personnes maîtrisent mieux leur motoneige que d'autres, notre guide, Juha, emmène une partie du groupe sur un chemin un peu plus corsé pendant que les plus prudents retournent à l'hôtel par la piste classique. Les virages sont moins larges, plus difficiles à prendre, et plusieurs motoneiges (dont la nôtre) finissent couchées sur le bord du chemin. L'avantage du bon mètre de neige qui recouvre tout, c'est qu'on ne risque pas de se faire mal en tombant !



Deux petites heures de détente, déjeuner, puis nous voilà à nouveau couverts de pied en cap pour une petite balade en ski de fond autour de l'hôtel. C'est l'occasion de découvrir la nature lapone à un rythme un peu plus détendu qu'en motoneige, et de s'émerveiller sur la quantité phénoménale de neige que les branches et les fils électriques peuvent amasser avant de s'effondrer. En dehors de la piste, tout est d'un blanc immaculé et complètement silencieux. Laisser le gros de la troupe s'essouffler devant et traîner un peu est le meilleur moyen d'en profiter en toute tranquillité... même si ça ne facilite pas le trajet et qu'il faut toujours méchamment forcer sur les bras pour avancer. Il fait -15 (on a vérifié avant de partir) et pourtant, nous sommes en nage quand nous rentrons à l'hôtel.



On ne dirait pas, comme ça, mais le froid et l'exercice sapent sacrément les forces. Plutôt que de nous rendre au spa et au sauna cet après-midi, nous optons donc pour l'atelier sieste, car il faut bien tenir au moins jusqu'à minuit ce soir. En tout début de soirée, nous avons droit à un spectacle de magie au pub de l'hôtel, qui passe encore mieux avec un verre de cidre local. On a beau avoir le magicien pratiquement sous le nez, impossible de découvrir les trucs que cachent ses tours. La magie, c'est agaçant...

A 20h30, tout le monde au restaurant pour un dîner de circonstance. Ici, foin de chapon ou de Saint-Jacques à la bretonne ; les Finlandais fêtent Noël au jambon à l'os et le Nouvel An à l'entrecôte d'élan, de la viande rouge à mi-chemin entre le rosbif et la langue de bœuf (ça a l'air étrange, présenté comme ça, mais ça se mange). Ajoutez à cela du saumon littéralement pêché dans le lac à 200 mètres, de la tarte aux bleuets et un apéritif à base de vodka, de Sprite et de de jus d'airelles, et vous obtenez un repas aussi local que possible.



A 22h, nous rejoignons le deuxième restaurant de l'hôtel, au bord du lac, pour une cérémonie un peu particulière qui consiste à faire fondre un fer à cheval en plomb sur un feu de bois, puis à jeter le plomb fondu dans un seau d'eau glacé. Les formes forcément bizarres qui en résultent sont utilisées pour prédire l'avenir. Bon, étant donné que Juha nous prédit un mariage à Las Vegas dans l'année, on se méfie un peu, mais le concept est rigolo et suffit à satisfaire les instincts de pyromane scientifique de Benjamin.

La cérémonie est interrompue par l'annonce d'une aurore boréale en formation au-dessus du lac. Ni une ni deux, tout le monde zippe la combinaison et se rue dehors pour le plus beau cadeau dont on pouvait rêver pour couronner les célébrations du Nouvel An : une aurore magnifique, comme sur les photos, qui oscille, change de forme et à certains endroits de couleur. Il paraît que c'est rare pour un 31 décembre, et nous sommes d'autant plus ravis que cette première aurore sera suivie d'une autre, tout aussi spectaculaire. Pour en profiter, l'idéal est encore de s'allonger dans la neige qui recouvre le lac tout en dissertant sur les merveilles dont est capable Mère Nature. On ne pouvait pas rêver mieux pour dire adieu à 2016 !


On a fait ce qu'on a pu avec l'appareil photo


Après une petite séance de chants digne d'un après-midi sur Nostalgie, l'ensemble des résidents de l'hôtel se rend à nouveau sur le lac pour le compte à rebours. A minuit pétante, un feu d'artifice est tiré à l'ancienne (c'est-à-dire à la main, et non à distance) depuis le milieu du lac, et on s'extasie sur la belle bleue et la belle rouge qui explosent au milieu de la troisième aurore de la soirée. Franchement, avec la coupe de champagne qui va bien pour arroser le tout, on ne voit pas trop quoi réclamer d'autre.

Nous sommes désormais officiellement en 2017, et pour nous, l'année commence de façon mémorable. Meilleurs vœux à tous !

Quelques photos en rab.

vendredi 30 décembre 2016

Nouvel An au cercle polaire, jour 1 - Chalet de Vuontis

A l'aventure, compagnons ! Pour notre dernier voyage de 2016 (et le premier de 2017, accessoirement), nous avons décidé d'aller passer le Nouvel An au pays du Père Noël, histoire d'être vraiment dans l'ambiance hivernale. Et d'aventure il est bien question dès notre lever, puisque nous sommes convoqués à Orly à 6h du matin, ce qui implique de se lever à 4h, après une nuit qui n'en était même pas une, et de gagner l'aéroport dans une purée de pois qui rend le trajet franchement pas rassurant. Mais on est en vacances, alors on ne va pas commencer à se plaindre.

Le vol pour Kittilä affrété spécialement par le tour opérateur (Vivatours, pour ne pas le citer) commence de la façon la plus classique qui soit, mais environ une heure avant l'atterrissage, le commandant de bord nous informe qu'une toute petite tempête de neige de rien du tout est en cours et que l'aéroport est totalement inaccessible. Rovaniemi étant à peu près dans le même état, nous sommes déroutés vers l'aéroport d'Oulu, où la météo est plus clémente et où l'avion peut au moins freiner sans risquer le hors-piste. Il faut voir le côté positif des choses : la Laponie connaît de plus en plus d'hivers verts et nous avions peur que la neige ne soit pas au rendez-vous, mais nous n'avons apparemment pas à nous inquiéter !



Comme nous n'étions pas attendus à Oulu, aucune salle n'est disponible dans l'aéroport pour les naufragés du ciel et nous devons par conséquent patienter dans l'avion. On aurait bien appelé le Père Noël pour se faire rapatrier à Kittilä en traîneau, mais il aurait fallu faire plusieurs voyages pour transporter tout le monde ; après son marathon de dimancher dernier, il ne faut pas trop lui en demander, au pauvre vieux barbu.

L'attente n'est finalement pas très longue et nous pouvons repartir au bout d'un peu plus d'une demi-heure. Nous arrivons à Kittilä avec environ deux heures de retard sur le programme, sur le coup de 15h... soit au crépuscule. Ici, à cette période l'année, le soleil fait le minimum syndical et ne pointe à l'horizon (pas plus) qu'entre 10h et 15h. Dans le bus qui nous conduit à l'hôtel Jeris, la représentante Vivatours égrène quelques chiffres rigolos : nous sommes à 200 km au nord du cercle polaire (ça fait haut), à 6 km de la Suède et à 60 km de la Norvège. Etant donné qu'on ne compte que 0,7 habitant au km², on est plus susceptible de croiser des rennes que des humains...

Après 45 minutes de route, nous arrivons à l'hôtel Jeris, sur les bords du lac du même nom. Une fois les valises posées dans les chambres, nous allons récupérer de quoi survivre pendant quatre jours au climat lapon : une grosse combinaison, une cagoule, des moufles, des moonboots et les chaussettes qui vont avec. Ce ne sera pas de trop pour le véritable safari qui nous attend : ce soir, nous dormons au chalet de Vuontis, un endroit complètement coupé du monde, en pleine nature, à 5 km de la route la plus proche. Et sans route, le seul mode d'accès, c'est... la motoneige !



La route, en Laponie, c'est pour les faibles. En hiver, les habitants du coin circulent TOUS à motoneige, ce qui leur permet de couper à travers les lacs gelés (il y a 167 500 lacs en Finlande, alors faire le tour à chaque fois, ça devient long) et les forêts enneigées. Quelques minutes d'explications pour apprendre à piloter l'engin, et c'est parti pour 30 km de trek, avec Benjamin au volant et bibi en passager. Il faut impérativement le permis pour conduire une motoneige, et un comprend assez vite pourquoi : ça a l'air d'un jeu, mais ce n'est finalement pas si simple ! Surtout quand il faut traverser trois lacs et que la météo un peu trop clémente (il fait -10 quand il devrait faire -30) a permis à la glace de dégeler légèrement. Dans ces moments-là, il faut ignorer l'instinct d'auto-conservation qui pousse à freiner à mort et, au contraire, accélérer pour ne pas rester coincé. C'est sportif !



Tout le monde n'ayant pas le coup de main de Benjamin avec la motoneige, l'arrivée à Vuontis se fait après environ 1h15 de trajet. Dépaysement et émerveillement garanti : l'endroit a tout juste l'électricité, pas d'eau courante, une bonbonne d'eau pour le lavage des dents et des mains, et des toilettes sèches à 150 mètres du chalet lui-même (rude pour les envies pipi nocturnes). L'avantage, c'est que nous sommes loin de la pollution lumineuse et que les aurores boréales sont pratiquement garanties. Après la visite des lieux, pendant que d'autres se rendent au sauna, nous nous équipons de lampes frontales et partons avec une poignée d'autres personnes pour une marche jusqu'à un petit pont où, selon notre guide finlandais parfaitement francophone, on peut voir des loutres (prononcez le mot "loutre" à Benjamin et il devient prêt à tout). Finalement, pas de bébêtes à fourrure à l'horizon, mais la randonnée à la lumière des lampes frontales avec de la neige jusqu'aux genoux met forcément dans l'ambiance !



Marcher, ça creuse. Et ça tombe bien, car le temps de rentrer au chalet, il est l'heure du dîner. Pour continuer dans l'authentique, ce soir, c'est saumon cuit au feu de bois dans un kota traditionnel, une grande cabane en bois au centre de laquelle brûle un grand feu. Sans doute le meilleur saumon que nous ayons jamais mangé ! Une fois le dessert expédié (pas sûre que la framboise soit de saison, surtout dans le coin), tout le monde se réunit autour du feu pour écouter le "shaman" local raconter la légende des géants lapons et nous baptiser tour à tour à coups de charbon et de pattes de lapin et de coq de bruyère. Ce n'est pas tous les jours qu'on franchit le cercle polaire et il faut bien marquer le coup !



On ne nous a pas menti, l'absence de lumière et le ciel dégagé sont de très bonnes conditions pour voir des aurores boréales. Pour finir la soirée en beauté, nous nous rendons donc sur le lac pour découvrir le "feu des géants". Ce n'est pas aussi spectaculaire que les photos souvent trafiquées de Google Images, mais on voit tout de même le ciel s'éclairer et les colonnes de lumière blanche se déplacer, et rien que ça, c'est impressionnant. Nous n'avons même pas tenté les photos, ce genre de spectacle s'apprécie en direct, sans mettre un écran entre soi et la nature. Finalement, entre la neige, le froid et les aurores boréales, la check-list du voyage est bouclée en une seule journée ! (Bon, sauf les loutres...)

Le temps de quitter notre équipement grand froid, il est largement temps d'aller se coucher. Malgré le retard de l'avion, la journée a été bien remplie et il faut reprendre des forces pour affronter le froid et le retour en motoneige de matin.

Des photos forcément sombres...

lundi 18 juillet 2016

Lanzarote, Canaries - Plongée et vidéos

Comme rappelé dans l'article précédent, l'intérêt de notre séjour aux Canaries, ce n'était pas la culture, mais la cure de vitamine D et surtout la plongée. L'objectif était de passer au niveau supérieur et de découvrir l'air enrichi. Et parce que ce n'est pas exactement du niveau du concours d'entrée en médecine, nous sommes rentrés certifiés Advanced Open Water et plongeurs Nitrox. Nous avons donc désormais le droit de plonger à 30 mètres et d'avoir plus de 21 % d'oxygène dans notre bouteille. Ça, c'est fait !

Notre dernier séjour plongée remontant à plus d'un an, il nous aura fallu quelques jours pour nous remettre dans le bain (l'expression n'aura jamais été aussi appropriée). C'est fou ce qu'on oublie en quelques mois... Mais grâce à la patience de nos formateurs, au bout d'une semaine, notre flottabilité était à nouveau à peu près décente. Reste que nos masques continuent à s'embuer et à prendre l'eau, ce qui devient un peu difficile à gérer quand il faut en prime penser à la flottabilité et à l'effet de la pression sur les oreilles...





Morceaux choisis (j'aime la musique cliché pour ces vidéos...)


Quelques informations en vrac :
- La visibilité est meilleure ici qu'à Malte. La faune aussi. Au programme : requins anges planqués sous le sable, crabes flèches, nudibranches, seiches, énormes thons, mérous, murènes, poulpes, cigales de mer, bancs entiers de sardines, poissons perroquets... Pour les baleines bleues, il aurait fallu venir plus tôt dans l'année (si si, en vrai).
- Le matos de plongée aurait-il perdu du poids depuis l'an dernier ?! Ah non, c'est moi qui fait de la muscu depuis un an !
- Certains plongeurs doivent avoir développé des branchies, il n'y a que ça pour expliquer notre différence de consommation avec eux. Un jour, nous aussi on finira une plongée avec 100 bars restants dans la bouteille au lieu de 30...
- La plongée depuis le rivage, c'est bien, mais depuis un bateau, c'était nouveau pour nous ! Le capitaine, Jorge, sait mettre l'ambiance... en aidant uniquement les filles à monter à bord et en demandant à "solo las chicas" de sourire sur les photos. Jorge aime bien les filles.
- Finalement, l'air enrichi, c'est pas le Pérou. Nos instructeurs maltais ne juraient que par ça, mais dans la pratique, 21 % d'oxygène ou 36, ça ne change rien. À part la profondeur à laquelle on peut descendre.
- Les manuels théoriques sont mal traduits rédigés pour faire peur et la pratique se passe infiniment mieux que la théorie ne le laisse penser. Non, personne ne meurt d'une narcose à l'azote dès 24 mètres. Non, on n'est pas dans Abyss à 30 mètres. Et non, pas besoin d'une thèse en biologie marine pour valider la plongée d'identification des poissons. C'est du loisir, après tout !
- Nous qui appréhendions la plongée profonde précisément par la faute des manuels théoriques, on serait finalement bien descendus plus bas ! Les 30 mètres arrivent extrêmement vite, surtout lorsque la visibilité est aussi parfaite. On aurait bien suivi le tombant jusqu'au fond, mais il nous serait sans doute arrivé des bricoles...





Plongée sur épaves



(Toutes nos excuses, tout ça est très bleu : il faut que nous investissions dans un filtre rouge pour corriger l'image.)

Merci à Géraldine et Eric d'Aquasport Diving pour leur accueil et leur encadrement tout au long du séjour, à Joseph pour sa patience quand je lui rentrais dans les palmes, à Yvan pour sa bonne humeur et ses blagues, et à tous les plongeurs croisés pendant la semaine pour leurs anecdotes, leurs conseils, leur camaraderie et leur gentillesse. On s'est bien amusés et c'est grâce à vous !

dimanche 17 juillet 2016

Lanzarote, Canaries - Terre ferme et photos

Les vacances purement farniente, à base de plage, piscine, plongée et sieste, on ne peut pas dire que ce soit notre tasse de thé, mais de temps en temps, ça fait vraiment du bien. Surtout quand la météo est restée bloquée en mode "Toussaint" du 1er décembre au 1er juillet (avec une variante "Apocalypse" en mai et juin), quand votre ville a été inondée et quand vous êtes au bord de la dépression et de la carence totale en vitamine D. D'où cette semaine passée sous le soleil de Puerto del Carmen, sur l'île de Lanzarote, dans l'archipel des Canaries. Ici, il y a à peu près deux saisons : l'été, de juin à septembre, et le printemps tout le reste de l'année. En ce début de mois de juillet, il fait 30° à l'ombre (on vous laisse imaginer la température en plein cagnard), l'eau est transparente et on se promène en maillot de bain dans les rues. Nos batteries à vitamine D avaient bien besoin de ça.



Comme lors de notre séjour aux Maldives, nos journées n'étaient pas suffisamment différentes pour justifier un article quotidien (plongée de 8h30 à 12h30, retour à l'appartement, déjeuner, à l'ombre jusqu'à 16h pour éviter le mélanome, une demi-heure pour se mettre de la crème solaire, piscine/plage, dîner, extinction des feux). C'est bien simple, nous n'avons RIEN visité en une semaine. Ce n'était de toute façon pas l'objectif : le principal intérêt de notre séjour, c'était la plongée, et de ce côté-là, nous en avons bien profité. Mais cela fera l'objet d'un article à part, quand nous aurons un poil monté les vidéos prises par Benjamin. En attendant, pour meubler un peu et pour présenter nos pauvres photos qui se battent en duel, voici quelques considérations générales sur l'île.



  • Malte nous avait parue désertique, mais à côté de Lanzarote, le caillou maltais est à peu près aussi vert que l'Irlande. Il faut dire qu'entre 1730 et 1736, une éruption volcanique ininterrompue a recouvert un quart de l'île de lave (vous n'aviez pas cru échapper à la minute culture, quand même ?). Ça n'encourage pas vraiment la verdure à pousser.
  • En parlant d'Irlande, la concentration de pubs irlandais dans cette île n'a rien à envier à Dublin. Et ce n'est même pas une façon de parler : comme on ne voulait pas qu'on nous accuse d'être sudistes, on a compté. Sur les deux kilomètres qui séparent notre appartement du centre de plongée, on est arrivé à 24. Explications prises auprès des patrons du centre, Lanzarote est une destination très bon marché pour les Irlandais, Anglais et Ecossais, qui trouvent ici le soleil qu'ils ont rarement chez eux. Ce qui explique la présence d'Irn Bru et de cidre Magners dans les supermarchés. Joie !

On n'en a fait qu'un, il ne faut pas exagérer...

  • Je ne sais pas si c'est une habitude dans les petites îles où il fait trop chaud, mais comme à Malte, il y a des chats partout. Certains n'aiment pas beaucoup les humains, mais d'autres n'hésitent pas à se frotter contre vous même quand vous portez une combinaison de plongée intégrale. Oui, c'est du vécu.
  • Ici, une annonce immobilière ne saurait être complète sans les photos de la piscine de la résidence. En plus grand que les photos de l'appartement lui-même. Les priorités, c'est important.
  • Parce qu'ils sont bons commerçants, les restaurateurs du cru vous offrent systématiquement le dijo après manger.

  • Notre réaction en posant le pied pour la première fois sur le sable en fin d'après-midi : "Par ma foi, ce sable est fort chaud. Voilà une situation des plus désagréables. Que n'ai-je emporté mes tongs afin de ne point me roussir la plante des pieds ?" Bon, en vrai, on n'a pas dit ça comme ça, mais j'ai envie de rester polie sur ce blog. Vous avez l'idée : ça brûle, quoi.

On revient très vite parler de notre expérience à 10 000 lieues sous les mers ! Bon, OK, seulement 30 mètres...

mardi 3 mai 2016

Bulgarie, jour 12 - Sofia

Dernier jour de notre séjour en Bulgarie, et avant de prendre l'avion, nous avons un peu de temps à consacrer à la visite de Sofia, vidée de ses habitants par le week-end de Pâques. Le contraste avec les embouteillages de la semaine dernière est sidérant ! À dix heures, nous retrouvons Pierre et Danika devant la cathédrale Alexandre-Nevski, un sacré monstre tout en dômes qui ressemble de loin à une grosse pièce montée. C'est même la plus grande cathédrale des Balkans et l'une des plus grandes du monde orthodoxe tout court. Contrairement à ce qu'on nous a affirmé à Trigrad, elle est même trop haute de 10 m pour entrer toute entière dans la Gorge du Diable.



À peine arrivés, nous sommes découragés par la file d'attente qui s'étire devant la cathédrale : nous pensons au départ qu'il s'agit de la queue pour assister à l'office de Pâques, et nous nous disons que nous ne pourrons jamais voir l'intérieur. Après vérification, les gens patientent en fait pour aller se recueillir devant les icônes, et il suffit de passer par une porte sur le côté pour entrer. Construite en l'honneur des soldats russes morts pendant la guerre russo-turque (oui, encore), la cathédrale Alexandre-Nevski est unique non seulement par sa taille, mais aussi parce qu'elle comporte un trône destiné au roi de Bulgarie. Malgré les habituelles fresques et les tonnes d'or qui couvrent le tout, l'intérieur est presque dépouillé tant les dômes sont hauts, et les travées, longues.



Dans le temps qu'il nous reste, nous laissons Danika, ancienne guide touristique, ouvrir la voie, et nous la suivons dans le cœur historique de Sofia. Nous découvrons ainsi, dans l'ordre, le Parlement, l'église russe Saint-Nicolas, la statue de Sofia, la résidence présidentielle, la rotonde Saint-Georges (le plus ancien bâtiment de la ville, qui date du 5è siècle), les ruines romaines de Serdica, les anciens bains publics et le jardin municipal. Le plus étonnant est sans doute le point d'eau où tout un chacun peut venir remplir des bidons entiers d'une eau à plus de 40° provenant des sources chaudes sous la ville.


Madame Sofia


Nous avions trouvé Sofia particulièrement laide à notre arrivée, mais nous n'en avions vu que les quartiers résidentiels, souvent vieux et moches, ou de travail, souvent récents et moches. Le centre historique, avec ses jolis bâtiments du 19è, relève largement le niveau. D'autant qu'il fait à nouveau très beau et que piétiner dans les rues pendant 2 heures est beaucoup plus agréable qu'à Nessebar. A midi, nous faisons escale dans un restaurant pour un dernier déjeuner tous ensemble, puis il est temps de se dire au revoir et de prendre le chemin de l'aéroport. Pierre ayant déjà la bougeotte, impossible de savoir où il sera dans un an, mais nous espérons bien ne pas attendre à nouveau deux ans avant de le revoir !


La rotonde Saint-Georges



Pour conclure, bien que les paysages bulgares soient à couper le souffle et vaillent la peine d'être vus, le pays n'est pas (encore) adapté aux touristes. Je l'ai assez rabâché pendant 12 jours, mais les sites touristiques sont très, très mal indiqués et les routes sont pour beaucoup dans un état catastrophique. Dans de nombreux cas, nous étions bien contents que Pierre soit avec nous pour assurer un minimum de conversation en bulgare, car l'anglais n'est pas aussi répandu qu'on le voudrait (la France n'a pas de leçons à donner à qui que ce soit en la matière, certes, mais il faut le souligner quand même). À la question : "Conseilleriez-vous de visiter la Bulgarie", la réponse serait oui... mais pas tout de suite. D'ici 5 ans, lorsque les infrastructures auront été améliorées, la destination sera sans doute beaucoup moins frustrante pour les touristes.


Les bains publics


Et pour finir en beauté, quelques informations en vrac :
- La douche à la bulgare n'est pas l'amie des salles de bains : le bac de douche est souvent absent et, dans le pire des cas, il n'y a même pas de rideau pour séparer la zone de douche, les toilettes et le lavabo. Conclusion, il faut pensez à aller faire pipi AVANT de se laver, sinon on a les pieds mouillés...
- Le mode de service au restaurant peut surprendre : par chez nous, on attend que l'ensemble des plats pour la table soit prêt avant de servir tout le monde en même temps (ou à peu près). En Bulgarie, on sert les plats au fur et à mesure qu'ils sont prêts en cuisine. Résultat, le premier servi (celui qui a commandé une salade ou une soupe, généralement) a souvent fini de manger avant même que le dernier ait reçu son plat.
- 99 % du temps, le dernier en question est Pierre. Allez comprendre pourquoi.
- En matière de conduite, tout n'est qu'information. Un stop ? Information, continuez à rouler, au pire l'autre voiture s'arrêtera. 90 km/h ? Information, vous pouvez bien rouler à 130 si vous voulez. Défense de dépasser ? La bonne blague, les virages dans lesquels on ne voit rien ne font peur qu'aux faibles !
- N'investissez pas dans le Petit Futé ou dans un GPS Tom-Tom. Ni pour la Bulgarie, ni pour ailleurs. Vous me remercierez.

samedi 30 avril 2016

Bulgarie, jour 11 - Le monastère de Rila

Notre petite abeille industrieuse d'hier se met à nouveau en quatre ce matin pour nous offrir un service formidable. Nous nous attendions à un petit-déjeuner bulgare traditionnel à base de tomate, de concombre et de siréné, mais nous avons en fait eu droit à de grosses tranches de pain couvertes de jambon et de fromage. Deux chacun. Avec des petits gâteaux maison à côté en prime. Autant dire que le déjeuner sera tardif ! Ca tombe bien, aujourd'hui, nous avons surtout de la route à faire, avec un arrêt au site le plus visité de Bulgarie : le monastère de Rila.

Pour y accéder, nous avons pas moins de quatre heures de route ce matin, à travers les paysages à couper le souffle des Rhodopes, entre petites stations de ski et villages où la vie n'a pas dû changer beaucoup depuis un siècle : nous croisons ainsi un cheval qui transporte du bois de chauffage, un autre qui creuse des sillons dans la terre avec une charrue, et des gens qui font paître leurs vaches ou leurs chèvres et ensemencent leur champ à la main. Dans cette partie de la Bulgarie, les villages sont largement habités par une minorité turque musulmane. Les premiers minarets à la place des clochers nous font un drôle d'effet, mais on s'habitue à tout !


Sur le chemin du parking au monastère



Au bout du chemin, et comme d'habitude sans aucune indication ou presque, nous trouvons le monastère de Rila, le plus grand et accessoirement le site touristique le plus visité du pays. Ça se voit d'ailleurs dès l'accès au parking : les plus proches du monastère sont pris d'assaut (il faut dire que cette veille de Pâques n'arrange pas les choses) et nous devons nous garer un bon kilomètre plus loin. Malgré les récriminations de Benjamin, qui commence légèrement à fatiguer après 1 600 km au volant, ce n'est pas un mal, car la nature environnante vaut bien de passer un moment dehors.


Que la montagne est belle, comme chantait Jean Ferrat...


Le monde entier (et le Petit Futé en prime) nous a conseillé de faire étape au monastère de Rila pendant notre séjour, mais nous ne sommes pas franchement époustouflés. On n'irait pas jusqu'à dire que nous sommes déçus, mais nous avons croisé d'autres monastères beaucoup plus paisibles et infiniment plus mignons pendant ces 10 jours de voyage. Alors certes, Rila est beaucoup plus grand, plus ancien, plus connu, plus tout, mais la quantité de visiteurs donne au lieu des airs de parc d'attractions plutôt que de monastère. Impression renforcée par le fait qu'il faut mettre la main à la poche pour visiter le moindre bâtiment, comme le musée ou la tour de Hrelja. Pour la sérénité et la quiétude, on repassera...



Bon, on ne va pas non plus faire la fine bouche, la visite valait quand même de faire "un peu" de route. Les fresques à l'extérieur de l'église, par exemple, sont spectaculaires, et les couleurs aussi vives que si elles avaient été peintes hier. Il y en a du sol au plafond sous les colonnades, avec en bonus une petite fontaine avec un zoziau doré au sommet. Histoire d'avoir une vue un peu différente sur le monastère, nous montons au sommet de la tour de Hrelja, la partie la plus ancienne du complexe (1335, quand même). Les fresques à l'intérieur n'ayant pas le même âge que celles de l'église (celle-ci a été reconstruite après un incendie au milieu du 19è siècle), elles ne sont pas dans le même état de conservation et il n'en reste que quelques morceaux au dernier étage. Mais la vue, quoi, la vue !



La visite est finalement assez courte, et à 15h, nous sommes déjà ressortis pour prendre un déjeuner tardif. Cette accumulation de marchands du temple autour des lieux de culte un tantinet importants est tout de même un peu surprenante, alors que le type le plus zen et le plus tolérant de la création s'est quand même mis très en colère à ce sujet ! Un repas pas franchement mémorable et 2h de route supplémentaires plus tard, nous voici de retour à notre point de départ, Sofia. Ce soir, nous reprenons nos quartiers dans le même hôtel et le même restaurant qu'à notre arrivée, toujours en compagnie de Danika.

Au fond, je crois que ce que nous retiendrons de cette journée, bien plus que Rila, ce sont les paysages sublimes que nous avons traversés. Et les cigognes. Mis à part l'Alsacien au volant, personne dans notre petit groupe n'avait encore vu de cigogne en vrai dans sa vie, et en voir pas moins de six en autant d'heures de route était assez incroyable !

Pour quelques photos de plus...

vendredi 29 avril 2016

Bulgarie, jour 10 - Bachkovo & Devin

Il va falloir que j'apprenne à tenir ma langue : il suffit que je mentionne le soleil sur ce blog pour que le temps se gâte le lendemain... Ce matin, c'est donc sous un ciel bien plombé que nous prenons la route du monastère de Bachkovo, tout près d'Asenovgrad. Mais comme le dit désormais si bien Pierre : "Au moins, il ne pleut pas !".

Bachkovo est le deuxième plus grand monastère de Bulgarie après celui de Rila (celui-là, on en parle demain), et la différence se ressent dès le porche d'entrée franchi : c'est sans commune mesure avec tous les monastères que nous avons pu voir jusqu'à présent. Les fresques qui ornent les murs extérieurs de l'église au centre de la cour sont somptueuses, les couleurs éclatantes. A l'intérieur, c'est tout aussi impressionnant, mais pour d'autres raisons : les fresques sont gravement noircies, on suppose qu'un incendie a dû se déclarer dans l'église et que les dommages sont dus à la fumée. Des travaux de restauration sont en cours, mais il faudra sans doute des années avant qu'elles ne retrouvent toutes leurs couleurs.




Vendredi Saint oblige, il y a foule dans l'église. L'allumage de cierges, les trois signes de croix et les bisous aux icônes, on commence à avoir l'habitude, mais voir les gens passer sous la table qui se trouve devant l'autel pour ressortir face à la croix nous stupéfie totalement. Le culte orthodoxe est rempli de petits cérémonials qui semblent très importants et que nous n'avons pas complètement élucidés. Pour dire à quel point Bachkovo est plus grand que les autres monastères, on y trouve une deuxième église dans une cour attenante. Celle-ci ne se visite pas, mais on peut tout de même apercevoir les fresques représentant le Jugement dernier à l'extérieur. Le thème revient souvent chez les Orthodoxes...




Après avoir acheté du miel et de la confiture de fraise des bois à l'un des très, très nombreux marchands du temple qui se trouvent là, nous prenons la route de Trigrad, tout près de la frontière grecque. Deux heures de trajet sur des chemins qui serpentent, tournent et zigzaguent, où la chaussée est encombrée de cailloux et où on prie pour ne croiser personne en sens inverse parce que ça ne va tout simplement pas passer. A ce point des Rhodopes, nous sommes au fond d'un canyon et le paysage est de toute beauté : de chaque côté, on est écrasés par des falaises à pic extrêmement intimidantes. Avec la pluie qui s'est mise de la partie, c'est un régal pour les yeux.




Nous arrivons pile à l'heure pour nous greffer à la visite de 13h15 de la grotte dite "du diable", qui tire son surnom du profil qu'on aperçoit dans la roche au niveau de ce qui est aujourd'hui la sortie de la visite. Bon, il faut beaucoup d'imagination, mais pourquoi pas... C'est surtout la plus grande caverne de Bulgarie : haute de 35 mètres, longue de 110 et large de 40, elle pourrait accueillir la cathédrale Alexandre Nevski de Sofia (que nous n'avons pas encore visitée, mais on pourra juger sur pièce dimanche). C'est tellement grand qu'on s'attend à voir le ciel quand on lève la tête... La légende veut que ce soit par là qu'Orphée (qui était apparemment thrace, et pas grec comme on voudrait nous le faire croire) soit entré aux Enfers pour aller chercher son Eurydice. Qu'on se rassure, on a pris bien soin de ne pas se retourner sur le chemin de la sortie !




Histoire de mettre mes nerfs à rude épreuve, nous faisons le chemin en sens inverse pour rejoindre la grotte de Yagodina. Les deux grottes ne sont séparées que de 20 petits kilomètres, et pourtant, elles n'ont absolument rien à voir. Trigrad impressionne par ses dimensions ; Yagodina, ce sont ses stalagtites et stalagmites qui sont incroyables. La visite se faisant intégralement en bulgare, nous avons récupéré les informations a posteriori, en partie sur Internet et en partie grâce à un jeune homme très serviable qui nous a traduit quelques éléments importants à la fin de la visite.




Sur les cinq étages de la grotte, seuls trois sont visitables au cours d'une visite normale. Pour les deux autres, il faut réserver une visite spéciale, s'armer de matériel de spéléo et être prêt à ramper dans des boyaux étroits, à descendre des cordes et à rencontrer des colonies entières de chauve-souris. Merci, mais non merci ! La visite de base est tout de même plus reposante ! Minute géologie : sur les 27 types de stalagtites/-mites qui existent au monde, 22 sont recensées à Yagodina (et nous, on est contents si on arrive à en identifier 3). On y trouve même un phénomène unique en Europe : les perles des cavernes ! La calcite se dépose en couches concentriques autour de grains de sable grâce à un goutte-à-goutte qui tombe d'une stalactite, et on finit par obtenir des perles, tout pareil que dans les huîtres. Bon, au rythme où vont les choses, il faut compter quelques siècles pour un collier...




Les photos sont normalement interdites dans la grotte, mais la guide se moque éperdument de faire respecter la règle et Benjamin, qui a hérité de l'appareil photos, mitraille allègrement. Il faut dire qu'on ne sait plus trop où regarder, tellement les concrétions sont nombreuses et impressionnantes. Pierre peut en attester, sa tête ayant fait connaissance avec un morceau de plafond particulièrement bas ; heureusement que les gouttes qui tombent en permanence dans la grotte nous ont forcés à mettre nos capuches pour nous protéger, car sans ça, cette visite aurait très bien pu se finir aux urgences !



Les fameuses perles, qui ressemblent à du polystyrène


De retour à l'air libre, nous regagnons notre étape pour la nuit, Devin, en pleine montagne. Notre hôtel ne paie pas de mine vu de l'extérieur, mais nous sommes accueillis par un responsable charmant, qui assure la réception, la cuisine et le service, ne parle pas un mot d'anglais mais se montre incroyablement serviable et gentil. Heureusement que Pierre est là pour assurer un minimum de traduction au dîner ! Nous finissons la journée par un repas très copieux et intégralement fait maison, à base d'omelette à la saucisse locale et de choux à la crème. Heureusement que nos chambres ne sont pas trop loin...

jeudi 28 avril 2016

Bulgarie, jour 9 - Plovdiv & Asenovgrad

Il paraît qu'en ce moment, en France, les températures sont négatives et qu'il y a même de la neige dans certaines régions. Pas ici ! Du côté de la plaine de Thrace et des Rhodopes, le printemps est bien installé et a même parfois un petit côté estival. Ce matin, c'est par un temps vraiment idéal (ciel bleu, grand soleil, autour de 18°) que nous attaquons notre découverte de Plovdiv. Les principaux points d'intérêt se trouvant dans une zone piétonne, ça tombe plutôt bien !

Depuis le début du séjour, nous avons constaté que les grandes villes de Bulgarie ne sont vraiment pas agréables à visiter (à l'exception notable de Veliko Tarnovo), mais Plovdiv est l'exception qui confirme la règle. Sa vieille ville, toute en ruelles pavées et en maisons de la Renaissance nationale, est chou comme tout. Il suffit de se balader dans les rues pour trouver une jolie façade, une église sympa ou une statue rigolote.


Le musée ethnographique


Nous avons passé 2h30 à arpenter les rues de la vieille ville en ayant seulement de vagues objectifs en tête. Nous ne voulions pas manquer l'amphithéâtre romain rénové (construit sous l'empereur Trajan) ou les ruines de la citadelle Nebet Tepe (la première fortification de la ville, détruite par les Macédoniens longtemps avant qu'on compte les années en positif), mais beaucoup d'autres sites valent le coup d’œil : l'église des Sts Constantin et Elena est magnifique, et il s'y déroule en prime une messe du Jeudi Saint (pour rappel, Pâques, ici, c'est ce dimanche) ; la tour de l'horloge, la mosquée et les jardins du Tsar Siméon valent aussi le déplacement. C'est un vrai bonheur de se promener au hasard et de découvrir ce qui se cache au détour de la prochaine rue. Les quelques millénaires d'histoire de Plovdiv (c'est l'une des plus vieilles villes du monde, il y avait déjà du monde à l'âge de bronze) en font un beau mélange de cultures : Thraces, Macédoniens, Goths, Huns, Ottomans, Bulgares, tout ce petit monde est passé par là et a laissé une trace plus ou moins importante.


L'amphithéâtre romain


Sans transition et parce que je meurs d'envie de le caser, la rivière qui passe à Plovdiv s'appelle la Maritza. Pas question d'y couper :


C'était la référence franco-bulgare obligatoire du séjour. Pour ceux qui préfèrent les guitares électriques et les voix lyriques, la reprise de Therion est par ici.

Après cette belle marche dans une des rares villes vraiment jolies de Bulgarie, nous reprenons la voiture pour nous rendre à Asenovgrad, une ville minuscule où il ne s'est pas passé grand-chose depuis sa prise par le Tsar Ivan Alexandre en 1364. Mais les paysages sont beaux, et surtout, il y a une forteresse médiévale, reconstruite par le Tsar Ivan Assen II (d'où le nom de la ville) en 1230. La forteresse elle-même ne paie pas de mine et ressemble plus à une grosse église massive qu'à une place forte, mais le décor dans lequel elle est plantée est assez hallucinant : ce sont à peu près les mêmes montagnes Volvic qu'hier à Shipka, mais dans une version plus escarpée et menaçante. La présence de ce gros cube de pierre au milieu rend le tout vraiment impressionnant.



A l'intérieur, les fresques sont dans un sale état, mais après tout, ce n'est pas vraiment pour ça qu'on est là. Un peu plus loin sur le sentier, au beau milieu des arbres, on trouve la toute petite chapelle St Atanase, dont la porte d'entrée riquiquite évoque carrément Alice au Pays des Merveilles. C'est sans doute la plus grande concentration d'icônes et de bidules qui brillent dans un même espace depuis le début du voyage...



Crapahuter sous le soleil, ça fatigue, et même s'il est encore tôt, nous concluons la journée et allons poser nos valises dans notre adorable hôtel de trois chambres à Asenovgrad, où nous attend une bouteille de vin pétillant en guise de cadeau de bienvenue. En pensant très fort aux Français qui gèlent, on ouvre la fenêtre de la terrasse, on laisse entrer le soleil et on déguste !

mercredi 27 avril 2016

Bulgarie, jour 8 - Kazanlak & Shipka

Ce matin, même si nous nous sommes levés plus tôt que d'habitude pour cause de petit-déjeuner se terminant à 9h à l'hôtel, la journée commence un peu plus tard qu'à l'ordinaire car il nous faut d'abord passer à la banque récupérer des levas. Les distributeurs automatiques étant hors service, il faut patienter le temps qu'on veuille bien nous recevoir au guichet pour changer nos euros. Bon, le retard est peut-être aussi dû au fait que nous nous sommes perdus. Encore.

Les sites touristiques dans les villes ont une fâcheuse tendance à être plus difficiles à trouver qu'en pleine cambrousse, la faute à un sacré déficit d'indications. Ce matin, pour trouver le Musée de la Rose, on ne peut compter ni sur le guide, ni sur l'adresse fournie par le site Internet du musée, ni même sur le seul panneau que nous trouvons sur notre chemin (et qui, nous nous en rendrons compte par la suite, indique une direction diamétralement opposée à celle du musée ; très fort !). Nous tombons d'abord sur un musée en construction et par conséquent inaccessible au public. Un peu contrariés, nous décidons de demander des informations à la Maison de la culture, qui s'avère elle aussi fermée. Faut-il que nous soyons franchement bornés pour tenter notre chance au musée d'histoire, un peu plus loin... Victoire, on nous y apprend que le "vieux" musée est bien ouvert et que le bâtiment flambant neuf en travaux abritera bientôt le nouveau. Une dame parlant un excellent français nous explique comment nous rendre au musée, et par la même occasion, à la tombe thrace, autre étape sur notre programme. Celle-ci étant beaucoup plus près, nous changeons nos plans pour commencer par là.


La tombe d'origine, protégée des regards indiscrets


Les Thraces sont aux Balkans ce que les Étrusques sont au monde romain : on sait où et quand ils ont vécu et on trouve régulièrement des œuvres d'art signées par eux, mais c'est à peu près tout. On ne sait d'eux que ce que les Grecs et les Romains ont bien voulu nous en dire, et c'est un peu léger. Toujours est-il que l'actuelle Kazanlak est située à proximité de l'ancienne capitale thrace de Seuthopolis et qu'on a retrouvé plusieurs tombes dans les environs, dont une totalement par hasard en 1944. Vu l'âge de la chose, l'original est sous cloche et on ne visite qu'une copie, mais ça suffit pour se faire une idée du niveau artistique des Thraces. Une fois passée la horde de scolaires qui nous précède, on pénètre dans un tout petit espace circulaire dont le plafond est couvert de fresques : course de char, serviteurs, musiciens, couple royal, etc. On a vite fait le tour, mais c'est une intéressante entrée en matière, quelque part entre culture grecque et rites funéraires celtiques.



Finalement, grâce aux indications obtenues au musée d'histoire, nous trouvons le tout petit Musée de la Rose dans un bâtiment qui ne paie pas de mine à la sortie de la ville. On comprend la volonté de le déménager, mais vu ce qu'il y a dedans, on se demande surtout comment il sera étoffé pour remplir un espace plus grand !

Ce n'est malheureusement pas tout à fait la saison, mais en mai et juin, Kazanlak croule littéralement sous les roses. La rose de Damas, comme son nom ne l'indique pas, se développe particulièrement bien dans ce coin de Bulgarie et la région vit essentiellement de la production d'huile de rose. 3 000 kg de pétales pour obtenir 1 kg d'huile, quand même... Sans compter que la récolte doit avoir lieu entre 4 et 10 heures du matin, car les pétales cueillis l'après-midi perdent jusqu'à 50 % de leur teneur en huile. Le musée est minuscule mais nous auras au moins appris ça ! On y découvre surtout des photos anciennes montrant la culture de la rose au début du 20è siècle, ainsi que des outils employés il n'y pas si longtemps pour distiller l'huile et l'exporter dans le monde entier. Le tout dans une atmosphère saturée de l'odeur que vous imaginez. Heureusement que la visite n'est pas très longue, sinon ça monterait vite à la tête !



Après un détour obligatoire par la boutique, puis par un supermarché pour acheter de quoi déjeuner, nous prenons la direction du parc national de Shipka (que nous avons déjà croisé plus tôt dans notre séjour). Comme Pierre le fait remarquer toutes les 5 minutes depuis que nous avons mis le nez dehors : "Au moins, il ne pleut pas !", ce qui nous permet de visiter tranquillement les deux sites d'intérêt du parc, à commencer par le monument du col de Shipka.



Pendant la guerre russo-turque de 1877-78 (mais si, on en a parlé au jour 3), le col de Shipka fut le théâtre d'une série d'affrontements entre les Russes et les volontaires bulgares d'un côté, et les Ottomans de l'autre. La Russie a fini par l'emporter, mais une guerre ne se fait pas sans victimes (surtout quand on se bat en plein hiver au sommet d'une montagne bulgare) et ce monument est là pour leur rendre hommage. A l'intérieur, on a droit à un rappel historique (ce n'est pas du luxe...) et à une petite exposition de tableaux, de photos, d'armes d'époque et d'objets retrouvés dans les fosses communes. Dehors, c'est un paysage digne d'une pub Volvic qui nous attend et qui vaut le déplacement à lui tout seul. A cette altitude (plus de 1 000 mètres), le vent est un peu frais et il reste même des plaques de neige dans les coins que le soleil n'a pas réussi à atteindre.



Après exploration complète du site et un mitraillage photographique dans les règles, nous nous lançons sur une route en très mauvais état pour rejoindre le monument de Buzludzha, un gros machin en béton qui ressemble beaucoup à une soucoupe volante. C'est en fait un ancien centre de congrès du Parti communiste, construit en 1981 et abandonné après la chute du communisme. C'est une véritable horreur architecturale et il faut s'infliger plus de 20 minutes de marche intense pour y accéder, à tel point qu'on se demande un peu ce qu'on fiche là. Réponse très simple : c'est un lieu vraiment unique et il est peu probable qu'on revoie ça un jour dans notre vie.



Il fut un temps où le monument, même abandonné, était accessible au public, mais il est aujourd'hui tout simplement dangereux et tous les accès sont condamnés. Il faut se contenter d'en faire le tour pour déchiffrer les tags, ce qui est déjà bien car ce gros OVNI a quelque chose d'inquiétant. On se croirait dans un film post-apocalyptique, une sensation que même le superbe paysage autour n'arrive pas à faire disparaître. En tous cas, c'est un résumé parfait du communisme lui-même : grandeur, mégalomanie et décadence...



Ce soir, nous faisons étape à Plovdiv, à 2h de route de là. Le hasard fait parfois bien les choses et le restaurant juste en face de notre hôtel est tout simplement parfait en termes de nourriture et de programmation musicale. Rien de tel pour finir une grosse journée qu'une dégustation de plusieurs rakias différentes !


(Pour les curieux, on trouve d'impressionnantes photos de Buzludzha avant/après ici.)

mardi 26 avril 2016

Bulgarie, jour 7 - Nessebar

Décidément, Varna ne nous aura vraiment pas porté chance... Ce matin, sur la route de Nessebar, nous tombons au milieu de grands travaux qui nous font perdre notre chemin. Nous ne le retrouverons qu'après une demi-heure passée à tourner en rond dans une zone industrielle dont les routes évoquent plutôt des passages à gué. Il y a tellement d'eau que Benjamin redoute sérieusement de noyer le moteur. Heureusement, nous n'ajouterons pas "appeler une dépanneuse" à notre expérience bulgare. Enfin, pas aujourd'hui, mais le voyage n'est pas fini, alors qui sait !

Cette journée de mardi n'est pas très remplie, mais cette fois, c'est davantage dû à la route qui nous attend qu'à une overdose de Murphy. Quoique, il ne nous a pas totalement abandonnés depuis hier : non seulement il pleut des cordes, mais le GPS décide de nous faire rejoindre Nessebar par une route de montagne très accidentée et envahie par les vaches plutôt que par la grande route de la côte. L'avantage, c'est que le paysage est bien joli à regarder.



Surnommée "la perle de la Mer Noire", Nessebar est une jolie petite ville classée au patrimoine mondial de l'humanité qui doit vraiment être très sympa à visiter... quand il fait beau. Avec le combo vent/pluie, c'est beaucoup moins drôle, d'autant que la ville est complètement morte en cette saison et que nous sommes les seuls idiots assez fous pour rester dehors par ce temps. Nous faisons donc un rapide tour des très nombreuses églises de la ville, avec un interlude au sec dans l'église de la Mère de Dieu ("Notre-Dame", c'est tellement classique !), petite mais costaude niveau fresques.



Profitant d'une accalmie de la pluie, Marie-Noëlle, poussée par cet instinct breton un peu dingue qui consiste à essayer toutes les mers du monde, va mettre les pieds dans la Mer Noire. Pendant ce temps, les garçons font des ricochets, et moi, je ramasse quelques-uns des centaines de coquillages qui composent la plage (pas de galets ou de sable ici). Avec ce temps, on se croirait en Bretagne pendant les vacances de février !

Frigorifiés, nous prenons le temps de déjeuner à coup de soupe dans un restaurant de la ville, puis nous reprenons la voiture pour 2h30 de route vers Kazanlak, notre étape du soir. Un petit indice sur la spécialité de la région et le thème d'au moins une visite prévue demain : ce soir, pour le dessert, nous optons pour un yaourt bulgare à la gelée de rose. Difficile de faire plus couleur locale !

lundi 25 avril 2016

Bulgarie, jour 6 - Varna

Attention, le résumé que vous vous apprêtez à lire est particulièrement creux. Il faut dire que la journée d'aujourd'hui a été plutôt pourrie... et je vous prie de croire que ce n'est pas le mot que nous avons employé entre nous, mais j'essaie de rester polie sur ce blog !

Notre périple du jour commence... dans la voiture. Ben oui, il faut bien continuer notre route, et ce matin, nous nous rendons à Varna, sur les rives de la mer Noire. En été, l'endroit devient à peu près aussi peuplé que la Côte d'Azur, mais en cette saison, les touristes se font encore désirer. Après un peu plus de 2h de route, nous nous arrêtons devant la cathédrale de l'Assomption. Pour la petite histoire (je ne fais pas assez de minutes culture, ces derniers temps), c'est la deuxième plus grande du pays et il s'agit d'une copie de celle de St-Pétersbourg. A l'intérieur, on commence à connaître la chanson : beaucoup d'or, des icônes qui brillent et de belles fresques partout. Comme il s'agit tout de même de la cathédrale de l'Assomption, Marie est à l'honneur. Ne l'appelez pas "la Vierge", les Orthodoxes ne sont pas d'accord...



Le Petit Futé qualifiant le parc maritime de Varna de "superbe", on a un peu peur de ce qu'on va découvrir, mais on veut bien le tenter quand même. Sachant qu'il a tout de même été dessiné par le jardinier responsable de l'aménagement de Schönbrun et du Belvédère de Vienne, on se dit que ça part sur de bonnes bases. Sauf que nous n'avons pas dû atterrir dans la partie la plus intéressante du parc, car ce n'est pas très vivant, et comme trop souvent dans ce pays, les constructions sont régulièrement laissées à l'abandon. En prime, les ouvriers qui construisent à la chaîne des hôtels sur la plage nous bouchent la vue sur la mer... Il y en a au moins deux à qui cette visite aura profité : deux petits chats à qui Benjamin laisse les restes de charcuterie achetés hier au supermarché. La balade n'est pas perdue pour tout le monde !


En voilà une qui aura beaucoup de bonheur et de prospérité...


Prochain arrêt : le palais présidentiel d'Euxinograd. Enfin, si on arrive à le trouver... Les indications du guide sont minimalistes et le GPS n'aide pas. Finalement, c'est Benjamin, qui mérite plus que jamais son surnom de GPS humain, qui finit par le trouver. Comme ça, au hasard, et du premier coup, quelque part sur la route qui longe la mer. Ce serait formidable si le palais n'était pas ouvert uniquement sur réservation, et si le site Internet utilisé pour organiser le programme mentionnait ce petit détail... Nous repartons donc sans visite et échouons dans un centre commercial pour déjeuner. L'objectif était d'acheter de quoi manger au supermarché, comme hier, mais avec la chance que nous avons aujourd'hui, c'est évidemment le seul magasin fermé du centre ! Nous nous rabattons donc sur l'un des restaurants et finissons le repas avec un passage par un stand de bonbons. C'est que ça a le bec sucré, les garçons...

Le monastère troglodyte du coin étant fermé le lundi (quand je dis "journée pourrie", je pèse vraiment mes mots), nous nous mettons en recherche de Pobiti Kamani, la forêt pétrifiée. Sans trop exagérer, on peut affirmer qu'en comparaison, la quête de l'Anneau était une promenade de santé. Il n'existe absolument AUCUNE indication à moins d'un kilomètre du site et les coordonnées GPS fournies par Google sont, comme à Sofia, fausses. Grâce aux bases de bulgare de Pierre et à une mamie serviable, nous finissons par trouver le chemin après plus d'une heure de recherches et deux enjoliveurs sacrifiés à un énorme trou dans la chaussée. S'arrêter sur le bord de la route pour aller récupérer des enjoliveurs est une expérience inédite pour tout le monde ; heureusement que c'est ce qu'il y a de plus facile à remettre sur une voiture...



La forêt pétrifiée, c'est une formation géologique vieille d'environ 50 millions d'années, composée de pierres fossilisées qui forment à certains endroits des colonnes de 6 m de haut et de 3 m de large. Si vous vous demandez quelle est l'origine du phénomène, vous n'êtes pas les seuls : les scientifiques qui se sont penchés sur le sujet sont incapables de se mettre d'accord. L'explication la plus populaire veut qu'une mer ait autrefois recouvert cette région, puis se soit retirée en laissant derrière elle des colonnes peut-être dues à l'érosion, ou peut-être à des organismes vivants (algues ou coraux). Ou sinon, il y a l'explication de Benjamin : une intervention alien. En résumé, en 2016, Mère Nature garde encore quelques secrets, et c'est tant mieux.


Pour le coup, le cercle n'est pas naturel ! 


Avec le sable sous nos pieds, la maigre végétation et ces blocs de pierre qui sortent du sol, on se croirait sur la Lune. On a beau savoir que la route et la civilisation sont juste derrière, c'est une sensation un peu étrange. Le pays espère manifestement que l'UNESCO classe la forêt dans les années à venir ; ce ne serait pas du luxe pour les touristes, on pourrait espérer quelques panneaux indicateurs pour éviter de tourner en rond pendant des heures ! (Quoique, après l'expérience Ivanovo hier, rien n'est moins sûr...)

Frustrés et fatigués, nous allons finalement nous installer à l'hôtel... où on nous apprend que la piscine dans laquelle nous avions espéré faire trempette est fermée. Non, décidément, Murphy nous aura suivis à la trace, aujourd'hui !